Reliquiæ Aquitaniæ, B. PI. V, fig. G
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trouvent nos plus beaux dessins et qui, avec leurs trous plus ou moins nombreux, percés dans un but que nous ignorons, mais qui parait loin d’être indifférent, devaient jouer un certain rôle dans la vie des chefs.
Vous me demanderez, messieurs, quels étaient les outils de cette époque. Ces outils, Edouard Lartet et ses émules les ont retrouvés. Ce sont des outils en silex, uniquement en silex ou des outils en os de mammifères ou d’oiseaux. Les outils eu silex consistent en de minces lames détachées de nucléus que nous retrouvons également ; ils ont un tranchant très lin, quelques-uns des pointes très acérées (lig. 2o). Il en est qui sont entaillés en forme de petites scies. On se fait difficilement idée de l’habileté de main de certains sauvages ; les sauvages du Périgord ne le cédaient en rien aux plus habiles de ces sauvages modernes. Sans autre secours que ces lames en silex, ces primitifs couteaux, canifs ou scies, ils détachaient de la surface des os de renne de petites esquilles qu'ils transformaient, avec une merveilleuse adresse, en poinçons et en aiguilles à chas qui font supposer un travail de coulure très délicat (1).
Ne sont-ce pas là des populations intéressantes?
Ou elle pouvait être leur importance numérique ? Sur quels points précis du territoire les rencontrons-nous? Je ne puis vous donner ici un relevé exact. Ce relevé, fort difficile à faire, car il est très délicat de classer les cavernes, a été commencé par la commission do géographie historique; le docteur Ernest llamy y travaille. La carte des cavernes habitées suivra de près la carte des gisements à silex taillés, des alluvions (2 dressée par le même auteur, mais il ne faut pas se presser.
Aucun critérium n’existe en effet jusqu’ici qui permette
1. Cf. Louis Lartet et Chaplain buparc, Sur une sépulture îles anciens Troglodytes des Pyrénées, superposée à un foyer contenant des débris humains associés à des dents sculptées < le lion et d'ours (Mat. pour l’histoire de l’homme, 1874 , p. 102-107), et dans les Hclüpiiiv [yuitaniæ la charmante et spirituelle dissertation d’Edouard Lartet sur les aiguilles.
2. Nous espérons pouvoir la présenter avant la fin de cette année.
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de classer les cavernes avec certitude. Un a cherché à s'appuyer sur la faune, puis sur le travail du silex.
Sans doute les cavernes où dominent les ossements du grand ours et du mammouth peuvent ajuste titre passer poulies plus anciennes; mais le renne et le cheval coexistaient avec le mammouth et Tours des cavernes. L’abondance relative de tel ou tel animal, peut donc seule servir de guide. Ce guide est d’ailleurs bien incertain (1).
La classilication basée sur les caractères et sur le travail du silex est encore bien moins sûre. On peut dire d’une manière générale, il est vrai, que tel type est plus ancien que tel autre, sans toutefois que cet ordre chronologique soit absolu; mais chacun de ces types a subsisté bien après l’introduction, dans l’usage, d’un type nouveau. Dès lors il perd, dans les cas particuliers, son caractère de signe déterminatif d’une époque.
A vrai dire, on ne peut se prononcer qu’en groupant ensemble plusieurs de ces caractères impuissants à donner isolément la solution du problème.
Quand une caverne offre à l’observateur des ossements de renne ou d'autres animaux émigrés en grande abondance, associés à des couteaux, et à des grattoirs en silex, à des instruments en os et en bois de cervidé, on peut être certain que l’on est en présence d’une caverne ayant été habitée par les hommes du renne. L’absence du renne, comme à Menton, la présence de quelques dents d’éléphants, d’ours ou de rhinocéros, comme dans plusieurs cavernes du Périgord, ne peuvent prévaloir contre ces trois données: abondance d’ossements d’animaux émigrés, silex taillés, en forme de couteaux et de grattoirs, instruments en os.
D’un autre côté, l’absence de ces caractères, la présence d'os du mammouth ou du grand ours, si surtout la caverne contient des haches du type de S t-Acheul et d’Abbeville, constitue
1. Voir, à cet égard, les réllexions très justes de M. de Mortillet dans sa Classification des diverses périodes de la pierre (communication faite au Congrès de Bruxelles!.
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une forte présomption que l’habitat remonte à une période plus ancienne.
C’est ce que pensait Edouard Lartetqui écrivait à propos de la grotte du Moustier, les lignes suivantes (1) :
« Le caractère le plus distinct de la grotte du Moustier
l'if?- Portion île brèche osseuse, avec fragment de harpon barbelé (Grotte des Evzies. Dordogne.)
ressort de la forme et des dimensions comparatives des armes et outils en pierre que nous y avons recueillis en très grand nombre. La nature des silex mis en œuvre a aussi quelque chose de particulier, et si l’on devait établir une distinction chronologique entre les diverses stations de l'Age de la pierre dans le Périgord, c’est assurément sur la considération des silex du Moustier que l’on pourrait s’appuyer.
« On y retrouve, en effet, plusieurs des tvpes fréquem-