REFRAIN. I
C*est indigne, '
Pas un' ligne D* voiture à ^cerl
Faut des maîtres Pour ces lettres Qu'on vient d'y placer.
Dans Paris, 1' monde a l'air, d'vant ces om- D'un tas d'olibrius. [uibus,
le' COUPLET.
J'ai poussé, dans V temps, Des cris de chats- huants Contr' les poids et les m' sures; Je r'commence encor» ' Pour blâmer plus fort L'infusion des voitures.
[Parlé.) En v'ià une d'invention!... voyons, saperloche ! c'est y ça des ligues d'OMNiBUS ?... moi, j'appelle ça des lignes de rébus... qui dit : omnibus^- dit : pour tous, à c' qu'on dit... Eh ben ! moi, je prétends que toutes fois et quantes qu'il faut avoir reçu une inducation transcendante, connaître les alpha et les bêta pour en être, je dis que vot' infusion ne peut amener que la confusion des confusions... da moins, c'est mon opinion.
C'est indigne, etc.
Avec l'A B C, Que j' sais pas assez, Faut que je cherch' ma route;
Ma manier* de voir,
Le jour comm* le soir, Fart que je n'y vois g^outte.
( Parlé.) Pardine ! est-ce que je suis la seule qui ne sache pas lire?... Dans le temps... j' disais : j* prends la voiture verte, j' prends la voiture jaune, et c'était fini... roule ta bosse, me v'ià partie... Ajoutez à ça que Paris était le seul pays oùs que l'on voyait l'hiver circuler des HffeONDELLES ( Elle rit, ) Bien plus, dans ma maison, y avait un jeune homme, qui écrit dans le Philocome, le courrier des coiffeurs, qu'avait composé sur tous les noms des voitures des choses d'un esprit d'auge... entr'autres, l'éloge des Parisieîtnes, et comme je suis d' Paris, ça m'avait flattée... Y'ià c' qui disait, écoutez, comnie c'est joli : « Non, rien n'égale la Parisienne... légère comme une Gazelle... Diligente comme une HiRONDELLEjla jeune Dame Française, ayant nom Parisienne, l'emporte sur les BEARNAISES, les Batignollases, et se trouve la Citadine la plus Favorite des Omnibus!... » C'est-y câlin, ça?.., [Avec indégna' tionJ) Allez donc!... décrire des choses galantes comme ça avec vos girouettes de lettres I...
C'est indigne, etc.
Si j'étais préfet,
V'ià c' que j'aurais fait :
Fallait, pour s' fair' comprendre,
Prendr' le sens, oui-da,
Que chaque lettre a, Lorsqu'on la fait entendre.
(Parlé.) C'était simple comme bonjour...
Si on m'avait consultée, moi, v'ià ce que j'aurais fait... j'aurais pris, par exemple, la lifçne O poar desservir les quais... j'aurais fait descendre ro tout le long, le long de la rivière... c'était tout naturel... J'aurais donné à la Chaussée-d'Antin les voitures U P (huppées)] aux Invalides, les voitures A G [dgées) ; pour TEcole-Militaire, les voiture D P {d'épées) ; au quartier Latin, le P Y {pays grec) ; au coin de la rue des Quatre- Vents, les voitures sous le V (soulevées) ; au quartier Bréda, les voitures ME (aimées); pour la Bourse, les lignes d'A J O (d'agiot) ; et pour les gens pressés, les voitures L E (ailées) , et le public étant ainsi E D (aidé), au lieu d'être A JT (agité) et de Vfi T (végéter) j aurait fini par C D (céder). C'est indigne, etc.
Je n'ai vu qu' du feu.
mm
Voulant voir mon nVea, Qui demeure à Montmartre.
Trois fois j'ai voulu,
Trois fois j'ai pas pu; Â fallu z'en rabattre.
{Parlé.) Enfin, une dernière fois... j*entro tout d' go dans V bureau, et je dis au buraliste : Monsieur, je veux et je tiens absolument à aller à Montmartre, et dans vos voitures!... — C'est tM-ès- simple, qui m* dit; vous n'avez qu'à vous y rendre dans la lettre I. — La laiterie?... mais ça m' va... Justement, mon neveu qu'est nourrisseur... la laiterie pour les nourrisseurs... mais ça rentre dans mon système; avec votre laiterie, vous tombez dans mon système!... Une autre fois, j'allais à Pantin, on me dit : c'est la ligne de la Villette; il vous faut le K. J'allais mettre la main sur le K, lorsque je suis tombé sur la lettre qui suit le P... Une autre fois encore, je ne sais plus oùs que j'allais... On m'avait dit qu'on avait lu qu'il me fallait l'U.. Le buraliste me dit : Il vous faut l'IJ, vous trouverez ru à l'aile... — Comment, à l'L ?... — Oui, vous trouverez l'U à Taile gauche du.
Louvre... Je vas à cY aile, oùs qu'on me donne le N» 77. {Elie fait la grimace.) Hum 1 Le buraliste me dit : vous avez le K* 77,
vous avez le temps de prendre l'air... Je sors du bureau sur le crottoir... je vois l'R qui passe... Ma foi, je fais ce qu'il m'a dit, c't homme... je grimpe dans l'R, qui me mène... devinez où?... à Chalenton-Saint- Molisse... Ah I sac à papier! si vons m'aviez ▼ue... j'étais pu une femme... j'étais une tomate!... Je reviens furieuse faire une scène à c' buraliste.. . qui me dit tranquillement : c^est une erreur... une autre fuis, je vous inviterai à prendre le T... — Prendre le thé, moi?... pas avec vous, mon chou! Vous pou- Tes bien m'inviter à prendre l'air, le thé, tout ce que vous voudrez, mais n... i... ni... fini de rire, mon gros... Je ne prendrai plus que des fiacres, des sapins, des berlingots, des polkas , des milords ou des vinaigrettes...
j* prendrai de tout, excepté... de votre ABC, même des cabs... vous savez, de ces bêtes de voitures anglaises qu'on fouette à l'envers... j' prendrai des cab à la course... des cab à r heure,,, tiens! qu'est-ce que j' dis : des cabaleurs... Oui, (;a m' va, des cabaleurs!...
beaucoup de cabaleurs!... ça fait qu' ça fra tomber vos rébus... d'omnibus...
C'est indigne, Pas un' ligne D' voiture à pincer I
Faut des maîtres Pour ces lettres Qu'on vient d'y placer.
Dans Paris, l' monde a l'air, dVant ces om»
D'un tas d'olibrius, [nlbus,
La musigne chez M. P. Godet, éditeur, rue des feûneurs 17.