‹ La gastronomie, poëme en quatre chantsChapitre 4 sur 26 · BIOGRAPHIQUE ET LITTERAIRE. VU · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIQUE ET LITTERAIRE. VU

par l'intelligence, mais encore par le goût, l'esprit cl la délicatesse des sentiments.

Il ne faut donc pas s'étonner si on retrouve en France, dans les plaisirs de la table, ce goût artistique fin et délicat qui est conime le caractère dominant de notre nature et qui vient présider aux moindres actions de notre vie. Aussi est-ce moins à l'abondance des mets qu'à leur ingénieuse préparation que nos tables doivent leur renommée, qui fait rechercher par les palais les plus délicats de toutes les nations les habiles ordonnateurs de nos festins. C'est donc une œuvre d'art que nous présente Berchoux dans son poème et non pas une élucubration grossière et écœurante sur l'art de la gueule, comnie dit Montaigne.

Dans le premier chant de la Gastronomie^ après un préambule dans lequel l'auteur nous indique le but qu'il se propose en venant chanter l'art des repas, et après une invocation gaie et charmante à Conius, le dieu joufflu de la Mythologie, il passe en revue les différents âges du monde , sans oublier celui où l'homme primitif, n'ayant d'autre abri que la voûte azurée du ciel, « trouvait partout sa table préparée n . Toutefois il en parle assez brièvement, et avec un air de magnifique dédain : « On n'attend pas de moi, dit-il, d'inutiles propos sur ces siècles obscurs, trop voisins du chaos' je n'y remonte point. » Aussi il se

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