OBSERVATION PREMIÈRE
! (Inédite, communiquée par M. le professeur Forgue)
Gastrostomie pour rétrécissement fibreux de l'æsophage
A" Ch94äns: ménagère à Arles, entrée le 21 février 1899, sortie le 12 juin 1899.
Entrée pour rétrécissementfibreux de l’æsophage causé
par une brûlure par l'acide sulfurique.
1: 200 Rien à signaler dans les antécédents héréditaires. An= técédents personnels : fièvre Lyphoïde à 13 ans, santé habituelle excellente.
. Maladie actuelle. — Le 8 août 1898, cette femme, enceinte de 3 mois, lente de se suicider en avalant de l’acide sulfurique. Elle en but une centaine de grammes, mais la sensation de brûlure atroce qu'elle éprouva dans la bouche luien fit cracher une grande partie. À ces cris, des voisins accoururent et lui firent boire immédiatement de l’eau en grande quantité. M. le docteur Rey, appelé, lui administra des alcalins. Elle eut des brûlures sur la langue les lèvres, les joues, le voile du palais et, pendant plusieurs jours, éprouva une sensation douloureuse très vive au COU à
= — +) ( Eu
et à l’épigastre. Les jours qui suivirent elle ne but que des liquides tièdes à cause des douleurs vives causées par le moindre contact au niveau des muqueuses endolories. Tois semaines après l'accident, la malade commenca à éprouver de la difficulté à avaler ; au bout de quelques Jours, les aliments demi-liquides et bientôt les liquides commencèrent à être régurgilés. Par intervalles cependant elle pouvait avaler du lait et du bouillon, mais par très petites quantités. La malade maigrit rapidement et s’affaiblit au point de ne pouvoir se tenir debout: Elle accoucha prématurément d'un enfant de 7 mois 112. Au moment de l'accouchement et pendant les trois semaines qui suivirent, la déglutition redevint pénible pour les liquides mais cette amélioration passagère, due à la cessation du spasme, disparut bientôt et la régurgilation recommença. En décembre 1898, le docteur Rey, tente de dilater le rétrécissement avee des bougies œsophagiennes et fit des séances d’'électrolyse. Malgré ce traitement, la régurgitation continua et la malade s’affaiblissant de plus en plus se décide à entrer au service.
Examen de la malade le jour de son entrée dans le service (22 février 1899).
La malade, dans un état de maigreur extrême, très faible, est presque cachectique. Elle pèse 33 kilogs. La déglution est absolument impossible le matin. Au bout de quelques heures, après avoir mâché du pain, le spasme qui complique la sténose œsophagienne diminue et elle peut avaler une demi-tasse de lait. Tous les aliments semiliquides sont régurgités. Depuis 15 jours, elle ne prend qu'une tasse de lait par jour. La bouche ne porte pas de traces de brûlures causées par lPacide sulfurique. Une boule n° 16, de l'explorateur œsophagien, est arrêtée à la portée supérieure de l'æsophage, à environ 22 centimètres
des arcades dentaires. Une sonde urétrale rigide n° 14 pénètre dans la sténose, mais ne la franchit pas complètement. ;
M. le professeur Forgue décide avant de faire la gastrostomie de tenter la dilatation. Pendant une dizaine de jours, à Paide de fines bougies de Bouchard, on cherche à dilater le rétrécissement: mais” à peine arrive-t-on à diminuer le spasme, et Famélioration est insignifiante. M. Forgue décide alors de faire la gastrostomie.
Opération. Le 2 mars 1899, anesthésie au chloro-
. forme. Pouls à 110. très faible et dépressible. Ce jour-là, la malade à pris deux lavements alimentaires. Suites opéraloires excellentes. Le 2 mars au SOI, MAS A8
Les jours suivants, la température oscille entre 375 et 36°. Le mars, on commença l'alimentation par la sonde, la malade prit, ce jour-là, 1/2 litre de lait: à partir du surlendemain de lopération, la malade prit par la sonde 3 litres de lait, un litre de bouillon, 200 grammes d'eau de Vichy. La fistule est parfaitement continente. Réunion par première intention de la plaie.
6 mars. La température monte le matin à 388. Rien du côté de la plaie ne permet d'expliquer cette fièvre.
Le soir, T. 36%. Cé jour-là, on enlève la sonde que l’on ne replace qu’au moment des repas.
7 mars. Malin, T. 36%: soir, T. 36°.
Bi UE TU 67: PERS a Gta) Sp Aer Een
On pense alors à du paludisme et on donne 1 gr. 20 de
chlorhydrate de morphine en injeclions hypodermiques. RS ESS 0 ‘ QG onn À 1 À |:
Le soir, T.37°4. Plusieurs accès de fièvre lierce se repro-
duisent la semaine Qui suit, ils cessent complètement
après l'administration de quinine par la voie sous-cutanée.
La fistule est parfaitement continente. Pas de tuméfaction ou de rougeur de: la paroi. On enlève alors la sonde après le repas du matin et on la laisse après le repas du soir. Le 12 mars on enlève les fils.
Le [3 mars, avale et déglutit péniblement un demilitre de bouillon, ce qu'elle n'avait pu faire depuis deux mois.
Le 22 mars, M. le professeur Forgue commence la dilatation à l'aide de bougies de Bouchard.
Cette malade a quitté le service le 12 juin. La sonde n° 17 franchit la sténose. La malade qui à engraissé et repris ses forces pèse 4 kilogs. Elle avale non seulement les liquides, mais des œufs à la coque, du potage et des “purées. La fistule est parfaitement continente, la malade continuera à se nourrir par la sonde en même temps qu'elle se fera dilater par son médecin.
OBSERVATION [I (Inédite, communiquée par M. le professeur Forgue)
Cancer obstruant de l'æœsophage. — Dénutrition profonde, — Gastrostomie. Amélioration immédiate.
Ant. Gaz..…., 90 ans. Roulier à Homes (Hérault), entré le 25 avril 1899.
Antécédents héréditaires nuls.
Antécédents personnels : Bonne santé habituelle. Pas de syphilis ni de rhumatisme. Alcoolisme depuis 20 ans.
Maladie actuelle : [ly à trois mois, ce malade, en très bonne santé jusqu'à ce moment, a commencé à avaler difficilement ; la viande seule ne pouvait être déglutie, tous les autres aliments solides passaient très bien. De temps à
TS
autres, régurgitations non douloureuses. I] y à quelques
semaines le malade n’a pu avaler le pain et les autres ali ments solides, il n'y a Jamais eu régurgilalion des liqui- :
des. Durant ces trois mois, le malade n'a pas cessé son travail,mais ila Malgri énormément el. ces temps derniers, ses forces ont considérablement diminué. Le malade n'a Jamais vu les aliments régurgilés striés de sang, il n’a Jamais éprouvé de douleurs pendant où après la dégluti-
ton. Il y a quatre Jours, à 7 heures du malin, en commen-
Gant à déjeuner, il éprouva une sénsation de constriction au OU, el il n’a pu avaler une seule bouchée. Les liquides élaient immédiatement régurgités. Pendant les Jours suivants, il est resté ainsi dans l'impossibilité d'avaler. Il . entre au service le 25 avril, n'ayant absolument rien pris. depuis 4 jours.
M Delord, interne du service, lui fait donner un lavement alimentaire. Le 26 au malin, on examine le malade : c’est un homme bien constitué, très amalori, de teinte
Jaune paille, dans un état de faiblesse extrême. Il souffre
surtout de la soif etse plaint d’une VOIX éteinte. On essaie
de lui faire prendre du lait, mais il est rejeté à peine dégluti.
À là palpation du cou, on ne perçoit rien d’anormal, et :
celle-ci ne provoque aucune douleur.
Dans les deux régions Su$-élaviculaires, on sent rouler. un où deux petits ganglions. La boule de l'explorateur œsophagien est arrêtée, à 24 centimètres des arcades denlaires, par un obstacle que l’on ne cherche pas à franchir.
Diagnostic. — M. le professeur Fo rgue portelediagnostic de cancer de l’æsophage et décide | Pour empêcher ce malade de mourir d'inanition, de faire immédiatement la gastrostomie.
Opération. = Le 2Bavril 1899, anesthésie à l'éther.
Le
Pouls à 125, très faible et dépressible. Gastrostomie.
Pansement au dermatol et à la gaze iodoformée. Bandage de corps occlusif auquel on fixe la sonde.
Suites opératoires. — On fait aussitôt après l'opération une injection sous-cutanée d'un litre de sérum artificiel et on donne deux lavements alimentaires dans la journée. F. 368 à {heures du soir; P. 110, régulier, mais faible et dépressible. Injections sous-cutanées de: rhum et de caféine. |
27 avril. — Le matin, à 7 heures, on défait le pansementeton fait passer par la sonde un litre et demi de lait, dans lequel on a battu deux œufs. Le malade est très faible. À plusieurs reprises, dans la journée, le, pouls devient imperceplble et il semble que le malade va succomber. On injecte deux litres de sérum arülticiel par la voie sous-cutanée, du rhum, de la caféine, et on donne des lavements alimentaires. Le matin, T. 373. Le soir, 37° ; Fe: T0.
28. — Faiblesse toujours très grande, mais laffaisse- . ment est moins marqué. À partir de ce jour on fait faire trois repas, par la sonde, au malade; chaque repas consiste en un litre de lait dans lequel on à battu deux jaunes d'œuf et une petite quantité d'eau de Vichy artificielle. On enlève la sonde réstée à demeure Jusqu'à ce moment. Pas de température, P. 108, régulier et vibrant.
29. — Le malade se sent mieux. I parle faiblement et se plaint de pesanteur d'estomac. IlS'alimente avec du lait mélangé à parties égales avec de l’eau de Vichy. On enlève la sonde le matin et on la laisse à demeure après le repas du soir pour calibrer Porifice stomacal qui est parfaitement continent et ne s’est pas agrandi. Pas de température. P. 104:
7 mai. — Depuis le 3 mai, la température s'élevait, tous
ii J9 80
les soirs, à 38°, pour redescendre, le matin, à 3777, sans qu'on pût trouver la raison de la fièvre. Les régions voisines de la fistule gastrique ne sont le siège d'aucune tuméfaction. Mais le malade se plaint de douleurs à la cuisse gauche. On l'examine et on y lrouve un empâtement
. d ;) Fr très étendu avec de la fluctuation au centre. Il s'agit d'un
phlegmon secondaire à une injection de sérum. On incise une énorme poche purulente que l’on draine et que l’on traite ensuite avec des: pansements humides: Guérison complète 18 jours après.
10. — Etat excellent. Le malade a repris assez de force pour S’asseoir lui-même sur son lit. Il commence à avaler. les liquides sans régurgilalion. [l prenait trois litres de lait par jour par sa bouche gastrique. On fait le pansement tous les jours; la plaie pariétale suturée au-dessus el au-dessous de la fistule gastrique au crin de Florence, s'est désunie, et il s’est produit une rigole assez profonde qui s'enfonce en haut et à gauche dans la paroi pour abou- Ur par un infundibulum à l'orifice gastrique. Pansement au dermatol. La fistule est parfaitement continente et la sonde passe très facilement à frottement doux. R0.'— Le malade commence à se lever et à se prome-
ner dans les couloirs. Il vient lui-même à la salle d'opéraion pour se faire panser.
15 juin. — Léger embarras gastro-intestinal : nausées, diarrhée, P.:3804. Le malade à pris froid dans la salle. On ajoute au lait qu'on lui fait prendre par la sonde de l’eau de Vichy. R
30. — Le malade est en parfait état. Il a notablement engraissé el a repris assez de lorces pour se promener presque loute la journée dans Phôpital. I] continue à prendre, tous les $oirs, par la sonde, un litre de lait. La fistule est parfailement continente et la sonde y passe à frotte-
Ca] LU oe
ment doux. Elle est cachée au fond d’une cicatrice dont les bords ne sont pas corrodés. La dysphagie à considérablement diminué depuis un mois. Le spasme à cessé complètement et le malade avale facilement du lait, du potage et des œufs. Depuis huit jours il avale du pain.
10 juillet. — Le spasme ou les progrès du cancer déterminent de nouveau de la régurgitation. La viande que le malade déglutissait auparavant est régurgitée ; à-partcela, l'état général esttrès satisfaisant.
| +: | Li NE à { = : PASS *
ni CONCLUSIONS . à$ #4 ) F D" x
. u : ; Cr
+ | ABS La gastrostomie est une opération d’ urgence de d Me chemes profondes produites par un rétrécisse: 4 = fibreux de l œsophage. LENS x La gastrostomie, pour être clicace, doit être pr , à elle doit être faite avant que la résistance organiqi ne malade soit compromise el que son estomac ait s st | rétraction considérable. | RE La Bastrostomie estune opération pe la gravité F8 de l’état général. “AU Le a La fistule est une infirmité passagère, que e ; ; supprimer lorsque. l'œsophage est redevenu Le AE : : M 1 | RPLL EPS EANE à Fa ë 44 e