PAUVRES HOMMES
CHAVBOMMAITIE COXIQUB
Chantée par M. F. Berthelier de l'Opéra-Comigne. Paroles et musique de M. Edmond LmnLunL
Pauvres hommes
Que nous sommes, Comme on nous fait filer doux]
Chaque femme,
Sur mon Ame, Est plus maîtresse que nous : (loups!
Nous sommes les brebis, les femmes sont les
Re^rdez au bal, par exemple, Ces femmes couvertes de fleurs, Ce sont les déesses du temple, Et nous les humbles serviteurs!
Qaelle beauté, quelle toilette !
Vraiment, c'est plaisir à les Toir f
Et nous, quel air de troable-féte
Avec ce vilain habit noir !
(Parlé.) Mais le bal commence! admirez qaelle vigiieor va déployer ce faible sexe ! ces faibles femmes mettront dix danseurs hors de combat! et quand vient le souper, quel coup de dent! comme les pâtés disparaissent!
comme le Champagne saute ! et pendant que ces dames, bien assises, se reposent en se restaurant, nous sommes debout, serrés^ écra- . ses dans les portes, agrippant par-ci par-là un os, un verre de nMmporte quoi ! si encore nous pouvions nous rabattre sur les plateaux! Ah! bien^ oui! — « Laissez passer les sirops pour les dames ! laissez passer les glaces pour les dames, et les bouillons, pour les dames, et les sandwiches, pour les dames ! »
Quant aux hommes, qui s'en occupe? Ah! si, la maîtresse de la maison, quand il s'agit de faire danser une {petite pensionnaire ou de reconduire chez elle, à trois heures du matin, à l'autre bout de Paris, par dix degrés de froid, une ingénue de soixante-cinq ans...
Ah ! oui, les hommes, sur ma foi, Sont bien à plaindre, croyez-moi !...
Pauvres hommes, etc.
Lorsque ces dames sont marraines, Nouâ payons les gants, les bonbons!
Et quand vient le temps des étrennes, Pour changer, c'est nous qui payons.
Nous payons bouquets et parure, Quand au bal nous les conduisons; C'est nous qui payons la voiture, C'est nous qui payons les violons!
(Parlé,) Et les quêtes de toute sorte, et les loteries, et les billets de concert, et les loges de spectacle, et les petits bancs, et les marrons glacés, et les soupers, et les coupés I et la bourse oubliée au jeu (car ces dames oublient souvent leur bourse), et ces mille imp6ts levés sur nous par leur fantaisie et acquittés par notre galanterie...
Ah ! oui, les hommes, croyez-moi, Sont bien à plaindre, sur ma foi !...
Pauvres hommes, etc.
Mais c'est bien pis, quand à la fête.
L'amour, hélas! vient se mêler; Un homme amoureux, c'est si bête !
C'est alors qu'on nous fait aller.
Sous sa fenêtre, dans la rue.
Nous passons, repassons le soir, Et nous faisons le pied de grrue, Dans l'espoir de l'apercevoir.
{Parlé,) Nous ramassons ses vieux bouquets^ ses vieux gants, ses vieilles pantoufles, pou r \V3 mettre sur notre cœur ! quel bonheur ! nous lui adressons des vers brûlants , incandescents, phosphorescents! nous la comparons à la lune, aux étoiles, à la brise; un tas de bêtises ! Nous remplaçons son caniche, nous portons le chàle à la promenade, nous faisons les commissions^ nous nous avilissons, nous béions comme des moutons, nous maigrissons, parfois même nous nous asphyxions; bref, nous tournons au melon, au potiron, au cor> nichon I ! I
Et tout cela, le plus souvent,
Pour le roi de Prusse, ah I vraiment!
Pauvres hommes
Que nous sommes, Comme on nous fait filer doux !
Chaque femme.
Sur mon âme.
Est plus maltresse que nous : [loups.
Nous sommes les brebis, les femmes sont les
La mnaiqne se trouve chez M. Meissonnier fils, éditeur, rae Dauphine, 18, àtParis.
CROQUEFER
e« LE DERNIER DES PALADINS
BALLADB
Qiantée par M. Prasbau, an théâtre des Boaifes-Parisieiu.
Paroles de MM. Jaihe et Tiéfeo.
Musique de l. OrrinAcv.
Mon châteao qu'il était chic, Ah I oui, nom d'un petit bonhomme, Mon château qu'il était chic Perché sur un roc à pic !
Bâti mille ans avant Rome, Par un mien cousin germain, Bâti mille ans avant Rome Avec du ciment romain.
[Avec fierté.) Tra la la la la la la la Ja la la la la la la la la U la
Quand mon père l'acheta C'était beau, m'a dit ma mère,
Quand mon père l'acheta, Comm' le temple de Vesta I Je u'ai pas connu mon père.
Cet estimable vieillard, Je n'ai pas connu mon père, Je suis né trois ans trop tard.
{Avec regret,) Tra la la la, etc.
Alors j'avais douze archers.
Un gproom et quatre' équipages, Alors j'avais douze archers.
Trois chevaux et six cochers ; Je voulais avoir des pages Pour me suivre à l'Opéra, Je voulais avoir des pages, Mais mon histoire en aura.
{Avec noblesse.) Tra la la la, etc.
J'avais moutons et fermiers Bons à tondre à chaque aurore, J'avais moutons et fermiers.
J'en tirais force deniers; Le mouton paît bien encore Dans ces prés verts et toufibs.
Le mouton paît bien encore, C'est le fermier qui n* pai' plusl
{Avec dédain.) Tra la la la, etc.
Je chassais dans mes grands bois Avec mes bons chiens de race, Je chassais dans mes grands bois Tous les gibiers à la fois; Je n'ai plus de cors de chasse, Ni grands bois, ni fins limiers, Je n'ai plus de cors de chasse, Je n'ai que des cors aux pieds.
{Avec douleur.) Tra la la la, etc.
J'avais femme et n'en ai plus, Elle avait la vue très-basse, J'avais femme et n'en ai plus, Elle avait tout's les vertus ; Elle a suivi dans un' chasse.
An lieu du cerf qu'on chassait, Elle a suivi dans un' chasse Un régiment qui passait.
(Avec tristesse.) Tra la la la, etc.
vous tous qui m'écoutez, Grâce, je vous eu supplie!
O vous tons qui m'écoutez, Gràc', pour tant d'absurdités!
Les auteurs de cett' folie, A l'instant mém', m'apprend-on, Les auteurs de cett' folie,
On les mène à Charenton.
{Avec gaité.) Tra la la la la la la la la la la la la la la la la la la.
La mnsiqne se troaye à Paris, chez MM. Hedgel et Ce, éditears, 2 bis, rue Vivienne.