‹ La gaudriole de 1860Chapitre 58 sur 112 · UNE NOCE A MONTREUIL · texte numérisé non relu

UNE NOCE A MONTREUIL

AiB : Mire dans mes yeii^ tes yeux.

Enfants, dis- je à deux confrères, Nous avons bon pied bon œil.

Au lieu d' flâner aux barrières Si nous allions à Moutreuil.

Allons viv'ment qu'on s'embarque, J' possède un couple d'écus ;

Tapez, tapez-moi là-d'ssus

Ça sonne le monarque.

Tapez, tapez-moi là-d'ssos

Et n'en parlons plus.

A Charonn* c'est 1' moins qu'on entre

Boire an p'tit coup chez Savart,

Mais l'un d* nous s' sent mal au ventre

En avalant son nectar,

Savart, craignant qu'i' n' s'insurge,

Dit en r' versant un coup d' jus :

Tapez, tapez-moi là-d'ssus, C'est bon mais ça purge, Tapez, tapez-moi là-d'ssus Et n'en parlons plus.

Nous y v'ià, bonjour la mére^

Fricassez-nous un lapin,

-^ Bah ! faites- en sauter un' paire,

Histoir' de goûter vot' vin.

Nous somm's en fonds comm' dit c't*autre,

Les trois n' s'ront pas superflas.

Tapez, tapez-moi là-d'ssus,

Ce s'ra chacun 1' nôtre,

Tapez, tapez-moi là-d'saua

Et n'en parlons plus.

Tu cries à casser les vitres.

Voyons de quoi te plains-tu?

A trois nous n'avons qu' douze litres, Vrai nous aurons 1' prix d' vertu Moi je n' quitte pas la guinguette Qu' mes goussets n' soient décousus.

Tapez, tapez-moi là-d'ssus Qu'on mont' la feuillette Tapez, tapez-moi là-d'ssos Et n'en parlons plus.

Allons, qui prend la parole.

L'un ou l'autr' ça m'est égal, Mais n' chantez pas d' gaudriole J' trouv' ça trop sentimental, Chantez, le vin nous excuse, D* fiiartin les r'frains les plus crus.

Tapez, tapez-moi làrd'ssus.

N'y a qu' ça qui m'amuse.

Tapez, tapez-moi là d'ssus Et n'en parlons plus.

Deux époux d' la rue Saintonge Sont avec nous dans la cour, L'mari boit comme une éponge, Et la femme crie comme un sourd.

Avec queir rage elle contemple Les pichets qu' son homm' a bus.

Tapez, tapez-moi là-d'ssus.

Faut faire un exemple.

Tapez, tapez-moi là-d'ssus Et n'en parlons plus.

J' suis amoureux quand je chante

Et qu* j*ai pompé mon p'tit coup, Aussi j' vois bien qu' la servante N'est pas déchiré* du tout, Ses p'tits yeux gris semblent dire :

De certains appas charnus.

Tapez, tapez-moi là-d'ssus.

Ça m' fait toujours rire, Tapez, tapez-moi là-d'ssus £t n'en parlons plus.

C'est fini faut s' mettr' en route, Allons somm's-uous disposés.

Quand nous aurous bu la goutte Tous nos gros sous s'rout usés.

Quand vous s'rez dans votr' domaine Sur vos poussiers étendus,

Tapez, tapez-moi là-d'ssus, En v'ià pour la s'maine, Tapez, tapez-moi là-d'ssus Et n'en parlons plus.

Ch. COLMA^XE.

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