‹ La Gaule avant les GauloisChapitre 28 sur 121 · Cranin cthnicn, p · texte numérisé non relu

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2 Ibid.

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naissons, avec un volume d’eau qui s’abaisse jusqu’à se rapprocher presque de celui des cours d’eau de nos jours.

Parmi les cavernes occupées par l’homme, il en est qui sont à quelques mètres seulement au-dessus du niveau de nos rivières.

Cependant les grands mammifères, pour être rares, ne sont pas complètement éteints. La faune est, en grande majorité, la faune actuelle. Mais le renne, dont les troupeaux ne se retrouvent plus, de nos jours, que dans l’extrême nord, y abonde, et quelques autres animaux septentrionaux l’accompagnent.

C’est l'époque du renne des paléontologistes et surtout dos préhistoriens. Gardons la dénomination puisqu’elle est consacrée, mais n’en lirons pas la conséquence que le climat était alors très froid et que nous avions, en Aquitaine, la température du Groenland ou de la Laponie. Vous avez vu que, même à l’époque glaciaire, la température de nos vallées était loin d’être la température des pays septentrionaux. Or à l’époque du renne les grands glaciers s’étaient retirés depuis longtemps. Une «les grottes habitées, une des plus intéressantes, la

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grotte de Gourdan près Montréjeau, est située sur l’emplacement de l’ancien glacier. Une autre grotte, la grotte d’Auren-

(Musée de St-Oermaiu.)

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san, si bien explorée par K pasteur Frossard, louche à liagnères-de-Bigorre.

Que le climat ail élé plus ou moins rude, un fait esl certain : les peuplades qui occupaient alors les vallées de la Vézère, de la haute Garonne et du gave de Pau avaient des loisirs, formaient une sorte de société organisée en tribus ou en familles, et déployaient des talents instinctifs que l’on ne peut s’empêcher d’admirer.

Cependant nous ne trouvons dans leurs cavernes aucune trace de métal. Leurs instruments sont tous en pierre ou en os, surtout en silex qu’ils ne se donnent même pas la peine de polir.

Ils laissent s’accumuler dans leurs tanières et y pourrir la chair des animaux qu'ils ne consomment pas. Leurs demeures sont de véritables charniers. Ils semblent être par là au dernier degré de la sauvagerie, et, cependant, ils ont le sentiment des arts très développé. Problème curieux, rempli de mystère, qui peut donner lieu à mille réflexions, mais qui s’appuie sur des faits parfaitement constatés. •

Je veux vous montrer avant tout, ce dont ces sauvages étaient capables. Les originaux, moulages et dessins que je vous apporte ont élé choisis intentionnellement dans diverses collections, parmi les produits les plus remarquables de ces premiers artistes nationaux.

Examinez, d'abord, avec attention, la représentation gravée à la pointe, sur un os de renne, d'un renne broutant. Celte remarquable gravure, qui appartient au musée de Sehaaffouse (Suisse), a été découverte à Tbaïngen dans une caverne, non loin du lac de Constance (fig. 1 1).

Le renne est représenté debout, la tète légèrement inclinée vers la terre et dessiné avec une délicatesse de lignes extraordinaire (1), avec une connaissance plus extraordinaire encore des formes de l'animal.

1. La gravure ci-dessus a élé exécutée d’après un moulage développé par M. Abel .Maître à l’aide de la gélatine, elle permet de se rendre un compte exact de la perfection du dessin.

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Un naturaliste seul, ou un homme toujours en présence île ce cervidé a pu rendre avec celle expression ses allures et ses formes.

Vous pouvez d'ailleurs en juger vous-mêmes. Comparez le renne de Thaïngen avec les calques de renne pris dans les ouvrages de Frédéric Cuvicr(l), de Richardson (2), Schreiber(3), qu’un membre de l’Académie des sciences a bien voulu choisir pour moi parmi les figures de renne les plus parfaites. — De quel côté est la plus grande exactitude? H serait difficile de le dire.

Remarquez surtout les palmes dentelées du renne des cavernes, particularité généralement ignorée. Voyez avec quelle perfection elle est rendue sur notre bois de renne ! Le dessin emprunté à Schreiber n’est certainement pas plus saisissant; ce sont là des détails qu’un faussaire n’inventerait pas.

Des Alpes passons aux Pyrénées.

Jetez les yeux sur les tètes de gazelles, gravées également sur un andouiller de renne découvert par M. Pietle dans la caverne deGourdan près Monlréjeau, au confluent de laNeste et de la Garonne. — Quelle précision, quelle linesse de louche (4) !

Les gravures recueillies par Édouard Lartet dans les grottes et ahris du Périgord, bien qu’un peu plus grossières, n’en sont pas moins de petits chefs-d’œuvre. Témoins les figures 3, 4, o, 6, 7, 8a et 8b de la planche H, série R, des Heliquiæ aquitanicæ (o), que je mets sous vos yeux.

Les nos 8 et 8>> représentent les deux faces d’un os sur lequel sont gravés d’un côté deux tètes de ruminants de race bovine, de l’autre deux tètes de cheval, un serpent et un homme debout, mais, chose bizarre, beaucoup moins bien rendu que

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