‹ La Gaule thermaleChapitre 12 sur 85 · ARAM DECEM · texte numérisé non relu

ARAM DECEM

AQVENSES ET PA TRONI DE SVO OB DONVM FIG ' I E NOVEM//////

III /arvm// / //-/ /

ET VICANIS DO //

AD EPVLVM EM ///

VM- CVM SVO FRVCTV

(Les noms des patrons et des dix notables sont indiqués en neuf lignes que nous croyons inutile de rapporter.)

Le texte est ainsi rétabli et traduit par M. Desjardins (1; : Aram decemprimi Aqueuses et patroni de suo ob donum figlinæ novem millibus HS (sesterciis) ... (Genio) Aquarum et vicanis douant ad epulum emendum cum suo fructu. — Les dix notables du vicus d’Aquœ et les patrons (du pagus) en mémoire du présent qui a été fait d’un établissement figulin, ont élevé un autel à leurs frais, soit neuf mille sesterces, au genius des eaux et aux divinités protectrices du vicus ; le revenu (de la somme non employée) sera affecté à un banquet.

(1) Sur quelques documents épigraphiques d'Aix-en-Savoie. Bulletin épigraphique de la Gaule, novembre-décembre 1882.

J’extrais les lignes suivantes de l’intéressant commentaire qui accompagne cette inscription : « Ces établissements fîgulins, où l’on fabriquait des briques, des tuiles et bien autre chose que des poteries, étaient, comme on sait, très répandus en Italie, et y sont toujours désignés ainsi. Le grand usage qu’on faisait de la terre cuite explique l’importance de la donation d’une de ces fabriques faite au vicus. Il y a deux choses distinctes dans l’inscription d’Aix : 1° la donation faite d’une fabrique de tuiles par des personnages inconnus et qui devaient être mentionnés d’autre part, probablement sur la façade de l’établissement même; 2° l’autel élevé en mémoire de ce bienfait au Génie des eaux, car la fabrique de tuiles devait concerner la construction de l’établissement thermal ; dès que nous avons ara , aquai-um et vicanis, il ne peut s’agir que d’un autel à la divinité des eaux. »

line autre inscription, mentionnant également un Aquensis . a été signalée par M. Chaud rue de Crazannes (1) :

D- T- DOMITIANI- POSSESSOR- AQVENSIS ET- TITVS- DOMITIVS- PATRI

Comme on le voit, là encore le mot Aquensis ligure seul, et rien ne peut nous éclairer sur l’existence d’une désignation particulière ou topique qui aurait distingué notre station. Les épithètes que certains commentateurs ont cru devoir y ajouter sont de pure fantaisie : le nom d ’Aquœ Domitianœ provient d’une interprétation erronée de la dernière inscription citée, où l’on a pris Domitianus pour le fondateur des thermes. Le nom d ’Aquœ Gratiœnœ dérive de la lecture inexacte du nom de Gratianus sur plusieurs briques trouvées à Aix, qui portaient en réalité l’estampille du potier Clarianus , très répandue à Lyon et dans le midi de la France (2). Albanis de Beaumont(3) donne une autre explication relativement à cette dénomination : « Plusieurs écrivains, dit-il, prétendent, mais sans donner aucune preuve, que l’empereur Gratien fit réparer ces thermes, et que les habitants les appelèrent par reconnaissance Aquœ Gratianœ. » Enfin, Greppo donne à ces eaux le nom d ’Aquœ Allobrogum, sans l’ombre de motif, et uniquement parce qu’elles étaient situées sur le territoire de cette nation.

M. Desjardins (op. cit.) se fondant sur deux inscriptions, mentionnant la divinité thermale Borvo et Bormo , serait tenté de désigner Aix-les-Bains, à l’époque romaine, par le nom d 7 Aquœ Borvonis.

Tout ceci, nous le répétons, rentre dans un domaine purement hypothétique, et nous devrons nous contenter de désigner Aix-les-Bains sous le seul nom d ’Aqnœ, tant que des

(1) St/r deux inscriptions gallo-romaines inédites récemment découvertes à Aix-les-Bains. Bevue archéologique, Xe année, lro partie, avril à septembre 1859.

(2) Il semble acquis que les briques employées aux bains romains d'Aix provenaient de Vienne, et y parvenaient par le Rhône et le lac du Bourget.

(3) Description des Alpes grecques et cottiennes, t. I, p. 243.

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