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Petite ville sur le lac du même nom au sud d'Ischl

190 LUS PREMIÈRES MIGRATIONS HISTORIQUES

993 tombes avaient été fouillées à 1 f al lstatt en 1873. Je n'ai pas eu de renseignements ultérieurs. Sur ce nombre 415 étaient à incinération, les autres à inhumation, soit 578.

Une légère construction en dalles formant voûte, autant que possible, protégeait les corps et les urnes. Les morts étaient étendus tout habillés dans les tombes à inhumation. Dans les tombes à incinération un riche mobilier funéraire était déposé près des cendres.

Les sépultures à incinération sont de beaucoup les plus riches ; la plupart des objets d’or, les plus beaux vases de bronze en proviennent. Or le nombre des objets découverts est considérable (1).

Les 993 tombes explorées n’ont pas, en effet, fourni moins de 5,816 objets (2) bien conservés, savoir : 64 objets en or, 5,574 en bronze, 593 en fer, 270 en ambre, 73 en verre, 1 ,213 en argile.

Dans ce nombre figurent 619 armes dont 109 en bronze et 510 en fer, ou fer et bronze, la poignée en bronze, la lame en fer.

MM. Ramsauer et vou Sacken, et c'était aussi l’opinion de Desor, considèrent que la nécropole de llallstatt a eu une durée de six à sept siècles au minimum, les tombes les plus anciennes pouvant remonter à mille ou neuf cents ans avant notre ère, les plus récentes à l’époque alexandrine, mais antérieures à l’introduction de la monnaie dans la vallée du Danube.

Les fouilles ont démontré que les peuplades qui se faisaient enterrer à llallstatt étaient à la fois guerrières et commerçantes. Elles avaient le monopole de l’exploitation des mines de sel de llallstatt et de llallen.

Elles étaient en rapports très étroits avec la haute Étrurie, la contrée qui devait s’appeler un jour la Gaule Cisalpine; avec les bords de la mer Noire, la Crimée et le Caucase ; avec les ri-

t. Voir l'Album Ramsauer exposé dans l’un des meubles à volets de la salle VI au musée de Saint-Germain.

2. Voir les rapports manuscrits de l’ingénieur Ramsauer, au musée de Saint-Germain, ainsi que des planches exposées salle VI. Cl. von Sacken, Dus Grabfeldvon llallstatt, Wien, 1868.

vages de la mer Baltique d’où elles rapportaient l’ambre en abondance; avec la Transylvanie d’où elles tiraient leur or, comme des analyses chimiques l'ont démontré.

Mais, messieurs, à Halls tatt nous sommes dans les Noriquos, sur un emplacement où de source certaine ont séjourné des tribus celtiques ou gauloises, les tribus des Nouci et Taurisci. Vous devez même vous rappeler que c’est chez eux que les Boii, chassés d’Italie, vinrent se réfugier, en partie du moins(l ), deux cents ans environ avant notre ère.

l’olybe parle de la richesse des Taurisci qui possédaient des mines d’or.

Il y a de fortes raisons de croire (2) que les tombes à inhumation de Hallstall sont des tombes gauloises. Nous sommes ici chez nous, j’espère vous le prouver dans la prochaine leçon. Mais les tombes à incinération ne sont-elles pas des tombes celtiques? Si, ce que je soutiens depuis plus de dix ans, les Celles et les Galates, quoique de même origine, doivent être nettement distingués les uns des autres; si les premiers appartiennent à des tribus plus sédentaires, plus conservatrices, plus religieuses; les seconds à des tribus particulièrement guerrières, aventureuses, moins attachées au sol, prêtes à toute invitation de conquête ou de pillage; pourquoi ne rencontrerionsnous pas à llallslalt des Gaulois et dos Celtes juxtaposés *? En tout cas ce cimetière de Jlallslatt en pays historiquement celtique, sans qu’aucun témoignage ancien signale dans la contrée une population antérieure, est du plus haut intérêt pour nous.

Il est très intéressant d’y retrouver l’épée en fer avec une poignée de bronze à antennes de Sesto-Calcndc (3), le couteau de Golasecca(4),à manche de bronze et à lame de fer; le casque de bronze de Sesto-Calende (o), des plaques de ceinture semblables à celles des cimetières de Sigmaringen et de Hague-

1. Les autres s’établirent partie dans la Bohême, partie dans la Bavière.

2. Cf. Strabon, IV, p. 206; Vit, p. 296, 304, 313; Pline, lit, 20-24; Polvbe d’après Strabon, IV, p. 208.

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