Zoologie, pl. ccxlviii
4. Nous ne pouvons donner le dessin de celte pièce qui n'a pas encore ete publiée par M. Pielte.
5. Fig. 3, 5, 7, 8 a, abri de la Madeleine ; 4, grotte des Kvzies ; G, abri de Laugerie-Basse.
LES TROGLODYTES
les animaux. Le bois ligure 6 avec ses gravures de chevaux et de rennes, pl. Vil et Vlll de la même série 11, n’est pas moins remarquable (1).
.Vos artistes des cavernes ne gravaient pas seulement, ils sculptaient.
Le poignard de Laugeric-Basse manqué et abandonné avant d’être achevé en est une preuve convaincante (lig. \2).
Fig. 14. Palme de bois de remie portant gravé un animal armé de cornes. (Abri sous roche de Laugeric-Basse, Dordogne.)
« Ici l'ouvrier ou, si l’on veut, l’artiste, dit Éd. Lartet dans son lumineux rapport, a fait preuve d’une réelle habileté en adaptant les formes animales sans trop les violenter, aux nécessités du maniement usuel de l’arme. Les jambes de derrière sont allongées dans la direction de la lame : celles de de\ant sont repliées sans effort sous le ventre. La tète armée de cornes ramées a son museau relevé de façon à faire
1. Voir plus loin fig. 14 et 15 d'autres spécimens de gravures analogues sur os et fig. 18 sur plaque de schiste.
LES TROGLODYTES
retomber les cornes sur le côté des épaules, où elles s’appliquent sans gêner aucunement la préhension du manche par une main très petite, plus petite que d’ordinaire dans les races actuelles de l’Europe centrale, et dont la paume vient se loger dans la concavité formée par l’encolure, le dos et la croupe de l'animal...
Fig. 13. l*aluie <le bois de renue portant gravé 1 arrière-train d un ruminant. (Abri sous roche de Laugerie-Basse, Dordogne.)
u La brièveté des oreilles et la grosseur comparative de l’encolure désignent cetle sculpture comme un renne. De plus
LES TROGLODYTES
l’artiste, avec ou sans intention (1), a laissé subsister sur le col île l’animal une saillie en crête mince et déchiquetée sur son bord, laquelle simule assez bien la loufl'e de poils que l’on remarque ordinairement dans celte partie chez le renne mâle, et qui ne se retrouve pas dans le cerf élaphe. »
Que dire des deux rennes sculptés en ivoire de la collection l'eccadeau de Lisle et provenant des abris sous roche de Bruniquel (abri de Lafaye), en Tarn-et-Garonne ? Ici l’artiste n’était pas gêné et les bois du renne ont leur développement complet (2).
.1 e ci terai également l’éléphan t grossièrement sculpté recuei 1 1 i dans la caverne de Montastruc, près Bruniquel. 11 faut voir celle série de représentations au musée de Saint-Germain (3).
Les instincts artistiques étaient tellement développés chez les peuplades aquitaniennes quelles donnaient, par un penchant évidemment irrésistible, une forme élégante à tout ce qu’elles touchaient. Les llèches et les harpons barbelés des grottes de la Madelaine et des Eyzies sont travaillés avec coquetterie (fig. 13, 16, 17 et 19).
Un instrument qu’Édouard Lartel suppose être une cuiller à moelle (4) porte des ornements en relief disposés symétriquement et d’un très bon goût.
D'autres pièces ont dû servir d’objet de parure personnelle ou, si l’on veut, d’amulettes, telles sont des dents de bœuf percées de deux trous à la racine et des dents d’ours sur lesquelles sont représentés divers animaux (5). Ces dents devaient faire partie d’un collier.
Nous ne devons pas oublier ce qu’on est convenu d’appeler les « bâtons de commandement, » sur les débris desquels se
1. Pourquoi sans intention? On reconnaît bien là la nature si complètement scrupuleuse de Lartet.
2. Ces sculptures n’ont pas encore été publiées : on peut en voir des moulages au musée de St-Germain, salle 1, vitrine n° 31.