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chercheur et de ciu^ieux. — // semble que le sca?idale soit semé partout sans être réuni nulle part; on le trouve dans les mémoires secrets,, dans la calomnie des libelles, dans les éphémères entrefilets des petites feuilles volantes; on le relève dans les écrits du jour encore trempés du fiel de l'anecdotier, on le constate enfin de ci de là dans toute la littérature d'une époque à laquelle il semble servir de condiment ; mais il n'existe pas, à proprement parler, de véritables et véridiques archives du scandale, de ce scandale, fils du crime et de la publicité. — L'hypocrisie plane donc encore sur l'histoire ijitinte de nos mœurs, comme un hommage décent et silencieux que le vice rend aux vertus qui s'affichent.
Pour singulière, paradoxale et quelque peu folle que puisse paraître notre revendication, nous pensons quoji n'a point fait jouer et scintiller asse^ vivement la lumière aveuglante du miroir de la vérité dans les études diverses entreprises aujourd'hui pour éclairer la vie privée de nos pères. — Clio est, de nos jours, plus chaste et plus réservée qu'au temps de Brantôme ou de Bussy-Rabutin; pendant longteinps on a affadi et sophistiqué les documents sur les mœurs, croyant en museler le cynisme, et alors même qu'un infatigable bibliophile, aussi érudit écrivain que spirituel mosaïste litté?^ai?'e, ébauchait une grande et remarquable Histoire de la prostitution, la sottise a mis le holà -, et Thémis a brandi son glaive en laissant tomber sa balance comme un témoignage de sa pudeur offensée. Et cependant, ainsi que l'écrivait l'éditeur de cet ouvi'age, l'heure était venue de faille cette mojîographie pornographique, alo7-s que la prostitution tend à s'effacer dans les souvenirs des hommes comme
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..iijils les habitudes des nations et que les sentiments dlionnenr et de l'ertit semblent naître d'eux-mêmes dans les C(eiirs. « L'historien s'empare des temps qui ne sont plus; il ressuscite les choses mortes, il ranime, il fait j>ii>re le passé pour l'oiseii^nement du présent et de l'avenir. »
Le xviii" siècle, si fouillé, remué, inventorié depuis une quinzaine d'awiées, recèle encore dans sa fange desséchée des vestiges curieux et inattendus de son libertinage raj/iné, et nous n'hésiterons pas à les produire, avec tous les commentaires voulus dans cette collection spéciale qui na d'autre but que de défricher un coin de ce terrain qui sue encore le vice dont il fut si prodigaleme)it imbu. — Nous sortirons des lourds recueils de mémoire, du grimoire des manuscrits, des pajnphlets mordants, des romans à clefs, de toutes les bibliothèques de boudoirs oii la débauche réelle et malicieuse d'autrefois se blottit en tapinois, une série de volumes qui formeront dans leur i^éunion une petite encyclopédie des mœurs secrètes et silencieuses du dernier siècle. L'ensemble pourra prendre pour épigraphe ces vers de Voltaire:
Temps fortuné marqué par la licence, Où la folie, agitant son grelot.
D'un pied léger parcourt toute la France; Où nul mortel ne daigne être dévot; Ou Ton fait tout, excepté pénitence.
Pour mieux peindre ce temps, nous irons — bravant la censure des niais — jusque dans les repaires de la galanterie, dans les bouges de la dépravation, aussi bien que dans les petites maisons capitonnées de discrétion et de
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mystères et chei les abbesses, alors en renom de certaùis couvents privés ; cela, avec la bonne foi d'un Parent- Duchâtelet, animé d'une franche curiosité réti^ospective pour produire une analyse sociale et humaine ramassée chei des contemporains tels que Métra, Mairobert, Bachaumont, Moufle d'Angerville, Thévenot de Morande, Chévrier et autres nouvellistes , bulletiniers , pamphlétaires qui ont tnis au jour encore plus de vérités qu'ils n'ont causé de scandale, mais qu'on put nommer à bon droit les Greffiers clandestins de la chronique scandaleuse.
A la suite de tous ces Espions intéi^essants et de ces Observateurs intrépides, nous pourrons entrevoir, comme à travers la lorgnette de la Police dévoilée, une vue de la vie des spectacles du boulevard et des parades foraines, les intérieurs de petite-maitresse et des aperçus de l'allée des nymphes et du Palais-Royal ; nous pourrons encot^e péîiétrer à V hôtel du Roule, che^ la Paris ou dans la célèbre demeure de la Gourdan, dite la petite Comtesse; en un mot, nous flânerons, sans hâte, en Parisien parisiennajit, selon la locution moderne, au milieu des plaisirs des derniers siècles interprétés par de spirituels et authentiques commérages.
Déjà nous avons fourni notre butin dans la Chronique et les Anecdotes sur Madame Dubarri; aujourd'hui, 7iotre tâche est plus ingrate et notre sujet plus maigre. Cette Gazette de Cythère n'est qu'une honnête série d'anecdotes puisées à bonne source et qui pt^ésentent l'intét^êt d^aventures galantes arrivées dans les principales villes d'Europe. La plupart sont asseï fades et rappellent à l'esprit les montes historiettes du soporifère Baculard d'Ar-
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iiiiiid : — « (J'cs/ iic l'histoire, Monsieur! » dirait un pédant — et c'est de l'histoire en réalité, de l'histoire anecdotique sous forme d'une brassée de faits mal habillés, et qu'il nous fallait accepter tels quels, sans en rien rabattre, de même que le public de iyy4 les aidait de suite acceptés arec empressement (et avec de moins judicieuses raisons sans doute que le public de nSSi en pourrait invoquer) sur son titre alléchant, qui rappelle cette devise de la fable des Devineresses :
LV'nscigne fait la chalandise.
Ce fut en effet en i'j'J4 que la Gazette de Cythère apparut, traduite de l'anglais, dans le format in-8°, sous la rubrique de : Londres et avec un appendice qui comprend le Précis historique de la vie de Madame la comtesse du ^divvy^ ainsi que le portî^ait de ladite dame. Un mauvais frontispice, grai'é par J.-J. Byla'èrt, représente une grossière Vénus, assise sur un trône en forme de conque, dans son temple de Guide; tandis que, près d'elle. Mercure agite son caducée, il Bambino Cupidon présente une galette à sa mère, et, au premier plan, un moine, un juge, un militaire et une dame souriante semblent attendre une parole aimable de la gracieuse déesse. La légende de ce frontispice po?^te (nous ne sam^ions en diî^e la raison plausible) : Tableau du Monde. L'épigraphe du volume est tirée de Lucrèce :
jEneandum genitrix, hominum, divum que voluptas, Aima Venus, etc.
Une seconde édition fut publiée l'année d'après , en 177S, sous la rubrique de : Londres, dans le format