I-A CAUKH MKHOVINCIKNNE
prcndro iiiic idt'c des inonumciils de la (iaido aux Vl' cl VII'' sic'clcs.
L'arc liilcclurc, qui avait prodiiil sous la domination romaini» de si superbes édifices, ne fut pas délaissée a|)rès r(''lablissenient des Barbares en fîaule. Cependant les villes étaient déchues de leur ancienne S[)len(li'ur. Les invasions répétées du IIL' au V" siècle avaient singulièrement' endommagé les édifices de la Gaule.
Les temples, les tombeaux, les thermes, les arcs de triomphe édifiés ])ar les Romains dans les cités avaient été en grande partie ruinés. Les besoins de la défense avaient même obligé les habitants des villes, au lien de réparer leurs édifices, à les détruire et à les réduire en matérianx propres à la construction de puissantes murailles. Par suite de la diffusion du chris- 99. - chapiicau do la Hia-ioiic Saint- tianismc, Ics tcmplcs avaient
Laurent à Grenoble. ^^^ abandonnés, et si qucl-
((ues-uns avaient été convertis en églises, nn plus grand nombre avaient été détruits.
2. Les églises. — 11 n'y a plus à ré])oque mérovingienne qu'une seule espèce d'édifices i)ublics, les églises. De toutes parts au V" siècle on avait bâti des églises. Ce mouvement de construction de monuments religieux avait continué au VP siècle ; on élevait des églises dans les cités, dans les campagnes, sur les toud)eaux des saints. Les évoques rivalisaient de zèle architectural; ils m(dlaient leur gloire à dotei- leurs diocèses de nombreuses <'glises; c'était à qui d'entre eux élèverait les j)lus vastes et les |)lus richemeul (b'cori'es. Les
rois mérovingiens firent eux aussi construire des églises. Les grands suivaient leur exemjde, et de riches personnages consacraient leur fortune à l'édification des temples chrétiens. Enfin les moines contribuèrent autant que personne au développement de l'architecture religieuse ; un monastère comprenait de vastes bâtiments groupés autour d'une basilique.
On distinguait plusieurs sortes d'églises. Sous le nom iVec^ clesia, on entend d'ordinaire une église cathédrale, l'église de la cité, celle qui est le siège de l'évêque. On réservait le nom de basilique aux églises non épiscopales élevées sur les tombeaux des martyrs ou pour recevoir les reliques des saints. Il y avait en outre de plus petits édifices qualifiés oratoires.
Parmi les monuments religieux les plus célèbres construits du V" au VIP siècle, il faut citer en première ligne la basilique de Saint-Martin de Tours, élevée par l'évêque Perpetuus vers 470 à la place d'une petite construction en bois qui, jusqu'alors, avait abrité le tombeau du saint. Le même Perpetuus avait doté d'églises les bourgs de son diocèse : il en avait édifié à Balesmes, à Barrou, à Esvres, à, Mougon et continué l'œuvre de l'évangélisation des campagnes commencée par saint Martin. Au milieu du V siècle, l'évêque de Clermont, Namatius, construisit dans sa ville une église épiscopale que du temps de Grégoire de Tours on admirait
Fig. 100. — Plan de la basilique Saint- Apollinaire in classe à Ravenne, terminée en 549.
l-A GAULE MEROVINCIENNK
«'iicore commo runc des plus ^raiulrs cl des plus belles de la Gaule.
De tant d'édifices sacres élevés du V au VU' siècle, pas un seul ne subsiste. On sait leur emplacement, mais ils (tnt été incendiés et reconstruits à |)lusieurs re])i'ises, et généi'alement sur un plan plus vaste, toujours selon h; mode
Fij;-. 101. — Coupe transversale de la basilique Saint-Apollinaire in classe fi Ravcnne.
de construction en usage à ré|)oque de leur réédification. Cependant nous [)ouvons dire l'aspect que présentait une basilique mérovingienne, non seulement parce que Grégoire de Tours et Fortunat nous ont laissé à ce sujet quelques renseignements, mais parce que les édifices chrétiens de la Gaule ne différaient pas ess(Miliellement de ceux qu'on élevait à la même époque à Rome, à Uavenne, en Afrique, en Syrie, et même en Egypte, et dont un grand nombre à peine modifiés à travers les âges, ou |tartielleinen( ruinés et abandonnés, sont encore debout.
Une grande église, que ce fût une église épiscopale ou une basilique, affectait ordinairement un plan rectangulaire ou cruciforme. L'intérieur était divisé en trois nefs séparées les unes des autres par deux rangées de colonnes ; la nef centrale était ])lus large et plus élevée que les nefs latérales ou bas-côtés. La nef était fermée à l'orient, c'est-à-dire à l'extrémité opposée à la façade, par une abside voûtée en cul-defour, flanquée de deux absidioles correspondant aux bascôtés. Il y avait même des églises qui possédaient une abside à chacune de leurs extrémités. Quelques grandes églises avaient cinq nefs.
L'église était précédée d'une cour appelée atrium, entourée de portiques; au centre, une vasque fournissait de l'eau aux fidèles pour leurs ablutions avant d'entrer dans l'enceinte sacrée. Sous les portiques les pénitents se tenaient, attendant que l'entrée du temple leur fût permise ; là aussi s'entassaient les malades qui sollicitaient du saint leur guérison. La façade de l'église était percée d'une seule porte, quelquefois de trois, c'est-à-dire une porte pour chaque nef; dans les églises à cinq nefs qui étaient exceptionnelles, cinq portes donnaient accès à l'intérieur. Au-dessus des portes, le mur de laçade était percé d'une ou plusieurs fenêtres.
L'église se signalait de loin par une tour posée soit en avant de la façade, soit sur le côté, et séparée du reste de la construction. Il semble même qu'on ait déjà à cette époque élevé parfois une tour au centre de l'édifice. Ainsi Fortunat décrivant l'église de Nantes, dit qu'au milieu une tour se dressait dans les airs, carrée à sa base et couronnée par une sorte do lanterne ronde.
Le toit de l'église était recouvert de lames d'étain ; c'était du moins le cas pour la basilique de Saint- Vincent qu'avait fait construire Léonce de Bordeaux et pour l'église de Nantes réédifiée par l'évoque Félix.
Les murs étaient construits en blocage revêtu d'un petit