‹ La Gaule avant les GauloisChapitre 112 sur 121 · DeSacken, taf. VIII, fig · texte numérisé non relu

DeSacken, taf. VIII, fig

2. Id.. taf. IX, (ig. 1 à 8 ; taf. X, fig. 1 à 7 ; taf. XI, fig. 1 à 6.

3. Id., taf. XIII, fig. 1 4, 15 ; taf. XIV, fig. 1, 3, i, 5, 9 et 10 ; taf. XXI, fig. t, 2; taf. XXI, fig. 3; taf. XXIII, fig. 3; taf. XXIV, fig. t>, 7, 8.

k. Appoll. Rhud., A rgan., liv. IV.

plus historique. Écoutez ce qu’il nous dit des Sigynnes, récit confirmé par Strabon. Il nous ditque les Sigynnes, population danubienne, faisaient le commerceavcc Marseille. Les Ligures donnaient même le nom générique de Sigynnes à tous les marchands avec lesquels ils trafiquaient; quelques-unes de leurs tribus confinaient aux Vénètes de l’Adriatique.

<( Ces Sigynnes, ajoute Hérodote, prétendent être une colonie de Mèdes. Ils ont de tout petits chevaux, au poil épais et long, qui n'ont pas la force de porter un cavalier, mais qui, attelés, vont très vite et c’est pour cela que ces peuples font usage de chariots (1). »

Les Sigynnes venaient de plus loin. Strabon les met au nombre des peuplades voisines de la mer Caspienne. Il en parle, d'ailleurs, à peu près dans les mêmes termes qu’Hérodote.

« Les Sigynnes, dit-il, se servent de petits chevaux qui ont le poil épais, mais qui sont trop faibles pour être montés. Ils en altèlenl quatre à une même voiture. Ce sont les femmes que l’on exerce dès leur enfance à conduire ces attelages ; celle qui y réussit le mieux a le droit de prendre qui elle veut pour mari. »

Apollonius de KHodesavait trouvé dans les vieilles traditions mention des Sigynnes aux embouchures de l'Ister.

Ainsi nous trouvons les Sigynnes sur la mer Caspienne, sur les bords de la mer Noire, tout le long de l’Ister jusqu’au golfe Adriatique et aux bouches du Rhône.

M. Balaillard, qui a fait des Bohémiens son étude spéciale, les rattache à ces anciens Sigynnes.

« Je prétends, dit ce spécialiste, que les Tziganes originaires de I Inde existaient en Occident aussi bien que dans l’Asie Mineure, dans le Caucase et dans les îles de la Méditerranée orientale, de temps immémorial, et je les y retrouve au temps d’Hérodote sous les noms de Sigynnes et dès le temps d’Homère sous celui de Sentii , qui est encore aujourd'hui, ajoutc-

t. Itérod., V, 9; cfr. Strab. , IX, p. 759; Apoll. Rhod., Arg., IV, v. 320.

LES PREMIÈRES MIGRATIONS HISTORIQUES

t-il, un des principaux noms ethniques que les Bohémiens se donnent eux-mêmes et celui qu'ils gardent avec le plus de mystère (1). »

Cette thèse a déjà été soutenue au commencement de ce siècle par le docteur liesse (2) et par M. Vivien de Saint- Martin en 1847 dans son mémoire sur la géographie ancienne

du Caucase (3).

LcsSentii sont d’un autre côté en relation directe avec les Cabires de Samothrace. Les Sigynnes auraient donc été, passez-moi l’expression, les commis-voyageurs des corporations industrielles, semi-religieuses, semi-militaires dont je vous ai entretenu dans la dernière leçon.

Or M. Bataillard a démontré que chez les Bohémiens orientaux une ligne de démarcation très tranchée existait et existe encore entre ceux qui travaillent le bronze et le cuivre et ceux qui travaillent le fer. Les tribus des deux groupes sont non seulement rivales, mais souvent ennemies acharnées. Les groupes du cuivre se regardent comme bien au-dessus des groupes du fer.

N’était-ce pas ce peuple asiatique qui apportait le bronze eu Occident? N’élait-ce pas lui qui apportait des bords de la Caspienne et du Caucase le jade et la callaïs?

N'est-ce pas lui qui a introduit en Gaule ces petits chevaux dont nous retrouvons les squelettes dans les stations lacustres et dont la race existe encore chez nous en Limousin et en Bretagne?

Concluons.

Vous venez de constater avec moi l’existence d’une série de peuplades, de tribus homogènes, ayant leur rite particulier, l’incinération, un mobilier funéraire analogue et s’échelonnant de la Hongrie (4) aux Apennins et aux Pyrénées, suivant une direction géographiquement logique. Un groupe parti-

1 . Bataillard, dans Bull. Société d’ Anthropologie, ann. 1875(séancedu 18 nov.)

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