‹ La Gazette de QuébecChapitre 1 sur 5 · La Gazette de Québec · texte numérisé non relu

La Gazette de Québec

À i'occasîçm dfi côntieiffS âttti^éWrô <k M première apparition, la Gazette de QuéUô a fmblii Un numéro extraordinaire composé d$ seiSe pages de scto format nabitueL C'est \k certes tin bel éflfortj et on ne «attrait trop fé* tidtercevlx qtti ont tenté lé risque d'une telle pnblicaticto, four la partie matérielle de cd numéro elle est irréprochable et fait honneur attz propriétaires dé cet établissement t belle exécution typographique relevée par de magnifiques gravures reproduites ateo beaucoup d'exactitude, eW.,etc. Tout est parfait de ce côt£4à. Mais ou ne saurait en dire autant du travail historique.

Cette prétendue histoire de là Oaiette ne ré*

pas du tout à ce qu'un avait droit

d'attendre» et ne remplit aucunement les promesses qui avaient été faites. Ce n'est qu'un assemblage de pastiches sur les ori* gines de la Presse en Europe et quelques citations prises de but en blanc dans l'histoire du Canada. Pour ce qui est de l'histoire même de la Gazette l'auteur n'entre dans aucun dé* veloppement et en dit à peine ce que tout le monde en savait

Des circonstances particulièrement fevora* blés m'ayant mis à môme de parcourir la file complète de ce journal, le plus ancien du pays, je donne, de ce qui m'a paru digne de re* marque, le court résumé qui suit, pensant que les circonstances actuelles lui prêtent quelqu'à-propos et en justifient la publication»

Origine de la G»zetle : sa fondation annoncée d'à» vance par un prospectas imprimé à Philadelphie*— > Traduction de l'anglais en français.— Première imprimerie en Canada. — Premier journal.

Dans l'automne de 1703 ou au commence* ment de 1764, un Ecossais du nom de William Brown venait de Philadelphie en Canada pour y lancer le prospectus d'un journal qu'il . promettait d'établir au printemps oe 1764, s'il parvenait à s'assurer l'appui de trois cents abonnés. Une tradition parvenue jusqu'ici nous apprend qne ce prospec* tus avait été imprimé à l'atelier typographique de Benjamin Franklin. Cette* tradition se trouve consignée dans la Gazette du 2 mai 1848. Si quelque chose peut faire dou- x ter de son authenticité, c'est qu'il ne soit .pas fait mention plus tôt d'une circonstance qui

feftfeftne, ce sefmWe, un intérêt assez piquant four les vieux lecteurs de là Gazette. Comment Brown conçut-il le pfojet de fonder an journal en Canada f A cette question, on ne saurait répondre d'une manière satisfaisante* Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'avant de 6e rendre en Canada Brotrn avait recueilli sur cette province quelques renseignements que iui avait fournis William Laing* mar* chand-tailleur de Québec, qtfil avait proba* blement rencontré dans les voyages queLaing faisait en Angleterre pour l'entretien de sa boutique.

de prospectus ne porte aucune date. L'au* tetir, après s'être étendu sur les bienfaits apportés au monde par l'imprimerie, s'expli* qu'ait ainsi sur son projet i

> a On pourrait ici beaucoup dire en faisant FEnumération des Avantages précieux qui doivent particulièrement résulter de l'Etablrtsement d'une Imprimerie à Quebeck / al noua le coijsjdssrona comme le Moyen le plus efficace à faire réussir une entière Connois* sauce de la Langue Anglaise et Françom parmi ces detix Nations, qui à présent se son* jointe heureusement dans cette partie du Monde, ils seront rendus capables de converser ensemble, de se communiquer leur»

Sentiments comme des Frères, et de conduira

lotira différents Négoce» atéfta Aise et Satisfaction : Ou seulement comme un Moye»

de les mener à la ConttDtattnce de ce qui se passe chetf les Nations différentes et pins éloignées du Monde J Gonnotssance dont il* resieroient autrement presque toujours ignorants :— — Mais comme ces Avantages importants paroitront à première Vile à chaau'an qui est capable de la moindre Beffexiêa, il serait inutile de s'étendre davantage sur ce

44 En cas que nous serons assez heureux d'avoir bon Succez, notre Dessein est de nous établir au Printems prochain dans cette Vilte comme imprimeurs, et de publier aussitôt chaque Semaine une Gazette, laquelle, commo la présente Condition du Fajs le rend beaucoup nécessaire, nous proposons de publier en Français et en Anglais : Cette Méthode fournira une Leçon toutes les Semaines pour l'Avancement de chaque Habitant porté pour ftquerir une parfaite Connoissance de la Lan-

Sie de l'Endroit, différente de celle des* ere-Langife, soit un François ou un Anglms* Et comme dans un Papier destiné pour une.

Lecture générale, il sera nécessaire d'ajouter des Choses d'un Amusement gênerai, nous présenterons à nos Lecteurs occasionnellement ces Sortes d'Originaux en Prose et en Vers, qui plairont aussi bien à l'Imagination qu'ils instruiront: le Jugement Dana cet?

Égard notre Gazette sera considéré comaa*

un Canal d'Amusement, de la véritable For* mation de l'Esprit, et" d'Intelligence. Mais, comme notre Transport pour ici, et l'Etablissement d'une complète Imprimerie, nous causera de< plus grandes Dépenses que nos présentes Circonstances nous permettent, nous offrons les Propositions suivantes aux Habitants de cette* Ville, leur Encouragement de* terminera notre Etablissement parmi eux.

" Premièrement, D'abord qu'on nous procurera Trois Cents Subscriptions pour la Gazette ci dessus proposée, nous engageons d'établir une belle Imprimerie dans une Place convenable à Quebeck+au\ consistera d'un bon Assortiment des nouvelles» Characteres, d'une bonne Presse, et de tous les autres Matériaux nécessaires* pour conduire cette Affaire dans la plus parfaite Manière et avec Expédition.

" En Second Lieu, Le Prix de ceux qui souscriront sera par Année Argent courant de Canada.

" En Troisième Lieu, Les Souscrivants pourront à leur Choix avec toute la Liberté ôter leurs Souscriptions à la fin de'la première Année, et à la fin de chaque demie Année suivante, comme il leur plaira,

" En Quatrième Lieu } L'Argent ne sera pas demandé jusau'à ce que la Gazette sera actuellement établie, alors on s'y attend que chaque Souscrivant avancera la moitié de l'Argent souscrit pour la première Année, pour rendre les Imprimeurs plus capables de continuer l'Ouvrage.

n En Cinquième IAtn s nous ferons des Efforts pour envoyer ces Gazettes aux Sous* crivants qui demeurent à Montréal, et par* tout même dans des Places les plus reculées du Pays, espérant qu'en peu il seront établis des Messagers réguliers pour ces Places.

" Bbown and Gilmore."

En justice pour l'auteur de ce prospectus il faut observer que la version anglaise en est beaucoup mieux rédigée que la traduction française qu'on vient de lire.

Quelqu'exécrable que soit cette traduction apparemment fabriquée à Philadelphie, elle n'est guère plus mauvaise, cependant, que la plupart de celles qui parurent dans la Gazette durant les vingt ou trente premières années de son existence.

Comme on vient de le voir, Brown demandait "trois cents souscrivants" pour cornxnencer la publication de sa Gazette. Cepen* dant, il n'est guère probable qu'il les ait obtenus. II est plus naturel de croire que l'encouragement libéral que lui promit le gouvernement et le patronage étendu dont il le favorisa, l'engagèrent à tenter cette entreprise , bien plus que l'affluence des abonnés. Ce qui semble venir à l'appui de cette hypothèse, c'est qu'à l'époque de sa deuxième jésurrec*

(fan* eft itH èrowa n'exigeait pltfs tflôffe Cent» abonnés, mais seulement de»? cents* S'il en avait ett trois cents en 1704, il est pro* bable qu'il ja'ëfc serait {Joint venti à douter, dtfuzé ans plus tard* s'il eto aurait deux cents* bailleurs, sans parler du chiffre de la popu* lation, qui était faible, il est impossible qfte le goût (le la letftufé dés journaux fût alors afeefc généralement répandu poiir donner trois côftts, abonnés qui ne pouvaient se recruter qu'à là tille, les campagnes étant restées longtemps encore étrangère* à, cette Nouvelle impôt' tation.

M. Galneau, s>n* dire an\r quelle autorité* âxe à cent cinquante le nombre des abonnés qu'obtint à son origine, la Cfdzette de Québec*

Alors, comme pendant les années suivantes, Brown étant le seul impriment en cette prcK tince, accaparait, sanâ exciter attcttite clameur jalouse, tontes lai impwwme dit gourep nement<

Noua n'ignorotia pas que cette assertion à {encontre des. contradicteurs* Quelques écrif tains, sans donner auoune preul» valable d'ailleurs, ont prétendu que sous la dotai* ^on française, il y avait en Canada des ate< lia» d'imprimerie. Dernièrement encore, on a été jusque prétendre qu^n journal fr an cjwa:

éi&îi putiti à Québec pendant h s&ge & ilôtt. Mais l'opinion qle nous avons adoptée* parait être celle de* hommes qtn ont le plu* Spécialement étudié ces questions/

Longtemps av*nt la conquête* otf v0fy rf estvrmV que des gotfrttroeulfe français, «K fr'autres ta GAlnboànièrè, qui était plot re* masquable etomme savant que fomnm homme 4 d'Etat, ftmontrèrtfbt à Leur gouvernement combien itoe imprimerie serait utHe. en. cette province. Mais la çoâr de Fratoce paraît n'a/ voir jamais goûté ufne parfeirfe recommfend**' tion.

Toutefois s'il n'y itaitfms alors d'impri* merie en Canada, il Ée s'en suit pas. qu'on y était prr* 6 <fea formules ou des autres inK ftfimés habituellement employés dans le* {ranssctums/. eta-*~C«s sortes d'imprimé* étaient probablement apportés de France* Dans tous les cas» utra prouve Certaine qtfouf en faisait usage, c'est qu'à l'heure qu'il est, on en possède enoorer qui servirent à eetttf époqtféf.

Quant à la Gazette Littéraire de Fleur/ Mesplet, première feuille publiée à Montréal, elle ne parut qu'en juin 1778, c'est-à-dire en* viron quatorze ans après son aînée de la cafAtale* Pour notre part, il nous semble désoi*

maisbiefc constaté que l'imprimerie de Brown et Gilmore est la première établie en ce pays» Selon tonte apparence, l'éloge que Ton fait de l'esprit d'initiative de Brown est bien mérité et sa réputation de pionnier de la presse en Canada demeure incontestable» A ce titre, il ne serait peut-être pas sans intérêt de jeter un coup d'oeil snr ce qu'a été de son vivant, et après sa mort, l'établissement qu'il a fondé et qui vient d'atteindre le terme séculaire de son existence mémorable. A part cette considération, il est encore assez curieux d'assister à l'humble début de la presse périodique canadienne, qui a su acquérir depuis tant de dé* veloppements et dont l'influence va toujours croissante. En Canada plus que partout ailleurs, il est vrai de dire que le journal est le livre d'école de ceux qui n'y vont plus»

Premier numéro de la Gazette j ion contenu :— î*et imprimeurs au public— Dix-huit mois d'existence pénible.— L'acte du timbre; premier coup de mort de la Gazette,-' 8ept mois au tombeau.— liés proclamations sans les journaux.— Première résurrection. — On moment d'humeur. — Amicales relations de la 'Gazette avec le gouvernement.— Mort de Gilmore ; goût de sa veuve pour le jouraatisme*— «-Brouille avec Brown, associé de €Kfr more : société rompue.— l'art de l'un et de l'autre dans la direction de la Gazette.

C'est don* le jeudi 21 juin 1764 que parut pour la première fois la Gazette de Québec.

Elle contenait quatre pages in-quarto^ et chaque page était divisée en deux colonnes dont Fune en français et l'autre en anglais. Ce numéro, de même que ceux qui le suivirent immédiatement jne contenait pas une seule nouvelle du Canada. La feuille était presqu'entiéfement remplie par des nouvelles étrangères évidemment reproduites de quelque journal de New-York ou de Philadelphie ; le reste de ce premier numéro était occupé par qoé~ quee annonces et l'adresse des M mprimears an public" Cette adresse mérite certaiDeméii

d'être conservée, sinon à cause de sa valeur littéraire, du moins comme étant le premier article de journal écrit en ce paya. D'ailleurs* on reconnaîtra que les idées qui y sont exprimées, et surtout les promesses qui y sont formulées, ne diffèrent pas essentiellement de •elles que nous rencontrons dans les prospectus écrits de nos jours.

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