Vuir au Musée de Saint-Germain l'Album du Morbihan
LES MONUMENTS MÉGAL1TIQUES
lig. 36. Tuinulus de Kergonfals, cou[)e et élévation.
Fig. 36 bis. Tumulus de Kergonfals, plan.
P>g. 37. Allée couverte de Kercado.
LES MONUMENTS MÉGALITHIQUES
l'érection de mégalithes; la rareté ou l’abondance de la terre végétale, mais aussi le caprice des chefs de tribu s'opposaient à ce qu’il existât à cet égard de règle absolue.
Pénétrons dans un de ces beaux tumulus, véritables collies artificielles (1), à la suite de M. René Galles.
Je choisis le Mané-Lud, qui semble, plus que tout autre, avoir conservé la trace des cérémonies imposées par le rite funéraire.
1 . Le mont Saint-Michel en Carnac sert de soubassement à une petite église qui n’en occupe qu’une toute petite partie. On peut juger par là de la dimension de quelques-uns de ces tumulus.
LES MONUMENTS MÉGALITHIQUES
Ecoulons le rapporteur des fouilles :
« Le Mané-Lud est si original, écrit .M. Koné Galles (1), que j’aurais pu me croire transporté à un autre temps, chez un autre peuple que celui de nos mégalithes ordinaires. Je mettais au jour, à chaque coup de pioche, un ordre défaits tout nouveau; je découvrais le théâtre d’antiques funérailles dont le sol conservait des traces sensibles.
« Le Mané-Lud, on le sait, forme une butte artificielle très allongée, quatre-vingts mètres de long sur cinquante de large et remarquablement liasse, cinq mètres cinquante seulement d'élévation (fig. 39).
« J’en décrirai l’intérieur dans l’ordre de mes fouilles, dont le point de départ était à l’extrémité orientale du tumulus.
« A dix mètres je rencontre un alignement curviligne de petits menhirs juxtaposés (fig. 39, G) de quarante à cinquante centimètres de hauteur et noyés à quatre mètres cinquante, au-dessous du sommet, dans les vases desséchées qui forment la lombelle. Cette ligne de pierres avait douze mètres d étendue.
« Sur chacune des cinq pierres debout formant l’extrémité nord nous avons trouvé le squelette d’une tète de cheval.
« Une seconde rangée de pierres, parallèle à la première (2) (fig. 39,11) et formant avec elle une sorte d’allée, en différait en ce que ses éléments, au lieu de se toucher, étaient séparés par des intervalles de six mètres environ.
« A partir de cet alignement, notre tranchée, en s’avançant vers l'ouest, a trouvé le sol naturel recouvert d’une couche de pierres sèches s’étendant sur une épaisseur de quarante centimètres dans toute l’étendue, d’une surface à peu près ovale, longue de quarante mètres et ayant dix-huit mètres de largeur moyenne (3).