CONCLUSION
A juger la période mérovingienne avec nos idées modernes, elle paraîtrait justifier le sens que l'usage a donné au mot barbare ; il semble qu'il y ait eu alors comme une éclipse de la civilisation. Mais, s'il est vrai que les Barbares ont laissé échapper une partie de l'héritage antique, ils ont d'autre part apporté à la culture générale de nouvelles idées et de nouvelles forces. Le christianisme, triomphant grâce aux armes de la nation franque, a doté une foule d'hommes, jusqu'ici simples unités économiques, d'une personnalité morale, en même temps que les conceptions des Barbares sur les relations des hommes entre eux provoquaient le développement de l'individualisme. De nouveaux groupes sociaux basés sur des affinités naturelles se sont formés : ainsi la vie a été rendue aux provinces affaissées dans l'uniformité factice de l'Empire. Et comme plus tard les nouveaux venus à la civilisation ont peu à peu ressaisi ce qu'antérieurement au VP siècle les hommes avaient acquis à travers les âges, l'entrée des Barbares dans le monde romain, loin d'avoir été pour les sociétés occidentales une calamité, leur a fourni de nouveaux éléments pour reprendre avec plus de vigueur leur
marche incessanl(3 vers le mieux. Car malgré des reculs momentanés et souvent plus apparents que réels, la civilisation se rapproche toujours, quoique lentement, d'un idéal de perfection. Seulement, elle ne s'avance pas tout d'une masse, en ligne droite ; elle s'attarde aussi parfois, elle s'arrête même, comme pour prendre son élan vers de nouvelles conquêtes.
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Avant-propos 1