‹ La Gaule thermaleChapitre 61 sur 85 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Région des Alpes et Provence.

Menthon. — Sur la rive orientale du lac d’Annecy près du village de Menthon, où est encore exploitée une source sulfureuse froide, des fouilles successives ont mis à jour un véritable établissement balnéaire, voisin d’un groupe d'habitations, dominé par le roc de Chère, sur lequel, en 1786, on avait reconnu des vestiges d’un camp ou d’une redoute antique. Une tradition constante dans le pays rapportait que Menthon avait eu jadis des thermes fapneux, et le nom de Bains romains avait toujours été conservé à d’anciennes constructions, enfouies en grande partie.

Vers 1840, on avait déjà pu suivre des quadrilatères de maçonneries, reliés les uns aux autres, et pour la plupart, entourés de canaux, et ramené au jour des tuiles à rebords, des plaques de marbre blanc et des tuyaux de briques noj'és dans du ciment. La disposition générale des lieux ne permettait pas de mettre en doute leur destination; aussi, dans une lettre adressée à l’abbé Greppo et reproduite par lui dans son ouvrage (p. 309), Monseigneur l’évèque d’Annecy s’exprimait ainsi : « Les murs, les assises, le ciment, tout est romain. Les piscines parfaitement dessinées, au nombre de quatre, les aqueducs pour l’arrivage et le départ des eaux, tout indique

de la manière la plus évidente que c’était un établissement de

bains. »

A cette époque encore la source minérale qui devait alimenter ces bains était restée introuvable, et ce n’est qu en 1865 qu’elle fut découverte par un chercheur de sources,

ÉTUDE PARTICULIÈRE DES SOURCES 307

Borda-Bassana, ancien guide au Grand Saint-Bernard fl). Deux bassins anciens furent alors reconnus. « L'un, en petit appareil régulier, forme un puits carré, séparé de l’autre par un massif plein d’environ un mètre d’épaisseur. L’autre, situé au nord-est, dessinant un polygone irrégulier, ne montra d’abord que de gros blocs calcaires, largement appareillés, sur une hauteur approximative de 1 m. 50. Ensuite on découvrit une étroite corniche, et enfin un large bassin profond de plus de 4 mètres, se pliant comme l’orifice en parallélogramme irrégulier, se terminant en cône à angles très obtus et revêtu de belles plaques de marbre de couleur foncée, sauf pour quelques parties où l’on avait mis à profit la roche elle-même. Trois ouvertures y ont été constatées : la première était bouchée par un morceau de sapin ; la seconde au-dessous de la corniche, contenait encore un conduit en plomb, et la troisième, au-dessus de cette même corniche, n’oflrait pas de caractères particuliers (2). »

C’est dans la terre d’alluvion qui avait comblé le grand bassin que furent trouvés les vases votifs dont nous avons déjà parlé, ainsi qu’un certain nombre de monnaies appartenant, sauf une, aux deux premiers siècles, et quelques instruments en fer, dont un strigile.

De nouvelles fouilles opérées vers 1893 aboutirent à la découverte d’un canal en ciment qui recueillait les eaux pour les déverser dans le lac, de nouveaux murs et de débris divers.

Nous donnons un croquis des substructions de l’établisse-

(1) Cette trouvaille avait été relatée dans l’inscription suivante, gravée sur une plaque de marbre qui doit être replacée à l’entrée des bains nouveaux :

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