‹ La Gaule thermaleChapitre 13 sur 85 · LA G A [J L 15 T II I£ R M A L K · texte numérisé non relu

LA G A [J L 15 T II I£ R M A L K

découvertes nouvelles ne seront pas venues nous éclairer plus complètement sur ce point.

Une inscription dédiée Nymphis Griselicis (1) a fixé le nom ancien de la station thermale de Gréoulx, dans les liasses- Alpes. Diverses formes ont été proposées : Griselum — Griselium — Griselicum, qui peuvent toutes se prêter à la transformation en adjectif Griselicis , et, avec de très minimes divergences de détail, nous fournissent une dénomination bien suffisante pour assurer F antique identification de cette station.

Je ne ferai que citer l’inscription de Luxeuil, dite de Labiénus, à laquelle j’ai déjà fait allusion, et dans laquelle les mots Lixovii thermas nous donneraient, si le texte était sincère, le nom précis de ces thermes fameux, à l’époque de leur splendeur antique. Voici ce texte si discuté :

LIXOVII THERM REPAR- LABIENVS IVSSV- C- IVL • CAES IM P

La découverte de cette inscription, en 1755, a fait l’objet d’un procès-verbal régulier, signé par plusieurs témoins, qui établit bien le fait matériel de la trouvaille, mais ne prouve rien au point de vue de l’authenticité du texte épigraphique. Défendue surtout par les écrivains locaux (2), qui voient dans ce recul d’antiquité une illustration particulière pour leur ville, admise par Greppo (op. cit., p. 123 et 124), suspectée par Caylus (3) et vivement attaquée par la majorité des épigraphistes (4), cette authenticité est plus que problématique et les

(1) Voir p. 184,

(2) Grandmougin, Histoire de la ville et des thermes de Luxeuil, 1866. — Delacroix, Luxeuil. Ville, abbaye et thermes. Mémoires de la Société d’émulation du Doubs, 4° série, vol. III, 1867. — Dey, Mémoires pour servir à l’histoire de la ville de Luxeuil. Mémoires de la Société d’ archéologie de la Haute-Saône, t. IV.

(3) Recueil d' Antiquités, t. III, p. 364.

(4) Letronne, Hase, Léon Rénier, etc., cités en note à la page 16 du mémoire de Bourquelot, Inscriptions antiques de Luxeuil et d’Aix-les- Bains. Mémoires de la Société des Antiquaires de France, XXVIe volume.

malyses critiques qu’ont faites de l’inscription MM. Àllmer(l) ;t Desjardins (2), auxquelles je ne puis que renvoyer mes lect ,eurs, semblent en avoir démontré définitivement la fausseté (3).- * -

D’ailleurs, à défaut de cette inscription, le nom antique de Luxeuil nous est connu par un passage de la Vie de saint Coomban, écrite au commencement du septième siècle. par le noine Jonas, où nous lisons cettre phrase : Invertit autem nastrum olim fuisse munimine cultum ... quem locum Luxovium oriscci tempora nuncupaverant .

Nous verrons plus loin que la ville de Digne possède des eaux thermales qui ne restèrent peut-être pas inconnues des Romains. Quoiqu’il en soit de l’utilisation de ses eaux par les conquérants de la Gaule, le nom ancien de la cité nous est connu par une inscription récemment découverte, corroborée ipar quelques textes : Ptolémée :Ama, ville des Sentii; Pline: 'Oppidum Dinia ; la Notice de l’Empire, Civitas Diniensium.

L’inscription, qui a fait l’objet d’une communication de M. Héron de Yillefosse à la Société des Antiquaires (4), est un :exte épigraphique restitué par la juxtaposition de quatre fragments, jusqu’içi publiés isolément :

J 3* IVLIO- C- F- VOL | T- BÀRBARO | • AEDILI- C | OL- DINIA- LVB |

Ce texte, d’après le savant auteur de la communication, nous

(1) Sur deux inscriptions romaines placées dans une salle de l’établisseaent thermal de Luxeuil. Mémoires de l’Académie impériale des sciences, >elles-leltres et arts de Lyon, classe des lettres, nouvelle série, t. IX, ). 150 et suiv.

(2) Les Monuments des thermes romains de Luxeuil. Bulletin monumental, 11879 et 1880.

(3) Ce texte est rangé par le Corpus I. L. (t. XIH, p. 1039), parmi les inscriptions fausses : Titulus inepte fictus et pessime incisus est; damnaroerunt auctores sani judicii omnes.

Il semble probable que l'auteur de l’inscription fut un certain Pierre- François Guin, « antiquaire habile, grand collectionneur et un peu brocanteur, » qui dirigea les travaux et signa le procès-verbal de la découv rerte,

(4) Bulletin de la Société des Antiquaires, 1888, p. 103 et suiv.

apprend trois choses importantes : 1" Dinia avait reçu le titre de colonie ; 2° ses habitants étaient inscrits dans la tribu Voltinia ; 3° Dinia avait un surnom, commençant par les lettres

LVB, que la découverte du cinquième fragment permettra seule de compléter.

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