Congrès de Norwich, p
3. L’inconvénient des systèmes absolus éclate, ici, clairement.
LES .MONUMENTS MÉGALITHIQUES
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sation, en Europe, je n’ai cessé île le répéter, sont une illusion née dans l’esprit de certains géologues, portant dans l'étude d’une autre science «pie la leur, l’archéologie, science sociale et historique , les procédés et les méthodes de leur science favorite, où la régularité des phénomèmes est indiscutable. Un grand pays, surtout dans les temps primitifs, ne se transforme pas, tout d’un coup, comme un décor d’opéra, par l'effet d'un changement à vue. L’expérience nous apprend <|ue la civilisation ne pénètre pas sans lutte dans les pays nouveaux. Les indigènes y conservent longtemps leurs mœurs. Les uns sont déjà gagnés au progrès quand les autres, se réfugiant dans les montagnes, ferment encore les yeux à la lumière. Combien, de nos joui’s, ne voit-on pas de peuplades en contact, sur les côtes, avec les nations les plus civilisées, leur empruntant quelques rares objets de toilette ou de luxe, ne rien changer au fond à leurs vieilles coutumes, même à leurs armes grossières. Les hommes de race supérieure diraient plus qu’ils n’attirent les sauvages.
Ces réflexions sont applicables à la Gaule primitive. Nous aurons souvent, dans le cours de ces leçons, l’occasion de le constater.
Mais revenons à nos hommes des dolmens. De quel point du globe pouvaient-ils venir? quelle a été leur aire de développement? où celte architecture funéraire si spéciale a-t-elle pris naissance ? combien de temps a-t-elle duré ? à quelle époque a-t-elle pris lin ? Ces questions, je sens que, tacitement, vous me les posez vous-mêmes.
Je vais essayer d’y répondre.
Je n’apprendrai rien à la plupart d’entre vous si je leur dis que l'aire (l’étendue géographique) des monuments mégalithiques s’étend presque sans interruption, sans lacune, des rivages de la Norvège et de la Suède, tout le long des côtes de l’Europe occidentale, jusqu’aux plages de l’Afrique seplenrionale, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie.
Jetez les yeux sur la carte de l'Europe ici présente. Suivez du regard les teintes rouges qui représentent les régions à
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LES MONUMENTS MEGALITHIQUES
dolmens, la liste en est longue. Vous passerez de la Scanie en Danemark, du Danemark en Meklembourg et en Hanovre. Se présentent, ensuite, les côtes de France, la Normandie et la Bretagne, les îles de Jersey et de Guernesey. En Angleterre, le pays de Kent, le NVillschire, les Cornouailles, le pays de Galles, l'île de Man , les côtes orientales et occidentales de l’Irlande. Puis redescendant au sud, l’ancienne Armorique, les côtes du Poitou cl de la Gascogne et, aux extrémités de la terre habitable, comme auraient dit les anciens, les côtes du Portugal.
Tracez, maintenant, une ligne idéale qui, partant de Marseille, longe le Rhône et la Saône, pour gagner Ghàlons, en Champagne, puis de là s’infléchir à l’est vers Berlin, vous aurez à peu de chose près l’aire géographique des dolmens, le champ très nettement délimité où s’est exercée, en Europe, l 'activité des populations à sépultures mégalithiques. En dehors de cette zone, nous n’en retrouvons, en effet et en petit nombre (1), qu’au pied du Caucase.
Il y a là, messieurs, des données bien précieuses pour nous.
Cette distribution géographique des monuments funéraires mégalithiques en Europen’est, en effet, ni le résultat du hasard, ni la conséquence, comme quelques personnes l’ont cru, de la nature du terrain qui aurait fourni aux constructeurs des matériaux tout préparés pour leur œuvre. 11 y a là une pensée religieuse maîtresse, poursuivie sur plusieurs points très différents de cette grande zone, avec des caractères si spéciaux et si particuliers que le fait d’une origine commune nous paraît pouvoir difficilement être contesté ! Vous allez en juger vous-mêmes.
J’ai réuni sur une même feuille plusieurs monuments dont vous pouvez constater, au premier coup d’œil , la ressemblance.
1. Il s’agit toujours fie l’Europe. Voir la carte des dolmens, salle II au musf'e de Saint-Germain et les planches IV et V de noire Archéologie ccllitjae et gauloise.
LES MONUMENTS MEGALI TUIOUES
Or le n° 1 (fig. il) est un monument (le la Scanie (Suède) ; le n°2 un monument de l’Algérie (lig. 42), le n°3 un monument du
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Fig. 42. Tumulus-dolmeu de la province de Coustautiiie (Algérie). Plan et élévation.
département de l’Aveyron (France) (1). Ces monuments ne semblent-ils pas élevés par les mêmes mains ? L’existence de