FANCHONNETTE
Air : Qui n' cormaît pas V danger du feu.
Qu'un antre, en petits vers flatteurs^ Fasse un portrait de grande dame, Qu'il la dise reine des fleurs, Belle d'esprit, de corps et d'âme t Moi, dans une simple chanson, Depuis les pieds jusqu'à la tète.
Je vais crayonner sans façon Le portrait de ma Fanchonnette.
Cheveux noirs, front pAle, œil malin.
Et des lèvres toujours mi-<;loses, Blanches épaules, joli sein, Bouquet de lis mêlé de roses; Corsage des plus rondelets, Près de fleur assez gentillette, De petits pieds, de gros mollets, C'est le portrait de Fanchoanette.
Vous parleraî-je de son cœur?
C'est la vertu, c'est l'innocence ; Elle est toujours de bonne humeur.
Et dit surtout ce qu'elle pense.
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Mais Bi voas lui chantez couplet Faisant roug^ir jeune fillette...
Elle vous allonge un soufflet; Voilà... rhumeur de Fauchonnette.
Elle déteste les phraseurs Qui font la cour les yeux en larmes...
Elle craint leurs discours flatteurs ; Le simple, peur elle, a des charmes ; Elle aime qu'on fasse en un mot^ L'amour à la bonne flanqwltel...
C'est plus court, et surtout moins sot..
A ce que prétend Fauchonnette.
Traire une vache, aller aux champs, Semer et labourer la terre, Soigner un bataillon d'enfants, Dont elle se rend presque mère ; Donner de la vesce aux pigeons, Conduire cheval et charrette, Et vendre carpes et goujons.
C'est le métier de Fanchonnette.
Ma Fanchonnette est, mes amis, Vous le voyez, de bonne race ; Car en elle sont réunis Esprit, bon cœur, franchise et grâce.
Aussi, je le dis franchement ; A la grande dame coquette^
Je préfère sincèrement La paysanne Fanchonnette.
Alexandre Gu^bxk.