BIOGRAPHIQUE ET LITTERAIRE. XXI
Et Céladon n'a point été mon père.
Né de parents dont le sort fut heureux,
Rien n'a troublé les jours de mon enfance,
Pleins de douceurs, de joie et d'innocence,
Hors les ennuis que m'ont parfois donnés
Certains Romains à m'instruire acharnés.
Humble habitant d'une rive chérie.,
Aux premiers jours de ma riante vie
Que m'importaient Horace, Cicéron,
Térence, Plaute, et Virgile et Nason?
Tous les docteurs de l'antique Italie
Ne valaient pas le jeune polisson,
Mon premier maître à fouetter la toupie.
Ces écrivains devenus si fameux
Au sein des morts peuvent dormir tranquilles,
Mes versions m'ont assez vengé d'eux...
De bonne heure, un goût ardent pour la poésie et la musique s'éveilla dans son esprit. A dix-huit ans il improvisait de joyeuses romances, chantées dans tous les petits castels de la riche et aimable noblesse du Forez et du Beaujolais, et qui lui valurent de véritables triomphes. Son père, homme d'un esprit distingué, accueillit avec joie ces premiers élans, et comme il n'ignorait pas tout le succès que pouvait obtenir son fils dans la société parisienne d'alors, si avide de frivolités, de riens charmants, de musique, de poésie galante et légère, il se décida à Venvoyer à Paris pour qu'il pût se produire et se perfectionner.
Le séjour de Paris fut pour Berchoux une longue suite d'enchantements, de plaisirs et d'illusions. In-