A L’EPOQUE HISTORIQUE
ET
( VIIe leçon)
Nous avons vu qu’il n existait point en Gaule de monuments funéraires propres à l’époque de transition où il semble que le bronze, à peu près seul parmi les métaux, pénétrât dans nos contrées.
Nous ne voulons pas dire qu’il ne se rencontre pas en Gaule quelques rares sépultures renfermant du bronze sans mélange de fer. Mais ces sépultures sont une exception et ne portent en elles aucun autre caractère distinctif (1).
Nous en avons conclu qu'il n’y avait point eu, en Gaule, d’àge du bronze analogue à l’âge du bronze Scandinave ou à l’âge du bronze des .Massagètes constaté par Hérodote, au nord de la mer Caspienne à la fin du cinquième siècle avant notre ère.
Les sépultures appartenant à ce que l’on est convenu d’appeler le premier âge du fer sont, au contraire, très nombreuses, très variées, très nettement caractérisées.
Nous commencerons aujourd’hui l’étude de ces nouveaux monuments sépulcraux. Deux rites se partagent ces nécropoles. Les unes sont à inhumation, les autres à incinération.
Ces nécropoles ne sont pas seulement très nombreuses
1. Sauf cette particularité très importante que presque toutes ces rares sépultures sont à incinération.
LES PREMIÈRES Mil. HATIONS IIISTOltlOlES
(le nombre s’en accroît tous les. jours) et d’un caractère à part, sai generis. Elles ont une aire géographique distincte, assez nettement délimitée.
L'aire des monuments mégalithiques est très sensible-: ment l’ouest et le nord. L’aire des cimetières du premier âge du fer est non moins sensiblement l’est et le midi (1).
Les contrées étrangères à la Gaule où le rite des sépultures mégalithiques s’est largement développé sont, vous vous le rappelez, l’Irlande, l’Angleterre, le nord de l’Allemagne, les pays Scandinaves (2); celles sur lesquelles s'étendent les sépultures du premier âge du fer, analogues à nos cimetières et lumulus de même catégorie, sont l’Allemagne du sud (3) et la haute Italie.
Les deux zones se louchent sur certains points, mais sans se pénétrer. Une époque exista évidemment où les populations de l’un et l’autre rite, quoique vivant côte à côte, ne se confondaient pas. Cette période de séparation, d’antagonisme, a duré au minimum jusqu’au cinquième siècle avant notre ère.
L’examen de la carte que vous avez sous les yeux, où les sépultures de cette catégorie sont représentées par les teintes verte et bistre, vous donnera une idée suffisamment nette de l’ensemble des faits (4).
J'ai teinté en vert les cimetières à inhumation, en bistre 1rs cimetières à incinération. J’ai juxtaposé les deux teintes là où, comme à Ilallstatt, comme dans la principauté de Sigmaringen, comme à la Certosa de Bologne, dans la forêt de liaguenau, à Kcrviltré (S) en France, les deux rites sont confondus, constituant des cimetières mixtes.
Toutes ces sépultures, malgré leurs variétés, ont une physionomie commune, un air de famille.
1. 11 est bien entendu que nous ne parlons que des grandes lignes et qu’il y a des exceptions.
2. Nous laissons de côté le Portugal, le sud de l’Espagne et l'Afrique qui forment comme une province à part.