Ces coupes de terrain sont exposées dans la salle
et l’homme quaternaire
fragments naturels affectant toutes les formes que présentent les silex choisis île la collection Bourgeois. Les arêtes seulement sont plus vives et sans éraillures , comme cela doit être quand les silex n’ont encore reçu aucun choc.
« 2° Mais la plupart de ces arêtes naturelles sont assez minces, assez peu résistantes, pour que la pression d’un corps dur, le choc d’un autre silex, par exemple, puisse les ébrécher cl déterminer des entailles ou petits éclats dits retouches, quand elles sont intentionnelles, de tout point semblables à celles que M. l’abbé Bourgeois montre avec tant de complaisance. Il n’y a là aucune trace de travail humain.
«Ces entailles, en effet, ces petits éclats n’affectent point les silex d’une manière régulière; ils sont disposés sans ordre à droite et à gauche des tranchants; il n’y a qu’un choc sur la face du tranchant qui puisse produire des éclats disposés de cette façon. Ce n’est pas ainsi qu’on pratique des retouches utiles. Les silex recueillis dans les fouilles sont ébréchés ou émoussés comme doivent l’être des cailloux qui ont été bousculés ou roulés. Les silex ont été, en effet, incontestablement roulés. »
Les fouilles de M. Maître n’ont pas plus produit de percuteurs et de bulbe de percussion que les nombreuses fouilles de l'abbé Bourgeois.
Or M. Maître, malgré son inexpérience, agissant sur les rognons de Tbenay, à l’aide de percuteurs improvisés, a obtenu très facilement des éclats avec bulbe, laissant un noyau en forme de nucléus très reconnaissable. Les pierres ayant servi de percuteurs conservent des traces blanches parfaitement visibles.
Les silex de Tbenay n’ont donc été ni taillés, ni retaillés.
Comprendrait-on un être intelligent qui aurait su produire le feu à volonté et n’aurait pas su briser les rognons par percussion. Je dis produire le feu. Il faut ajouter, réunir à cette intention un nombre considérable de matériaux pour entretenir le foyer d’incendie. Car si ces silex ont subi l’action du feu ils n’ont pas été brûlés isolément ou par petits groupes, mais
l’homme tertiaire
en grande masse; puis saisis parle flot, qui les a roulés au bord du lac, en si grande quantité qu’ils y forment une couche de 70 centimètres de puissance sur une très grande étendue. Il y aurait eu là une vraie exploitation industrielle.
Enfin, les silex de Thenay, ayant apparence de travail humain, sont de si petite dimension, qu’il est impossible d’y voir un outil, encore moins une série d'outils dont un être intelligent ait pu faire usage. Le silex fig. n°6,p. 127, constitue tout à fait une exception.
Les silex de Thenay ne prouvent donc rien, pas plus que les os d’animaux terrestres ou marins, impressionnés, entaillés ou brisés.
Les géologues, les paléontologistes, quelques-uns du moins, affirment que les conditions climatériques de l’époque tertiaire comportent l’existence d’un être ayant l’organisation, ou, au moins, une organisation voisine de celle de l’homme. Je le veux bien. Que l’homme tertiaire soit possible, je n’y contredis pas, mais jusqu’ici, il est encore tout théorique.
Vous me permettrez de ne plus vous en reparler, encore moins de Yantropopithèque (1).
L’HOMME QUATERNAIRE
Si les silex tertiaires sont impuissants à nous donner, sur l’existence présumée de l’homme à cette époque, des rensei-
l. Il ne faut pas ici de malentendu. Si nous repoussons de toute l’énergie de nos convictions l’exagération des doctrines darwiniennes s’érigeant en dogme , nous serions désolés de contribuer en rien à amoindrir dans vos esprits le mérite des beaux travaux de Darwin sur l’Origine des espèces, travaux qui sont un modèle de sagacité et de scrupuleuses, patientes et fines observatiods. La sélection naturelle est incontestablement un des facteurs dont la coopération a produit les modifications des espèces éteintes et vivantes. Mais Darwin ne dit-il pas lui-même que « si ce facteur est le principal à ses yeux, il n’est pas le seul. » Nous saisissons ainsi un des principes, une des lois dont le créateur s’est servi pour l’accomplissement de l’œuvre dont nous admirons la sublime ordonnance. Qui a osé restreindre sa puissance à ce seul et unique principe ! C’est tout ce que nous avons voulu (lire. 11 y a là des mystères qu’il n’appartieent point à notre faiblesse de supprimer.
ET L IÏOMME QUATERNAIRE