LE MARÉCHAL DES AMOURS
BCiMZ COKIQUX
Paroles de M. H. Besombrases, Maiiqae de M. F. CorriMi.
Pan, pan, pan, à pleine gorge, Véé que parait le jour (btt)^ Pan, pan, pan, je chante dans ma forge, Le travail et Tamour (bis).
Tout entrain,
Le matin,
Sans chagrin,
A Toavrage,
Tont entrain,
Le matin,
Sans chagrin,
J*ai conrage: •
Feu d*enfer,
Sur le fer.
Le son clair,
Da marteau
Aussitôt
Fait tapage.
En battant^
Patapan, C'est le refrain broyant Da maréchaUferrant ! (bt«) . [pan,
Pa ta pan, pa ta pan, pa ta pan, pata pan, pan,
Content, joyeux dans mon emploi, Je suis, dit-on, assez aimable ; j Amour, bon via et bonne table,
l Marchent toujours bien avec moi.
r Aussi, dés que le soleil dore
\ Le vieux clocher de mon hameau,
|| Au loin bruit la voix sonore
i Du maréchal et du marteau.
{Parlé.) MBLrteam solide, qui salue en cadence, sur mon enclume, les premiers rayons de l'aurore!... Aussi dit-on dans le pays, lorsqu'on l'entend : c'est Marcel qui s'éveille, et sa voix est comme celle du coq ' elle chante le matin comme jadis elle chantait les victoires de la grande armée!... A ^"^ ^^s, parti simple conscrit, devenu raaréchal-ferrant, et à 20 ans maréchal des logis, rien que ça!... Quand au troisième titre de ce nom, il ne m'a peut-être manqué que le temps pour augmenter le nombre des maréchaux. Sans LB15, qui a donné le bal à IBOO, j'aurais troqué le marteau de l'un pour le bâton doré de- l'autre... scélé-
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Tat«d*&nnée, Taî... Allons, taisez-vous, peines de r&me et souvenirs de g^ndeursl... £n iTant le petit lait consolateur du grand-papa Noé!... redevenons le boute- en-train du village! riant en travaillant, aussi gaiement qu'an régiment, en forgeant...
Pan, pan, pan, à pleine, etc.
Dans le pays je suis cité Pour être galant par coutume, Et pour forger si\r mon enclume Des traits malins à la beauté.
Près d'une belle au frais visage, Pour lui plaire je me fais beau ; Quand son sourire m'encourage.
Je bats le fer lorsqu'il est chaud.
[PaTlé.] Bonne méthode!... Les fillettes, voyez-vous^ ressemblent à Toiseau; comme Ini, c'est volage, inconstant ; souvent un rien fait tomber les unes dans les filets de l'amour, comme l'autre dans ceux de l'oiseleur, tout ça tient à la manière de s'y prendre; avec lt>3 unes il hnt pleurer; avec les autres il faut rire. Une femme, c'est comme un beau cheval, pour être son cavalier, il faut savoir saisir Tendroit sensible... de son cœur... témoin mes premières amours de régiment avec la vivandière Louifté, que j'avais comparée à mon
mousqnetOD, à sa manière de me traiter d'abord. Un jour, me dit-elle, prouve-le-moi, et nous verrons... Ça me va: je commence... elle me crosse, parfois mon cœur est monté jusqu'à la dernière capucine ; si elle voulait, elle me mènerait à la baguette; quand je veax lâcher le chien pour. Tembrasser , elle me bi»urre, ça fait la charge, le coup part, je lui renvoie la balle quand je peux : mais elle est vive comme la poudre, et je sens tomber sur ma figure la batterie des amours, tout ça pour avoir le carquois de Cupidon; pas du toat, elle me donne mon congé !.. Vous voyez qu'on mousqueton et mamzelle Louise c'est la même chose^ et que je la porte sur mon épaule...
Elle se mit à rire et me dit: Touche là!...
J'avais visé juste... Le forgeron avait allumé le foyer de son cœur, et sur mon enclume j'avais fait comme Yulcain, affilé un trait de plus à l'amour en faisant...
Pan, pan, pan, à pleine, etc.
L'amour se platt parmi le feu; Toujours les autans et la neige.
De l'hiver, lugubre cortège.
Font grelotter le petit dieu.
A ma forge, toutes les belles , Aux doux minois et jupons courts,
Se réchauffent aux étincelles Du beau maréchal des amours I . ..
( Parlé.) Ça, c'est vrai ! Dans les grandes veilléeSf ma boutique est le readez-Tous de la jeunesse du pays; c'est Jeannette la brune, c'est Thérèse la blonde, venant tontes deux donner le bonsoir au maréchal des amcMirs!... Un doux regard de celle-ci, un sourire de cellelà, disent assez que d'autres flammes se consument pour lui... flammes à ma forge.! flammes amoureuses ' venant ensemble jeter leurs étincelles et se perdre au bruit du marteau sur l'enclume du forgeron... pan, pan sonore qui me rappelle la grande bataille d'Eylau !... H me semble voir ces deux foinuidables armées attendre en silence llieure des combats !. . . Un ciel brumeux, une neige épaisse, poussée avec violence par le vent du nord, obscurcit l'horizon : profitant de cette nuit, l'ennemi attaque les colonnes du mar<'chal Âugereau, qu'on relevé blessé... Aussitôt s'élance, à la tête de 70 escadrons de cavalerie, le maréchal Bussière. — Chargez, dit-il à ses cavaliers!... À ce commandement, nous nous précipitons comme un torrent sur l'armée ennemie, qui tomba vaincue au choc de cette masse énorme de héros chantant victoire, en tapant sur le
casaqttin des cohortes étrangères, comme je tape aujourd'hui sur mon enclume...
Pan, pan, pan, à pleine, etc.
La musique se trouve chez M. Ghaluot, rae Saint-Honoré, 354.