‹ La Gaule avant les GauloisChapitre 26 sur 121 · Voir la publication intitulée Craniaethnica · texte numérisé non relu

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LES TROGLODYTES

Somme et de la Seine, puis dans un certain nombre de vallées moins importantes.

J’ai mis sous vos yeux la carte des gisements à silex du diluvium.

Mais le diluvium no se montre pas seulement sur les pentes et dans le fond de nos vallées, il a recouvert certains plateaux et a pénétré dans les cavernes où il se montre à nous identique au diluvium de la plaine.

Or le diluvium des cavernes contient également des silex taillés et des ossements fossiles. L'homme s’est évidemment réfugié dans les cavernes .à l’époque des alluvions ou à une époque très voisine avant l'extinction des grands mammifères.

Une ingénieuse observation de M. Edouard Dupont montre en e Ile t que les Troglodytes de la Lesse et de la Vezère, par exemple ne se sont pas seulement superposés aux animaux éteints; mais vivaient à côté d’eux et en faisaient leur nourriture.

Les squelettes de ces grands pachydermes et ruminants ne sont jamais entiers dans les cavernes habitées par l’homme. Les parties de l’animal conservées sont toujours les mêmes ; le crâne et les os des membres particulièrement garnis de chair. Les vertèbres, les côtes, les os du bassin et de l’épaule manquent généralement.

Le gros gibier était donc tué hors des habitations : nos chas seurs qui, vousle voyez, n’étaient pas seulement des ichthyopbages, ne rapportaient dans leurs demeures souterraines que les membres qui contenaient la cervelle et la moelle dont ils étaient particulièrement friands.

Or, messieurs, dans une de ces cavernes à ossements siluée dans la vallée du Néander (Neanterthal) près de Dusseldorf, a été découvert un crâne devenu célèbre, le crâne dit de Neanderthal, dont la conformation exagère encore les caractères descrânes de Canstadtet de Eguisbeim. Le développement des sinus frontaux (lig. 9) est si prononcé que quelques naturalistes veulent voir dans ce crâne un cas patholoc/iquc. D’autres en font un argument à l’appui de la thèse qui fait de l’homme

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un descendant du singe. Vous avez sous les yeux (Pig. 9) ce crâne célèbre.

Fig. !). Crâne rte Neanderthal superposé au crâne d’Eguisheim.

Le crâne de gorille que j’y ai joint (fîg. 10) vous permet d’apprécier les analogies.

L’opinion que le crâne de Neanderthal n’est pas un crâne d’idiot, mais représente réellement un type particulier, semble confirmée par la découverte d’une mâchoire, la mâchoire de la Naulette (1) qui a paru encore plus simienne que le crâne de Neanderthal.

Cette mâchoire malheureusement très imcomplète ne laisse aucun doute, cependant, sur le prognatisme de la tête à laquelle elle appartenait. Le menton est fuyant en arrière comme chez le gorille (2). Les alvéoles des dents semblent prouver que les molaires, au lieu de décroître de la première à la dernière, comme cela a lieu d’ordinaire chez l’homme, se développent dans le sens opposé. Les canines semblent avoir été très fortes, les incisives très faibles et très serrées les unes contre les autres, comme chez le singe anthropomorphe.

Enfin, caractère dont on a cherché à tirer les conséquences les plus exagérées (3), sur la mâchoire de la Naulette manque

1 . Le trou de la Naulette est une caverne de la vallée de La Hesse (Belgique) explorée par M. Édouard Dupont.

2. La mâchoire d’un gorille est placée sur la table où se fait la leçon à côté de la mâchoire de la Naulette.

3. M. Hovelacque y a vu la preuve que l’homme des alluvions n’était pas doué de la parole.

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la ou les petites excroissances nommées Apophyses geni, excroissances sur lesquelles s’attachent les muscles qui donnent a la langue une partie de sa mobilité.

Fig. 10. Crâne de gorille, dessiné de face pour mettre en relief les sinus

frontaux (1).

Vous me permettrez de vous renvoyer pour tous ces détails aux Crania et /mica.

Ce qu’il nous appartient à nous de constater c’est que :

1° Le type de Canstadt se retrouve encore aujourd’hui avec des modifications très légères sur un grand nombre de points du monde habité qui s’étendent de la presqu’île ibérique à l’Indoustan, de l’Indoustan au continent australien » (2). Des crânes historiques, le crâne de saint Mensuy, évêque de Toul, un crâne découvert dans les ruines de l’abbaye de Louth (Irlande), d'autres encore présentent les mêmes caractères. Ce type n’exclut donc point un degré d'intelligence ordinaire.

2° Il faut ajouter qu’à côté de celte race primitive dolichocéphale, c’est-à-dire affectant la forme d'un ellipsoïde allongé, à mâchoire prognate, à menton fuyant et à très forte ossature, représentant, prétend-on, le type simien, deux autres races, au moins, coexistaient avant l’extinction des espèces perdues.

MM. de Qualrefages et Hamy se fondant sur les découvertes deSmerling (3), de MM. Brun (4), Louis Lartet, Rivière, Mas-

1. Voir, p. 90 (fig. 35), le crâne de Néanderthal vu de face.

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