Ils n’avaient pas plus de poterie que nos Troglodytes
LES TROGLODYTES
vos yeux, l’un emmanché en bois, l’autre monté en ivoire (1). — Aprèsquoi elles les frottaient de graisse et de frai de poisson; puis les foulaient à tour de bras. Elles se servaient pour coudre de nerfs de quadrupèdes, d'os pointus et d’aiguilles faites d’arètes de poisson, comme dans le Périgord. »
Dans la troisième section de l’ouvrage précité (2), est une curieuse description des habitations de ces tribus hyperburéennes.
« Leurs habitations [ouliaa) sont des tanières souterraines ressemblant à celles des Kamtchadalcs et des Groenlandais. Un ouliaa a une longueur de dix à cinquante brasses, une largeur de trois à cinq et une profondeur d’environ une brasse et demie. Il est divisé en compartiments au moyen de perches. Il y a un ou plusieurs foyers.
« Quelques-uns de ces caveaux contiennent cent, deux cents et même trois cents personnes. Il en est aussi qui passent leur vie dans des antres de rochers ou dans des cavernes qu’ils tâchent d’arranger aussi bien qu’ils peuvent avec du bois llotté, des peaux et des nattes. »
Ne retrouve-t-on pas, ajoute M. Louis Lartet, dans de telles manières de vivre toutes les conditions d’existence que nous révèlent les restes de foyers et de repas de nos grottes de l’àge du renne. Nous avons constaté dans les traces laissées par les chasseurs de renne de la Dordogne et des Pyrénées non seulement l’indication du même genre de vie, mais encore l’existence des mêmes armes et des mêmes instruments, la tlèche, le poinçon, le lissoir en os et le grattoir de pierre des femmes d’Esquimaux.
Rien plus, le goût des arts du dessin, le besoin d’orner les objets d’usage domestique n’est pas plus étranger aux Hyperboréens modernes qu’il ne l’était aux Troglodytes d’Aquitaine. Les reproductions d’animaux gravés ou sculptés sur bois ou sur ivoire de morse (3), œuvres des Esquimaux et