‹ La Gaule mérovingienneChapitre 20 sur 28 · I.A (iAUI,E MÉROVINT.IEN.M · texte numérisé non relu

I.A (iAUI,E MÉROVINT.IEN.M

appareil de j)i('i ivs de (aille, coupé à diverses haiileiii'S par des eordons de l)ri(jiies. Ce syslèmc de constriietioii persista jusqu'à l'époque eiirolingienne.

Dans la plu[)art des églises, la nef centrale était seule percée de fenêtres. Quelques grandes églises avaient une tribune qui s'ouvrait par des arcades percées dans les murs

latéraux de la grande nef. Dans ce cas les fenêtres étaient reportées au-dessus de la tribune. Ces fenêtres étaient fermées de plaques de marbre découpées en treillis ; les vides étaient remplis de petites vitres, souvent faites de verres de couleur. Dans les églises ])lus simples, les verres étaient retenus

Fi^■. 102. — -Chapiteau de la chapelle Saint-Laurent par dcS chàssis dcbois.

^'Gycmhic. Pj^jIj^ j.^ charpente

(Hait apparente, ou bien cachée soit par un plafond caissonué, soit par une voûte en berceau.

3. La décoration ijitérieure des éfjUses. — Les murs étaient revêtus de marbres de toutes couleurs, de peintures ou de mosaïques, rehaussées d'un or éclatant. Ces i)eintures, qui retraçaient soit des scènes des Écritures saintes, soit des scènes empruntées à la vie du confesseur auquel l'église était consacrée, formaient comme le livre des illettrés. La femme de l'évêque Namatius ayant fait élever dans un faubourg de Clermont une basilique en l'honneur de saint Etienne, dirigea elle-même les peinti'es chargés de la (h'corer; tenant à la main un livre des Ecritures, elle leur indi(iuait ce qu'ils de-

vaient représenter. Dans labasilique de Saint-Martin, àTours, une fresque montrait le Christ marchant sur les flots et tendant la main à saint Pierre : allusion symbolique à un miracle accompli par la puissance de saint Martin qui, un jour que les fidèles traversaient la Loire pour se rendre à son tombeau, avait apaisé le vent qui soulevait les flots et menaçait d'engloutir les pèlerins.

Le sol était recouvert de mosaïques. En 1863 on a retrouvé à Thiers en Auvergne des débris du pavement de la petite église que l'évêque Avitus avait fait élever vers 575 sur le tombeau de saint Genès. Elle représentait des quadrupèdes et des oiseaux '. Le fond était constitué par de petits cubes de pierre blanche ; les corps des animaux étaient formés de cubes de pierre noire de même dimension ; les arabesques et les ornements se détachaient en blanc sur fond noir ; quelques pierres rouges, bleues et vertes avaient été employées à dessiner des rosaces. Il est notable que l'œil d'un oiseau était marqué au centre d'un grenat. Nous avons emprunté à cette mosaïque l'image d'un lion particulièrement intéressante. On remarquerai! la naissance de la cuisse postérieure la figure d'une étoile ; ce n'est pas là une simple fantaisie d'artiste ; la présence de cet ornement permet d'affirmer que le lion de la mosaïque de Thiers procède ])lus ou moins directement d'un prototype oriental. Les lions gravés sur les monuments sassanides, spécialement sur une coupe du Musée de l'Ermitage et sur une aiguière du Cabinet des Médailles, portent eux aussi une étoile, placée sur la cuisse antérieure. Autre fait à remarquer : les tresses qui figurent ici la crinière du lion sont une imitation grossière des crinières tressées des lions de l'art oriental.

De nombreuses inscriptions se développaient sur les murs : c'étaient des sentences tirées des livres saints, des ])oésies

1. Nous devons la connaissance de cette intéressante mosaïque à M. G. Jacqueton qui a bien voulu nous en donner des photographies.

m riioniunir des saints. Los iiisci'iplions de la basilique de Saint-Mai-liii dont le texte nous a été conservé, célébraient la vertu du sîiint et sa puissance, rappelaient aux fidèles le respect dû au lieu de sa sépulture. On lisait dans l'abside les paroles de Jacob : a Lieu redoutable, temple de Dieu et vraie porte du ciel », et près du tombeau : « L'àme du saint est

Fiy. iUo. — Lion d'uno mosaïiiue du Saint-Gonès à Thiers.

dans la main de Dieu, mais lui-même est présent ici par la puissance de ses miracles. »

De riches tentures tombaient de toutes ])arts ; on en accro- <hait aux voûtes ; d'autres recouvraient les tombeaux ; il y eu avait dans lesentre-colonnements ; d'autres pendaient aux fenêtres et aux i)ortes. Un long rideau était jeté au travers de la nef devant Fautel. Cette profusion de voiles, jointe à un luminaire abondant, explique les incendies qui si fréquemment consumaient les églises. Des lampes et des cierges brûlaient jour et nuit devant les tombeaux et les images des saints. D'autres, répandus dans les nefs, faisaient scintiller l'or des peintures et des mosaïques, et aussi les couroun(>s de

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