BAINS ROMAINS
PERDUS EN L’AN 64 DE l’æIRE CHRETIENNE RETROUVÉS ET 1865 PAR LE MONTAGNARD BORDA BASSANA EX GUIDE DU GRAND S1 2' BERNARD AVEC LE CONCOURS DE Mn l’avocat DESPINES.
(2) Alphonse Despine, Notice historique sur Menthon-les-Bciins et ses ’ thermes. Annecy, 1865.
ment balnéaire, établi d’après le plan joint à un mémoire de MM. Marteaux et Le Roux (1), à qui j’emprunte également les indications suivantes, nécessaires pour l’intelligence de ce trayail (fi!)' 38) : « 11 existait deux corps de bâtiments séparés par un intervalle ou une allée M et divisés en un certain nombre de
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Fig. 38. — PLAN DES THERMES DE MENTHON.
D’après le plan joint au mémoire de MM. Marteaux et Le Roux.
pièces. Dans la partie est-sud, et suivant un alignement nord-sud, on a découvert des fondations en hémicycle qui devaient faire partie des piscines circulaires (probablement des frigidaria). Le corps de bâtiment sud était divisé en pièces, dont trois H, R, N communiquaient entre elles par des portes dont le seuil était formé de grosses pierres de taille
(1) Voie romaine de Boutœ à Camaria. Revue savoisienne. 1903, p. 175 et suiv.
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élevées de 0 m. «30 environ au-dessus du sol. Un réseau de distribution pour les eaux c', suivant parfois le contour des murailles, était constitué par des canaux d’où l’on a sorti les conduits en terre «à section rectangulaire du vaporariuin.
« Une partie très importante, découverte dernièrement comme nous l’avons dit, est un frigidarium. Cette pièce détruite en partie est coupée à angle obtus par le retour d’un mur construit à une époque bien postérieure après la destruction des thermes.
« Les chambres P et K' ont montré des conduits de chaleur ou de fumée pratiqués dans l’épaisseur des murs et en relation avec les fourneaux de l’hypocauste, un pont en carrelage J sur un souterrain recouvrant probablement le prœfurnium communiquant avec le fourneau. Enfin, les pièces X, Q, R avaient l’une de leur parois disposée en demi-cercle surbaissé : c’étaient très probablement des caldaria, ou des laconica chauffés par les conduits de chaleur creusés dans l’épaisseur des murs près des chambres P et K'. »
Tout cet ensemble ne paraît pas avoir entièrement disparu aujourd’hui, car le Guide Joanne de la Savoie signale encore, dans un verger au-dessous du village, des restes des bains romains, ainsi què leur bassin de captage, entouré d’un mur cimenté.
Thonon. — A deux kilomètres de Thonon, surgissent les eaux minérales de la Arersoie, dont l’exploitation a été reprise à la suite de travaux exécutés en 1882.
Au cours des fouilles pratiquées à cette occasion, on découvrit, à un mètre au-dessous du sol, un captage fait au moyen de briques romaines, et d’où partait une canalisation en briques de forme spéciale, que mutilèrent et brisèrent malheureusement les outils des terrassiers. Cette canalisation se composait d’une tuile plate à rebords faisant fond et d’une tuile de forme légèrement ogivale, cimentée à ses deux points d’appui contre les rebords de la tuile de fond, dont le vide était de 0 m. 20 environ.
Aux abords du captage et de la canalisation furent trouvés plusieurs fragments de poteries gallo-romaines, ainsi qu’un certain nombre de monnaies de bronze des Antonins, Marc- Aurèle, Claude, Valère et Postume.
Les objets provenant de ces fouilles ont été placés au musée de Thonon, où fut déposé également un plan, malheureusement disparu aujourd’hui, paraît-il, qui donnait une idée très nette de la disposition du captage et de la canalisation gallo-romaine des eaux de la Versoie.
Bromines. — Une source sulfurée sodique qui y est employée en boisson, douches, bains d’eau et de vapeur, était déjà connue et exploitée à l’époque romaine. En août 1851, on a découvert près de la source des débris d’anciennes maçonneries, des médailles et des poteries, dont trois petits vases, de provenance gallo-romaine, qui sont conservés au musée d’Annecy.
Le Petit-Bornand. — M. Y. Barbier, dans son ouvrage : la Savoie thermale et minérale, publié en 1878, signale des restes de bains gallo-romains qu’on remarquait encore, quelques années auparavant, auprès des sources sulfureuses et alcalines du Petit-Bornand. Je n’ai pu avoir sur cet ancien établissement et ses vestiges de renseignements plus complets.
La Caille. — Les eaux sulfureuses de la Caille avaient également fixé l’attention des Romains. Les travaux de déblaiement qui furent exécutés en 1847 y firent découvrir des restes de thermes qui ne peuvent laisser aucun doute à cet égard.
La position spéciale de ces eaux, enfouies au fond d’une gorge pittoresque où la rivière des Usses coule à une grande profondeur, leur a peut-être permis d’échapper à la dévastation qui signala d’une manière générale les invasions barbares en Occident, car on a rencontré à la Caille, dit M. Y. Barbier (op. cit.) des constructions qui semblent prouver que les bains survécurent à la domination romaine.
ETUDE PARTICULIÈRE DES SOURCES
Aix-les-Bains. — Les nombreuses découvertes de débris et de substructions antiques qu’ont rendus à la lumière les travaux exécutés dans le sol de cette station thermale attestent l’existence d’une cité gallo-romaine, dont quelques édifices subsistent encore au-dessus du sol, mais dont il faut chercher sous terre les vestiges au point de vue spécial des installations thermales.
C’est en 1772 que les restes des bains romains, dont le souvenir s’était à peu près perdu, et sur lesquels s’élevaient
(Les murs en blanc indiquent des constructions modernes.)
certains quartiers de la ville du moyen âge, furent retrouvés au hasard d'une fouille, par un ouvrier creusant les fondations d’une muraille. D’autres découvertes eurent lieu par la suite, en 1803 et en 1832, notamment, et permirent d’étudier un certain ensemble de chambres souterraines, décrites par Albanis Beaumont (1), le général comte de Loche (2), Constant Despine (3) et M. le comte de Loche (4), à qui nous avons emprunté la majeure partie des détails qui vont suivre.
En se reportant au croquis exécuté d’après le plan joint au mémoire duPgénéral de Loche (f îg. 39), on voit en A et en B des pièces souterraines, dans lesquelles l’eau thermale circulait
(1) Description des Alpes Grecques et Cottiennes, an XI.
(2) Mémoire sur les souterrains des anciens bains d’Aix-en-Savoie. Mémoires de la Société royale académique de Savoie, t. V, 1831.
(3) Manuel de l’étranger aux eaux d’Aix-en-Savoie, 1834.
(4) Histoire de la ville d’Aix. Mémoires de T Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, 4° série, t. VII, 1899.
entre des piliers de briques assemblées avec du ciment, qui supportaient le plancher de chambres supérieures, où se rendaient les vapeurs d’eau, au moyen de tubes quadrangulaircs de briques d’une seule pièce, percés vers le milieu de leur longueur d’une et quelquefois deux ouvertures rectangulaires. En E, était un bain d’immersion n’ayant pas de cheminées, et qui devait recevoir de l’eau ayant déjà circulé et considérablement attiédie. En F, diverses pièces en ruines présentaient également des bases de cheminées en briques et des restes de piliers quadrangulaires.
La pièce située en I offrait un intérêt tout particulier à raison de sa structure et de sa conservation. Elle renfermait un bain d’immersion, formé d’une lourde maçonnerie d’environ deux pieds d’épaisseur dans laquelle était établi un bain de forme octogonale, et qui reposait sur un nombre considérable de piliers en briques plates, circulaires, de 0 m. 50 de hauteur. Le sol du bain était composé de briques plates, puis de ciment romain et d’un revêtement de marbre. D’après Despine, certaines parties des revêtements de marbre sont recouvertes d’un espèce de mastic mélangé de fragments de briques, qui devait avoir pour but d’empêcher la filtration des eaux sur des points où les marbres étaient détériorés. Un banc également revêtu de marbre, régnait autour du bain, où l’on descendait par deux escaliers. Une sorte de socle, vraisemblablement destiné à recevoir une statue, s’élevait à un point du bassin vers lequel le plancher présente une certaine inclinaison; une ouverture pratiquée au pied de ce socle devait servir à l’écoulement de l’eau contenue dans le bassin (1).
Cet ensemble, auquel on donnait le nom de Vaporarium et de Bain de César, ainsi que plusieurs autres bains trouvés, d’après Despine, sous les maisons voisines, étaient alimentés par l’une des deux sources d’Aix, dite fontaine d’Alun. L’eau se rendait ensuite dans une grande piscine, connue successivement sous
(1) Un dessin de ce bain est donné dans l’Histoire de la ville d’Aix, op. cil., en face la page 366.
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les noms de Bain royal , Bain des chevaux et Bains des pauvres ou de r/iospice (1). Au milieu de ce bassin s’élevait un piédestal, qui portait sans doute la statue de quelque divinité. Un conduit en plomb apportait directement de l’eau chaude à la piscine et permettait de réchauffer ainsi celle qu’avait trop refroidie son passage dans le vaporarium et le bain de César. De cette piscine, l’eau était conduite hors de la ville par des conduits souterrains.
En 1854, Despine (2) signala la découverte récente de trois chambres souterraines, faisant suite au vaporarium. Ces pièces carrées, communiquant ensemble, avaient leurs parois intérieures revêtues d’un enduit épais de briques concassées et de chaux vive, et, sur le plancher inférieur en briques, étaient établis des piliers carrés de 2 mètres de haut, dont quelquesuns existaient encore intacts au moment de la découverte. A l’est de ces trois pièces, on reconnut une galerie voûtée de 7 mètres de long, sur 2 m. 50 de haut et 1 m. 50 de large, coupée à angle droit par une autre galerie aboutissant à un réservoir où se rendait un fdet d’eau thermale à 35 degrés.
Enfin, en 1879, lors des fouilles faites pour asseoir un bâtiment annexe de l’établissement thermal, on trouva les restes d’une piscine romaine, de 12 mètres de diamètre, dont le souspied était en mosaïque, des débris de bains, fûts de colonnes, chapiteaux, etc. ,
Cet important ensemble de constructions, ainsi que tout un dédale de voûtes et canaux reconnus, mais inexplorés, à moitié enfouis, et dans lesquels circule encore un peu d’eau chaude, sont les indices certains de l’existence d’un vaste établisement antique, où l’on utilisait les deux sources d’Aix, eaux de soufre et eaux d’alun, et qui s’étendait sur un périmètre bien plus étendu que celui de l’établissement actuel. Une notable partie des édifices thermaux doit encore être
(1) Un dessin de cette piscine, qui a disparu à une époque relative- , ment assez récente, est donné dans Y Histoire de la ville d’Aix, op. cit.,
en face la page 404.
(2) Mémoires de l’Académie royale de Savoie, t. II, 1834.
enlouie sous lu sol; d’autre part, les fouilles opérées ne sëmblent [tas avoir été conduites avec assez de soin et de méthode pour qu'on puisse en dégager un plan d’ensemble des bains à l’époque romaine.
Albanis Beaumont (4) en avait cependant donné un, tout en avouant lui-même que ce travail pouvait être considéré comme idéal : « cependant, ajoute-t-il, j’ose avancer que l’écart ne peut être que très léger, ou qu’il existe encore plusieurs parties de ces thermes analogues au dessin. » Les découvertes successives faites à Aix démontrent, au contraire, que le plan de Beaumont doit être considéré comme une œuvre de pure imagination, qui prêtait à l’édifice ancien une correction et une symétrie qu’il n’a jamais eues. « Les Romains, dit M. le comte de Loche (2), firent probablement ce qu’on fit depuis plus de cent ans, c’est-à-dire additionnèrent leurs thermes à mesure des besoins, mais ne construisirent pas d’établissement aussi grandiose et aussi régulier que semble le croire de Beaumont; du moins, rien ne le fait supposer. »
Plus favorisées que la plupart des établissements similaires, les chambres souterraines des anciens thermes d’Aix n’ont pas été détruites ou remblayées, et elles subsistent encore dans le sous-sol d’une maison voisine de l’établissement moderne.
Les catastrophes qui ont fait disparaître totalement la superstructure des thermes d’Aix ont laissé debout deux monuments, d’ordres tout à fait différents, appartenant également à l’époque gallo-romaine. C’est, d’abord, l’édifice connu sous le nom de Temple de Diane, dont nous avons parlé dans une autre partie de ce travail, et, ensuite, l’Arc dit de Camp an us, qui s’élève sur la place des Bains, en face de l’établissement thermal.
Son architecture appartient aux ordres dorique et toscan. L’arc est surmonté d’un attique élevé sur un socle, et deux pilastres décorent la façade ouest. Sur la frise sont creusées
(1) Op. cil., pi, XYII et p. 240, t. I.
(2) Histoire de la ville d’Aix.
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huit niches, dont quatre de forme carrée et quatre autres arrondies dans leur partie supérieure, (huître inscriptions sont gravées au-dessous des niches, et l’inscription suivante, gravée sous l’architrave, nous donne le nom du fondateur du monument :