‹ La gaudriole de 1860Chapitre 43 sur 112 · LES ACTRICES DE PARIS · texte numérisé non relu

LES ACTRICES DE PARIS

BOHPSAV

AlB: Pomaré Maria. (A. Pilati.)

Salut, divin séjour De mystère et d'amour,

Vaste et brillant Paris, Qui da génie es l'heurenz Paradis 1 Sur ton théâtre où des sots ridicnlet Jadis Molière a crayonné les traits, De rOpéra jusqaes anx Funambules Noos admirons les plus piquants attniitsf

Mais quels tendres aocens

Ëlectrisent nos sens,

Cest l'organe enchanteur Du sexe aimé qui règne en notre oœur.

Apparaissez! sortez de vos coulisses Aux feux du lustre, aux bravos des claqueurs, De la Gaité larmoyantes actrices, Par ¥0s soupirs faites couler nos pleurs.

Larmes de volupté

Qu'au parterre attristé.

Fait verser tous les soirs L'air langoureux qui brille en vos yeux noirs. Salut à toil la grosse Léontine Qu*on surnomma reine du boulevart, Qui, dans Marget, par ta mine enfantine, Par la nature as su remplacer Tart.

Contemplons sur nos pas Le théâtre Dumas ; . Son portique immortel Est décoré comme un devant d*auteL

Inclinez-vous, c'est le drame historique Nous rappelant la révolution : * Des Girondins voyant la fin traglquei Le spectateur frémit d'émotion 1

Quel ang^ aux traits si doux

A passé devant nous

Comme un rapide éclair?

Gentil lutin, c'est la Fille de VÂirt»..

De l'Ambigu l'heureuse Closerie Rappelle encor un succès colossal ; Louise obtint la palme du géfiie, Prix partagé par la tendre Naptal.

Là-bas, dans son lointain,

La Porte Saint-Martin

Se dressant devant moi Me jette un nom ; c'est Clarisse Miroi!

Debout près d'elle, un talent populaire, Le mattre à tous, c'est le grand Frédéric !

Mais celui-là, c'est Ruy-Blas, c'est Macaire ! Koi des acteurs, sacré par le public I

Salut, tendre Melcy.

Et toi, Rose-Chéri

Dont le charme vainqueur A subjugué ton malin directeur; Salât, Albert! reine du Vaudeville 1 Toi, Nathalie 1 à r«Bil b^^ant d'amour;

Doche, Darder, toi qu*un caprice exilt Et qu'il enlève à ce riant séjour.

. Fleur îles Variétés,

Astre aux vives clartés,

Brillante Déjazet, Dans Bichelieu ton triomphe est complet; Gentil-Bernard dont Tesprit, la parole,' A du beau sexe enlevé tous les cœurs, Qui fut toujours du parterre l'idole, Sbisle soutien de nos jeunes auteurs!

Par son chant gracieux

Comme un écho des cieux

Dans Odette ou Boberi^ Stolta interprète Halévy, Meyerber : De tes accords, la sublime harmonie^ Léonorf entraîne tous les cœurs ; Et sur ton front Tétoile du g-éuie A £ait briller son prestige enchanteur.

En quittant l'Opéra,

Courons vite au Buffa ;

GJolre À toi, Rossini I A toi, Lablache, à toi, Persianll A toi, Grisi, la harpe éolienne, Les purs accents, la voix du rossignol ; En se jouant, ta voix italienne Va du fa dièse au fameux li bémol I

Salut enfin... Rachell

Noble enfant d'Iâraël;

Hermione à Toeil noir Nous fait pâlir devant son dései^pofr I C'est toi qu'on vit chanteuse et bohémienne Brisant ta voix sur le plus vil tréteau ; Et qui depuis, superbe tragédienne, De Melpomône endossas le manteau.

Dans ce simple rondeau

J'ai tiré le rideau

Sur maints propos scabreux ; Je ne veux voir que vos talents heureux ; Oui, du théâtre, abeilles dramatiques, Disputez-vous les succès éclatante, Et des journaux dédaignant les critiques, Foulez aux pieds les mépris insultauts.

Adieu, trésors chéris De notre beau Paris, Tous les soirs applaudis. Briller toujours, anges du Paradis I

LA BARBE BLEUB

COSTB DB FSBBAVLT

GbinU par Edouard GiiMENT aoz concerti de la salle Barthélémy,

paroles de M. Alexis Diiii.

Air de la complainte du Juif-Errante

Aux maris faisant la quene^ Il était ane fois Un Monsieur Barbe-bleue, Perrault dit : et je crois Qu* jamais on n'avait va Un homme aussi barbu.

AiB : Ton taine, ton ton»

Quand, veuf de sa sixième épouse,

Il se remaria, dit<on^ Ton ton, ton ton, ton taine, ton ton, La septième fut peu jalouse De la couleur de son menton,

Ton ton, ton taine, ton ton«

AiR : Partant pour la Syrii.

Partarit pour Romainville, A sa femme, ne beau jour, Il dit : Sois bien tranquille, Je s*raî bientôt de r'tour.

Aiïius'-toi biei«, ma p'tite, Et comm' j'ai <Iu quibus^ Pour revenir plu§ vite, Je prendrai 1 omnibus.

AiH : Au clair de la Lune.

Tu peux, ma Fifine,

Dit- il, sans m* fâcher, ^

Ouvrir ta cuisine,

Ta chambre à coucher ;

Mais fais bien en sorte,

D' n'ouvrir en ce lieu

Aucune autre porte,

Pour l'amour de Dieu,

Ai» : À la façon de Barbari,

Il sort, et désirant tout voir,

L^épouse curieuse Ouvrit un ^and cabinet noir 5

Bientôt, la malheureuse.

Vit 8ix corps morts dans six juponsl

La fàridondainef la faridondon, Enterrés là par son mari,

Biribi, A la façon de Barbar!, Mon ami.

Ant : Tai du bon tabae,

ly frayenr la panvr'femmeétaitpresqae morte, Lorsqu'elle entendit monter doucement.

On sonne; aussitôt elle onrre la porte; C'était sou mari, quel saisissement !

Que voulez-vous ? dit-eir, tendrement, Le Judai répondit faussement :

J* ][iensprendr' mon mouchoir et ma tabatièfS, Puis, voyant son trouble, il reprit tout basi Tu pourrais jaser avec la portière, Da cabinet noir, tu n' sortiras pas I

An : Du tralala ta,

Ahl T'prit-il en fureur en s*armant d'un coatUm, PlirtAt que d'vous distraire à m^tricoter des bas, Tou vous montrez rebelle, vous mourrez sur

[rhonneuri Lldiea-moi, lui dit-elle, où j' vas appeler ma , [sœur.

Sur l'air du tra, la la la. {bU) Sur l'air du ira, de ri, de ra, la la uu

AIR : / ««ttj; être un chien,

Anne, se prît-elle à crier, A sa sœur, logeant au grenier, N' voia-tu rien venir dans la me:

En regardant par un œil de bœuf, Anne répondit, je ne Toia rien de neuf SI c' n*est le soleil A l'horizon vermeil.

Qui vient éclairer la cobne.

AlB : Bonjour, mon ami Vincent,

Prenant sa femm* par le^ ch'veuz, L*éponx sans délicatesse^ Lui dit, roulant deux gros yeux :

Dépéchons-nous, le temps presse.

D alkdt frapper... mais hasard beurenz, BInfonçant la port\ deux gars vigoureux, Pour sauver leur sœur, tombant en faiblesse.

Assommant V brutal, lui disaient tout bas t Ça TOUS va t'y bien, ça n' vous bless'ty ^zal{bù)

Aie : Flon fUm (Ion, la ri ra don dain$,

L*épouse triomphante D' la mort de son époux, Revenant de son ^épouvante, Fredoxmait ^ genoux :

Flon flon flon, la ri ra dondaine i, ^.

Gai gai gai, la ri ra dondé. < '

Ia mnriqne s« trmiTe, ï Paris, chez M. Pâté, éditeur, 26, passage du Grand-Cerf.

Page 1