‹ La GastronomieChapitre 2 sur 31 · BIOGRAPHIQUE ET LITTERAIRE. III · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIQUE ET LITTERAIRE. III

nier infatigable, Grimod de la Keynière, l'excellent viveur qui savait fort bien, malgré les dons que dame Nature lui avait refusés, fabriquer un mécanisme ingénieux pour se servir de ses mains et découper les viandes en maître passé dans l'art, en vrai Vatel, le bon écuyer tranchant. La race éternelle des gourmands et des bons viveurs avait son code, ses poètes, ses restaurateurs famés, et, comme dit Ourry, la grande science de bien manger ne tournait pas si aisément à l'orgie que de nos jours.

Nous ne possédons pas la Gastronomie telle qu'elle fut écrite sous le premier feu de l'inspiration par notre auteur, et nous ne devons pas le regretter. Venu à Paris en 1800 avec son poème en manuscrit, dont le premier jet, dit un des biographes de Berchoux1, « offrait avec beaucoup de verve et de gaieté de nombreuses traces de mauvais goût et d'affectation », Berchoux, sur le conseil de ses amis, critiques éclairés, et particulièrement de Michaud, l'historien des Croisades, qui l'honorait d'une constante amitié, apporta d'heureux changements à son ouvrage. Ce ne fut qu'après ces améliorations quil se décida à le livrer à la publicité.

Ce charmant poëme, qui parut en 1801, eut le

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