‹ La Gaule romaineChapitre 4 sur 40 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

Tous les chapitres qui composent ce livre sont l'œuvre intégrale de M. Fustel de Coulanges : aucun changement n'a été apporté dans le texte aux idées ou à l'expression; aucun fait nouveau n'a été ajouté, aucune suppression n'a été faite. Nous avons ainsi, sur la Gaule indépendante et la période du Haut-Empire, la dernière pensée de l'historien, et telle qu'il l'avail lui-même arrêtée dans sa forme.

La conclusion seule a dû être ajoutée. J'ai essayé d'y résumer, aussi fidèlement que possible, les idées de l'auteur, telles qu'il les avait exprimées à la fin des diiïérents chapitres.

On remarquera que dans la deuxième partie, consacrée à l'Empire romain^ il n'est question ni du régime de la propriété, ni du droit des personnes, ni de l'état

lecteur ; quelques indications au bas des pages suffisaient au lecteur, qu'on nivitait à vérifier. Depuis une vingtaine d'années les procodés habituels ont changé : l'usage aujourd'hui est de présenter au lecteur l'appareil d'érudition plutôt que les résultats. On tient plus k l'échafaudnge qu'à la construction. L'érudition a changé ses formes et ses procédés; elle n'est pas plus profonde, et l'exactitude n'est pas d'aujourd'hui ; mais l'érudition veut se montrer davantage. On veut avant tout paraître érudit. Plusieurs tiennent même beaucoup plus à le paraître qu'à l'être. Au lieu qu'autrefois on sacrifiait volontiers l'apparence, c'est parfois la réalité qu'on sacrifie. Au fond les deux méthodes, si elles sont nratiq'iôes loyalement, sont également bonnes. L'une régnait il y a vingt-cinq ans, lorsque j'ai écrit mes premiers ouvrages ; l'autre règne au jour présent. Je me conforme au goût d'aujourd'hui, comme ces vieillards qui ne poussent pas le mauvais goût jusqu'à s'obstiner dans les habitudes du passé. Mes recherches changeront donc, non quant au fond, mais quant à la forme. Ou plutôt, j'en fais l'aveu, elles ne changeront qu'en apparence, et voici pourquoi : lorsque j'ai écrit mes premiers ouvrages, la première rédaction était précisément dans le genre de celle-ci, longue, hérissée de textes et pleine de discussion ; mais cette rédaction première, je la gardais pour moi, et j'employais six mois à ral)réger pom* le lecteur. Aujourd'hui, c'est celle rédaction première que je donnerai. »

FP.EFACE. VII

social de la Gaule. M. Fustel de Coulanges avait, dans la seconde édition de son ouvrage, réservé à l'étude de ces questions les derniers chapitres du livre sur l'Empire romain. Nous n'avons pas cru devoir les insérer dans le présent volume; il nous a semblé qu'ils seraient à leur vraie place dans le tome suivant, l'Invasion. L'auteur s'est visiblement reporté, pour les écrire, aux derniers temps de l'Empire, au moment même de l'arrivée des barbares ; on s'en rendra compte en les lisant, il l'avoue lui-même au début*. D'ailleurs, M. Fustel de Coulanges paraît avoir eu l'intention d'adopter ce plan*, et de ne s'occuper, dans ce premier volume, que de l'état politique de la Gaule sous le Haut-Empire : on pourra constater, en lisant notre conclusion, que la disposition qu'il préférait, loin d'enlever à ce volume son unité, en fait ressortir l'idée maîtresse. Le dernier chapitre que nous avons imprimé ici, de la Justice, terminait naturellement ce livre, et l'auteur y avait résumé dans les derniers mots la pensée fondamentale de l'Empire romain. Ajoutons enfin qu'à partir du chapitre sur le Droit de Propriété k rédaction de l'œuvre n'a pas été remaniée de la nème manière par M. Fustel de Coulanges.

La question des notes a été délicate à résoudre. Nous en avons intercalé un grand nombre de nouvelles,

' (( Nous nous placerons par la pensée au milieu du iV siècle de l'ère chiéiicnne, entre les règnes de Constantin et de Théodose )),2° édit., p. 2U.

- « Tout ceci serait mieux au 2* volume », a-t-il écrit en marge d'un exemplaire annoté de la 2* édit., à propos des affranchis.

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