‹ La Gaule mérovingienneChapitre 27 sur 28 · LA (;AULE MÉK0V1^M.IEN^•E · texte numérisé non relu

LA (;AULE MÉK0V1^M.IEN^•E

somblt'iil aux hticlies niodcrnos, (raiili-<'s uni une lamo cvas(^'o et arrondi»', d'auli-cs (Muoiv une lame IrgÎTcmont courbée.

Le bouclier (dail rond ; sa carcasse, en bois i-ecouvcrl de cuir o[ de lames de métal, élait soulenue par une armature en 1er dont Tumbo, calotte plus ou moins bombée, formait le centre ; à l'intérieur de l'umbo était une j)oignée qui permettait de saisir le bouclier (fig. 23).

21. Les bijoux. Les broches. — Les vêtements, ceux des hommes comme ceux des femmes, étaient retenus à l'aide de broches auxquelles les archéologues donnent le nom de fd^ules, et qui se composent essentiellement d'une l)laque derrière laquelle sont fixés à un bout une épingle mobile, et à l'autre bout un crochet pour retenir cette épingle. Les plaques de fd)ules affectent les formes les [dus variées. Le type le plus ordinaire, en bronze coulé,

Fig. 128. — Cliaincttcs de ^,^1 ^,i|t> {[ctq uh\[Q COUrbéc CU suspension. .,, ^ ,

son milieu, s e[)anouissanten

Fi g. 129. — Angon. Musée de XViesbaden.

une ])laque semi-circulaire de laquelle s'échappent des rayons terminés soit jiar de |)etites boules, soit par des têtes d'oiseaux dont les becs se rejoignent; c'est ce qu'on appelle la iibule à 'rayons ou digilée. On la rencontre dans les tombeaux de tous pays du VI' iHi IX" siècle, depuis la Russie méridionale jusqu'au Danemark. Ces fibules en bronze sont ornées de

dessins au trait, chevrons, spirales, losanges,. cercles, etc., souvent incrustés d'argent. Le cloisonnage tient une grande place dans la décoration des plaques de fibules, et si dans les fd^ules digitées les grenats en table et les verroteries sont sobrement appliqués, il en est tout autrement des fibules à plaques rondes (fig. 124), les plus riches qu'ait produites l'industrie de l'époque barbare. La plupart sont en or et chargées d'ornements cloisonnés, grenats, verroteries rouges et vertes, perles, simples cabochons, quelquefois même camées et intailles antiques (fig. 28) , toutes ces pierres disposées symétriquement, par exemple en croix, et encadrées dans clés filigranes contournés en S, en entrelacs et en cercles.

De la fibule ronde se rapproche celle dont la plaque

représente un carré sur cha- Fig. 130. — Fibule enrichie de grenats et de 1 A , , 1 17 filigranes d'or, trouvée à Jouv-le-Comte.

CUn des cotes duquel s ap- (M^sée de SaiAt-Germain.) ^

plique un demi-cercle (fig.

123) ; l'ornementation consiste en pierres et filigranes. Il y a des fibules en forme de losanges ; d'autres en forme d'S. Celles qui consistent en un oiseau à bec de perroquet ou en un poisson de bronze cloisonné, ne sont pas les moins élégantes.

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Lt'S libiilt's vont ordinairement pur jxiii'e. Deux plaques de

Fi-. 131. — Fibule digitéo trouvée en Hongrie. Musée de Budape?t.

(De Baye, L'art des Goths.)

Fi-. 132. - Fibule dig'ilée trouvée dans l'Aveyron. Musée de Rodez. (De Baye, L'art des Goths.)

fibules du musée d'Arras méritent d'être signalées ; elles

représentent des grifibns découpés dans une plaque d'argent; le cou, le ventre, la cuisse et Taile ont été champlevés pour recevoir des plaques d'or filigranées et granulées ; un ])etit grenat circulaire forme l'œil ; d'autres grenats en table sertis et des boutons de pâte blanche complètent la décoration. Les pauvres gens se contentaient de simples crochets en fer ou en bronze tordu.

22. Les colliers. — La parure se complétait par des colliers, des bracelets et des bagues : c'élaient là des bijoux communs aux hommes et aux femmes. Les ct)lliers les plus

Fig. 133. — Fibule en argent. (Musée d'Arras.)

vulgaires étaient composés de grains de terre cuite de couleurs variées, entremêlés de pierres et de verroteries ; ces grains avaient la forme de cylindres, de barillets, de globules et de perles. Quelquefois, au milieu du collier pendait un petit médaillon de métal orné de filigranes.

Certains colliers consistaient uniquement en une série de plaques métalliques circulaires (%. 55). Des monnaies trouées jouaient encore le rôle d'articles de colliers. Quelques individus portaient au col un globe de cristal de roche maintenu par deux frettes métalliques ; pareille sphère s'est rencontrée, dépourvue de sa monture, dans le tombeau de Childéric; les sépultures de la fï^ région rhénane ont fourni un certain nombre de ces sphères (fîg. 21).

23. Les bracelets. — Les bracelets étaient en or, en argent, en bronze ou en fer, simples cercles non fermés et dont les extrémités sont plus éjpaisses que le reste de l'anneau (fig. 6). Les hommes portaient des bracelets, les découvertes des tombeaux ne permettent pas d'en douter ; ajoutons que

134. — Colliei' de verroterie provenant du cimetière d'Herpès. (Coll. Ph. Delamain.)

sailli Oucii, parluiil do saint Eloi, dit que souvont l'évequo détacha son Ijracclct d'or pour le donner aux pauvres.

24. Les bafjues. — L'usage des anneaux aux doigts était fort répandu. 11 ^ en avait de ti'ès simi)Ies, en bron/.e; d'autres })lus j)récieux, en argent ou en or. Quelques-unes de ces bagues ont des anneaux épais et larges décorés d'ornements gravés, des entrelacs ou des combinaisons de traits contournés en S. Le chaton est ordinairement relié de i)art et d'autre à l'anneau par trois petits globules de métal disposés en triangle ; ou bien encore l'anneau se termine par deux tètes d'animaux fantastiques, dragons ou serpents, qui semblent saisir dans leur gueule le chaton, qui est en métal, ou formé d'une pierre sertie dans un cadre sur lequel on gravait le nom du pos-

Fig-. 135. — Bague de Crodoleiio. (Cabinet des médailles.)

Flg. l.'J6. — Anneau' de Leubacius.

Fig. 137. — Anneau en bronze de Lannoberga trouvé à Alionnes.

sesseur; souvent aussi le seul monogramme du nom occupait le centre, et le nom en toutes lettres se dévelopiiait en légende circulaire. La raison de cet usage est qu'on se servait de ces anneaux j)Our sceller les lettres. La sépulture de Childéric découverte à Tournai contenait un anneau d'or dont le chaton portait en creux le buste du roi entouré de la légende Childeric'i reijis (lig. 25). On conserve

d'autres anneaux avec chaton orné d'une tête dessinée à la façon de celles qui figurent sur les monnaies du même temps. Il y a des bagues qu'on pourrait appeler bagues de fiançailles, sur lesquelles deux noms sont gravés, celui d'un homme et celui d'une femme. Enfin le nom du possesseur était souvent suivi d'une acclamation pieuse, d'un souhait de bonheur ou de vie éternelle. Les monnaies étaient utilisées pour décorer les bagues. Le chaton consiste quelquefois en une petite plaque de métal ornée d'une pierre de couleur ou d'une verroterie (fig. 118). Mais ce qu'on recherchait le plus pour en faire des ornements de bagues, c'étaient les pierres gravées antiques (fig. 35).

25. Les boudes d'oreilles. — Les boucles d'oreilles étaient réservées aux femmes. Elles consistent le plus souvent en un anneau formé d'une torsade de fils métalliques soudés ensemble et portant un polyèdre à facettes plus ou moins nombreuses ornées d'un cloisonnage de verroteries ou de grenats. Ce type de boucles d'oreilles n'était pas propre à la Gaule ; les sépultures de la Hongrie en ont fourni de nombreux spécimens.

26. La céramique et la verrerie. — C'était l'usage de déposer dans les cercueils des vases en terre et en verre ; ainsi nous sont parvenus des produits de la céramique et de la verrerie mérovingiennes. Les vases en terre (fig. 82, 109, 138) sont pour la plupart des écuelles ; la terre est grise ou noire, les parois sont épaisses, la pâte est grossière, l'extérieur est décoré de dessins pj^ ^33 ^.^^^ ^^^ ^^,.,., p,.„,,.

géométri crues, surtout de che- nant du cimetière d'Herpès. vCoU. ^ TVT 1 • Ph- Delamain.)

vrons. ISous sommes lom avec

ces poteries de l'élégance de la céramique gallo-romaine. La

verrerie n'a pas souffert de la même décadence ; les vases en

vorro (fi^. 32, 33, 83, 1 10, 130) recueillis dans l(^s sépiilliiros sont aussi variés et élégants dans leurs formes que ceux de lu période précédente. On fabi-iquait aussi des coupes dans le fond desquelles on gravait des sujets (•lir(''ti(îns. (!itons un plat de verre trouvé à Vermand et sur lequel est ligurée la résurrection de Lazare (iig. 88).

En résumé, Fart mérovingien no nous apparaît pas comme un art isolé ayant un caractère nettement tranché. On ne peut pas prononcer, il est vrai, un jugement absolu sur l'architecture et la sculpture dont il ne reste que des débris insignifiants; mais pour l'orfèvrerie, qui est représentée par de nombreux monuments, on voit bien qu'elle est la même qu'on pratiquait partout ailleurs. Elle a])paraît aussi comme une émanation de l'orfèvrerie orientale et byzantine; par leur décoration, les monuments de l'art mérovingien rappelaient ceux '^-■r?<-' de rOrienl. 11 y eut en somme, quant Fi-. 139. - Vase i-n verre pi-o- à l'aspcct général, uuc grande unité venant du cinu"tuMod-Heri.es. ^\.^J^^ j^^ manifestations artistiques

(Coll. Pli. Dclamain.) ^ i

des diflerents peuples du VP au VIII' siècle. La source de l'art était l'Orient, et spécialenlent Byzance où s'était oi)érée la fusion entre hï monde asiatique et le monde grec et latin ; c'était vers la capitale de l'Empire que se tournaient tous les regards: Byzance avait hérité du [)reslige de Rome. « L'art grec, dit M. Courajod, ' se détachant de sa branche purement européenne et par des combinaisons avec l'art asiatique, est arrivé à produii-e un ensem-

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