‹ La Gaule avant les GauloisChapitre 3 sur 121 · FAITE LE 8 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

FAITE LE 8 DÉCEMBRE

a l’école du louvre

Le cours dont la bienveillance de M. le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts a bien voulu nous charger près l’Ecole du Louvre, sur la proposition de notre excellent directeur, M. Louis de Roncbaud, est une innovation. Aucun établissement d’instruction publique en France, du moins, n’avait été doté, jusqu’ici, d’un cours à’ Archéologie nationale.

Le cours d’archéologie près le Cabinet des médailles antiques créé pour Millin en 1806, était et est resté un cours à’ Archéologie grecque et romaine. Le cours du Collège de France, créé pour Champollion en 1831, un cours A' Archéologie égyptienne, caractère qu’il a perdu un moment seulement et qu’il a repris, avec de Bougé et M. Maspero (1). Le cours de la Sorbonne, si bien placé entre les mains de mon confrère et ami, M. Georges Perrot, est un cours d’ Archéologie générale. On y étudie l’histoire de l’art. — Le cours d’Archéologie professé depuis 1847 à YKcole des Chartes, avec tant d’éclat, par le regretté Jules Quicberat était, avant tout, un cours A' Archéologie monumentale . L’époque romane et le moyen âge étaient son domaine exclusif.

1. M. Révillout vous a dit que Champollion avait d'abord professé cinq ans au Louvre, comme nous allons le faire.

DISCOURS D’OUVERTURE

Appliquer les documents archéologiques à l’histoire nationale, faire de l’archéologue un auxiliaire de l’historien, est une idée qui aurait probablement provoqué un léger sourire sur les lèvres de nos pères.

L’archéologie ainsi comprise est, en effet, une science nouvelle, une science en voie de formation, une science naissante.

Cette jeune science, ou pour mieux dire celle branche nouvelle de la science a fait, il est vrai, depuis vingt-cinq ans, d’immenses progrès, la bouture est devenue une branche chargée de fruits.

h' Archéologie historique, permettez-moi l’expression, n'a pas aujourd’hui seulement de nombreux adeptes, elle a ses musées et ses publications : elle va avoir son enseignement.

Nous sommes loin de l’époque où les archéologues, les antiquaires, comme on disait, obéissaient exclusivement à des préoccupations d’art et de curiosité. L’archéologie, pour vous comme pour moi, sera un complément, tin accroissement de l’histoire.

Tel est l’esprit qui doit présider au développement de noire enseignement.

Le cours portera, celte année, sur les époques les plus reculées de notre histoire.

Nous aborderons l’étude de la Gaule au moment même où la présence de l’homme dans nos contrées est signalée par des indices certains, bien avant qu’aucun historien ait prononcé le nom de notre pays. Nous appliquerons à la connaissance de ces époques lointaines les données archéologiques et paléonlologiques recueillies jusqu’à ce jour. Nous gagnerons, ainsi, peu à peu, les temps éclairés de la lumière de l’histoire, pour lesquels Y Archéologie nous sera encore du plus grand secours. Nous nous arrêterons au début de l’ère dite Mérovingienne. Notre limite extrême, vers les temps modernes, sera la mort de Clovis (1).

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