‹ La Gaule avant les GauloisChapitre 25 sur 121 · Cette conjecture me paraît très ingénieuse · texte numérisé non relu

Cette conjecture me paraît très ingénieuse

ET L HOMME QUATERNAIRE

dessus de ce qu’est acluelloment celle des peuplades sauvages les plus déshéritées. Les deux seuls fragments de crâne que nous possédions indiquent, nous disent les anthropologistes, des facultés très bornées.

Sir John Lubbock, dans ses Origines de la, civilisation (1), croit retrouver les moeurs de l'homme quaternaire chez les sauvages de l’intérieur de Bornéo, qui n’ont « ni culture, ni semences ; qui ne mangent ni riz, ni sel; ne s’associent pasles uns aux autres, mais errent dans les hois comme des bêtes fauves. L’homme, quand il sent le besoin de se reproduire, enlève une femme et l’emmène avec lui, pour un temps, dans la forêt. Quand les enfants sont assez grands pour trouver seuls leur nourriture, l’homme et la femme se séparent, sansjamais plus songer l’un à l'autre. »

Les Tasmaniens présentaient un spectacle aussi misérable quand Tasman les découvrit, en 1644. On pourrait en dire autant de certaines tribus australiennes, chez lesquelles, détail bizarre, on a cru retrouver le type de Canstadt.

Tel serait, suivant sir John Lubbock et son école, l’homme à l’état de nature. Tel aurait été notre premier ancêtre.

Nous reviendrons sur celte question après avoir étudié l’homme des cavernes.

En résumé :

La Gaule a été habitée ou pour mieux dire a eu des habitants probablement très clairsemés dès le jour où elle a été habitable. Ce jour correspondant avec l’époque des grandes alluvions, l'homme y vivait côte à côte avec quelques-uns des grands animaux éteints, le mammouth, le rhinocéros à narines cloisonnés, le grand cerf d’Irlande, le grand hippopotame, l’ours et la hyène des cavernes; mais aussi. déjà au milieu de la plus grande partie de notre faune actuelle. Il pouvait chasser le cerf ordinaire, le daim, le chevreuil, le chamois, le bouquetin, le sanglier, le cheval et plusieurs espèces de

1. Sir John Lubbock, Les Origines de lu civilisation, traduit de l’anglais sur la seconde édition par Ed. Barbier, 1<373.

ï l’homme tertiaire et l’homme quaternaire

bœufs. L’homme des alluvions a connu le platane, le frêne, le laurier, la vigne et le figuier.

Nous ne savons malheureusement rien de précis sur sa structure générale, ni sur ses mœurs. Il paraît avoir surtout fréquenté les bords des grands cours d’eau comme s’il eût été plus particulièrement pêcheur.

Les traces de son industrie se bornent aux silex taillés à éclats que nous avons mis sous vos veux.

Quant à l 'homme tertiaire, il est encore tout théorique. Nous nous occuperons, vendredi prochain, de I homme des

cavernes.

LES TROGLODYTES

Nous avons vu que les premières traces de la présence de l'homme en Gaule se rencontraient dans les terrains d’alluvion ou diluvium de Cuvier.

Ces traces sont des silex taillés à grands éclats portant généralement le nom de haches. On trouve ces haches dans les couches du diluvium associées à un certain nombre d’espèces éteintes, entre autres, le mammouth, l’éléphant de Sibérie ( Ele plias primigenuis), mais aussi à un bien plus grand nombre d’espèces encore existantes, dont quelques-unes seulement ont quitté le pays.

Plusieurs fragments de crânes découverts dans le diluvium, deux surtout, sur l'authenticité desquels les anthropologistes sont d’accord, ont permis à MM. de Quatrefages et Hamy, de reconstituer ( I ) ce type primitif auquel ils ont donné le nom de race de Canstadt.

Nous avons vu que les traces de ces premiers occupants du sol ont été signalées principalement, dans les alluvions de la

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