DÉCADENCE DU PAYS LATIN
AiB du Vieux Quartier latin.
Le temps n'est plus... où la vie était belle Dans le quai'tier des riantes amours, Où chaque femme avait un infidèle Qui la quittait et Testimait toujours, Où le bonheur allait à la Chaumière Sans discuter sur le vieux droit romain, Où la grisette était noblement fière, Où sans rougir... on lui donnait la main!
Le luxe ardent, sous ses longs plis de soie, Des faux plaisirs a caché les remords; Adieu... les jours de cette folle joie Qu'en nos logis... on rencontrait alors...
Quand partageant et richesse et misère, Dans ces hôtels que vous avez quittés,
Dessous ces toits... où chante une ouvrière, Tous nos hymens... étaient si bien fêtés.
mes amis, le siècle est à la mode Pour les habits et pour les sentiments; Avec raison vous cultivez le code, De ce chaos sondez les éléments; Aimer... fi donc... c'est une absurde chose Que sottement pratiquaient nos aïeux, A leurs élans... vous préférez la prose.
Et la jeunesse éteint ses plus beaux feux.
Jeune et blasé... c'est la moderne gloire, Dont on se pare avec certain orgueil. Sur chaque femme... on veut crier victoire, £n vieux sultan..: qui jette son coup d'œil... Ces beaux défis sont de pauvres miracles Qu'il faut solder ainsi qu'en certain lieu, A ce prix-là... vous levez les obstacles, On vous exploite. . . et l'on vous dit. . . adieu ! . . .
toi... qui viens tout rempli d'espérance Dans ce quartier qu'on t'avait peint si beau ; Au lendemain j'ai compris ta soufiFrance, Sur les gazons et les fleurs d'un tombeau...
En vain en toi... le bonheur étincelle.
En écoutant des airs jstdis chéris, C'est une eau morte... où vogue ta nacelle; L'amour... n'est plus qu'un marchand à Paris.
Parfois, pourtant, des éclairs de jeunesse, Comme au vieux temps... vous ont électrisé.
Parfois encor... dans un moment d'ivresse, Je me suis dit... que rien n'était brisé.
Méprisant tout et bijoux et toilette ; Sans en rien dire à son modeste amant; Naîfuére encore on a surpris Lisette.
Qui nous cachait... un noble dévouement.
Le temps encor n*a pas tari la source Du pur ruisseau de l'hospitalité .
Pour un ami... Von ouvre encor sa boorae, Et l'on comprend la noble pauvreté ; Ainsi qu'au bois la timide fauvette Compose un chant... pour le printemps joyeux; Peut-être ... un j our. . . ma pauvre chansonnette, Tu sauras plaire... à des amants heureux!!... EuGÈNB PÉGAND.