VIII PRÉFACE
toutes rédigées, mais éparses dans les fiches laissées par l'auteur. Nous en avons supprimé quelques-unes, qui ne semblent pas aussi exactes qu'elles pouvaient l'être il y a trois ans, avant l'apparition des derniers recueils sur l'épigraphie de la Gaule (la rédaction de ce volume date de 1887). Nous avons remanié quelques citations et renvoyé, pour les inscriptions de la Gaule narbounaise, au recueil de M. Hirschfeld, que M. Fustel de Coulanges n'avait pas eu le loisir d'étudier. Il nous a paru inutile, pour les autres inscriptions, de rappeler sans cesse le Corpus de Berlin, l'auteur ayant désiré faire surtout connaître les recueils, plus accessibles, d'Orelli-Henzen et de Wilmanns. Toutes les additions sont mises entre crochets.
Il eût été facile de développer singulièrement les notes relatives à la Gaule romaine. Les publications récentes, en particulier celles de MM. Hirschfeld et Allmer, offraient, un très grand nombre de nouveaux et précieux matériaux : sur les noms des divinités gauloises, sur les noms de personnes, sur les tribus, sur les colonies, on aurait pu ajouter des dissertations à l'infini. Il est possible que M. Fustel de Coulanges eût remanié une fois encore son volume à la suite de ces publications : on ne nous eu voudra pas si nous n'avons point tenté de le taire, et si nous avons tenu à ne point toucher à la rédaction des noies laissées . par l'auteur, dût-elle, à certains égards, paraître écourtée ou trop ancienne. M. Fustel de Coulanges a écrit lui-iiKMne qu'il ne regardait son œuvre que comme
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provisoire*. En cela d'ailleurs sa modestie le trompait. On pourra se donner le facile plaisir de compléter ses statistiques et ses citations, ses théories et ses discussions ne s'en trouveront ni amoindries ni fortifiées; et, dans ce livre, c'est la pensée qui constitue l'œuvre essentielle et le mérite permanent de l'historien.
C'est un de ir pour moi d'ajouter franchement que, sur plus d'un point, je ne puis partager l'opinion de l'auteur, par exemple sur la question des colonies, de la disparition de la langue celtique, de l'organisation municipale, de la fusion des races, des juridictions provinciales. 11 ne m'a pas semblé bon d'ajouter, même en note, un mot qui ressemblât à une réserve personnelle. Je ne dois au public, en lui livrant cet ouvrage, que la pensée de M. Fustel de Coulanges, et je la lui dois complète, avec toute sa force et dans toute sa puissance.
• Voyez le présent volume, p. 145.
Bordeaux, 1" juillet 1890.
Camiij.e Jui.lian.