‹ La Gaule avant les GauloisChapitre 102 sur 121 · Lieu dit Galiasco · texte numérisé non relu

Lieu dit Galiasco

terre à peu près sans protection; pour tout couvercle une pierre plate, à l’intérieur les cendres du mort presque toujours sans aucune offrande. Mais une particularité est digne de

Fig. G9. Tombe de la colliae de Mousorino à Golasecca.

toute notre attention: un cercle ou carré, composé de pierres de dimensions variant de soixante-dix à quatre-vingt-dix centimètres de diamètre, aujourd’hui presque complètement enfoncées en terre, mais qui pouvaient autrefois être apparentes, entoure l’urne et détermine une sorte d’enceinte sacrée (1). Quelques-unes de ces petites enceintes sont encore reliées

1. Ce sont les cercles que Giani a pris pour la délimitation et le soutien des tentes. 11 leur a donné et elles ont conservé dans le pays le nom de tende, tentes.

LES PREMIÈRES MIGRATIONS HISTORIQUES

les unes aux autres par des allées formées également de blocs de pierres de dimensions analogues(l). Les cercles et les carrés varient de sept à huit mètres de diamètre. Le tout est plongé dans une terre de bruyère très profonde. Les urnes de cette partie du cimetière sont généralement faites à la main, elles ressemblent à certaines urnes de nos dolmens.

Les lombes de la colline, lieu dit Monsorino, sont beaucoup plus soignées. Les unes ont la forme de petits dolmens et présentent l’aspect de grands coffres de pierre. L'urne cinéraire est placée dans ce colfre et entourée d’un certain nombre d’autres vases dits vases accessoires, dont plusieurs contiennent des offrandes.

Les autres ont une enveloppe de ciottoli ou galets habilement amoncelés de manière à prendre à peu près la forme arrondie de l’iirne elle-même (fig. 69).

Les urnes qui ne sont pas protégées sont rares. A Monsorino, au lieu d’être recouvertes d’une simple dalle elles ont pour couvercle une coupe renversée.

Les offrandes, qui toutes ont subi l’action du feu (2), sont assez variées. Ce sont des couteaux en fer avec manche en bronze, des chaînettes en bronze avec pendeloques, des fibules dont les formes assez variées sont typiques.

1° Fibules à corps ovoïde, offrant l’aspect d’une demi-coque d'œuf; ces épingles sont à boudin comme nos épingles an-

Fig. 10. Fibule à coque avec pendeloques, glaises. Beaucoup de ces fibules sont des fibules uniquement

1 . Des cercles el enceintes semblables ont été signalés en Gaule. — i 0 Dans le département d’Ille-et-Vilaine sur les landes de Cojou, com. de St-Just, arrondissement de Redon ; 20 dans la Haute-Garonne, près Saint-Gaudens.

2. Voir la collection du musée de Saint-Germain provisoirement placée dans la salle dite de Mars.

funéraires et n’ont jamais pu servir. Quelques-unes sont tachetées de points blancs d'un assez joli effet. — Ces fibules sont très fréquentes dans les urnes (lig. 70).

2° Fibules à corps serpentiformes, d’une 1res grande élégance. Beaucoup portent enfilées comme les précédentes, dans l’épingle, des amulettes de diverse nature, perles d’ambre ou de pâle de verre colorée, petits annelets en bronze (lig. 71).

3° Fibules à arc de cercle crénelé; je ne saurais mieux les définir. Ces épingles, comme les premières, sont à boudin. Le corps de la fibule forme un demi-arc de cercle d’aspect assez lourd (lig. 72).

Fig. 72. Filnile créoeléj ^Golasecca).

Ces formes si originales, qui dans une collection se distinguent de toute autre, d’une façon tranchée, constituent poulies archéologues un jalon qui ne peut guère tromper dans la recherche des rapports ayant pu exister entre les diverses populations primitives de l’Europe méridionale. Je vous engagea fixer ces formes dans votre mémoire; nous les retrouverons dans les contrées relativement très éloignées les unes des autres et nous aurons à tirer de ces analogies de précieux enseignements.

Les populations ensevelies à Golasecca, Yergiate et Sonia ne semblent pas avoir appartenu à des tribus guerrières. Le

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pou d’armes qui s’y sont rencontrées paraissent être des armes de sacrifice. Une seule tombe fait exception. Je veux parler de la tombe qui fut découverte à Sesto-Calende sur le bord du lac Majeur, au point où le Tessin s'en échappe et sur laquelle M. Biondelli a fait le mémoire mentionné plus haut.

La tombe de SestoCalende à incinération comme les autres, entourée comme les autres de ciottuli, et renfermant une urne cinéraire et des vases accessoires analogues, était incontestablement une tombe de chef, cl même je puis dire de roi ou chef militaire.

Cette tombe contenait en effet les débris d’un char, une épée de fer à antennes (lig. 73), avec fourreau de bronze, une lance en fer ; un casque de bronze et des cnémides de bronze, comme en portaient les héros d'IIomère.

Fig. Tl. Vase en bronze de Sesto-Çaleudu.

Les débris d’un magnifique vase de bronze orné au repoussé complétaient le mobilier funéraire (lig. 74). M. Biondelli a bien voulu nous céder quelques exemplaires de ces belles planches (1). Je n’ai donc pas besoin de décrire ces objets en dé-

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