LES IMPRIMEURS AU PUBLIC
‘ Comme tout genre de science ne sert pas seulement à instruire, et à amuser le lecteur particulier, mais doit aussi conduire au bien du Public, il y a lieu d’espérer, qu’une Gazette soigneusement compilée, éérite avec choix des matières, sans partialité, ot avec une hberté convenable, ne manquera pas d'être encouragée, comme tout le monde sent combien un imprimé de cette nature est néeessaira. dans cette colonie. per
# Chaqu'un s'attend, et ce avec raison, que celuv qui sollicite l’:ttention du Public, éxposera les raisons sur lesquelles il fonde ses prétentions à son suffrage. |
“ Notre dessein est donc, de publier en Anglois, et en Francois, sous le titre de La Ga ZETTE DE QuEBEE, un recueil d’affaires étrangeres, et de transactions politiques, à fin qu'on ‘puisse se formers un idée des différents intérôts, et des connexions réciproques, des puise : sances de l'Europe, Nous aurons aussy un
colonie Angloise.
soin particulier, de cueillir les transactions, ét
les :occurences de la mère patrie, faisans attention à. chaqu’ évenement. rémarquable, à chaque débat intéressant, et à tout ouvrage extraordinaire, ainsy qu'aux tours que prendront les affaires, autant qu'on les jugera dignes de l’attention du lecteur comme matière d’amusement, ou qu’elles puissent être antiles au Public en qualité d’habitans d’une
“ À l'egard des occurences matérielles des provinces, et des isles de l'Amerigue, nous osons affirmer, que par le moyen d'une correspondance établie en chaqu’un de ces lieux, de Public sera instruit de plusieurs vériéés in-
téressantes, avec impartialité, et avee une
franchise eonvenable.
‘ Comme la rigeur-dès Hivers suspend l’arrivée des navires en cerport, pondant cette saison, et interrompt en quelque façon, le Commerce ordinaire ‘avec les provinces voisines,
| 2} Sud de nous, il sera nécessaire, dans un
apier destiné à la lecture et à l'utilité du public, de trouver de quoy l'entretenir, sans 16 secours des nouvelles des pais étrangers, à cette fin, quand de telles occasions l’exigeront, nous présenterons au lecteurs, des pièces orige en verset en prose, qui plaironé à
imagination, au meme tems qu'elles instruiront le jugement ; qu’il nous soit icy permis d'observer, que noùs n’aurons rien tant à cœur,
que le soutien de la vérité, de la motale, et.de |
la cause noble de le liberté ;'on considérér# $cs aimiusenetits raffinéés de la litérature, ot les faillies de l'esprit, comme nécessaires à ‘cotte tollection, entresémmées d’autres piéces choivies, ‘et d'essays curieux, tirés des plus célébres aüteuts ; en mélant ainsy la Philosophie, et la Politique, avec l'Histoire, &e. la jeunesse des: deux sexes profitera, tandis que les persounes de tous rangs pourroit s'amuser agréablement, et utilement : En fin, nous travaillerons à observer toute l'exactitude que Ia grande variété des sujets nous permettra, au meme +oms que nous tächerons de regaller nos leeteurs de toute la variété qui poura consister sec une exactitude raisonnable ; et eomme ébtte rs de notre projet ne peut etre mise en exécution sans la correspondenee des per- . ohnes ingenieusés, noûs saiscirons toutes les ©ceasions de témoigner notre reconnaissance, des”’obligations que-nous devrons, à ceux qui . voudront se donmer la peine de nous fournir matière d’agrément ou d'instruction.
“Comme les personnes qui demeurent at foin dans la campagne, pouroient etre frustrées de leur attente, par le défaut d'attention &e ceux qui se chargéront de la distribrtion do nos Gazottes, nous prions ces Messieurs qui touscriront cy après à notre liste, aussi bien que coux qui ont déjà souscrit, de nous faire parvenir (par écrit} leurs adresses, et les vogb uelles ils souhaiteront qu’on leur tenir leurs Gasettas, Gr
# Les avertisséments dont chaqu'un° connoit si bien l’utilité, par l'expérience de l'effet qu’ils font à la vente des biens fonds, 'et des marchandises, seront inserés avec un soin
particulier, à.un prix raisonnable, et comme
nos Gazettes se disperseront non seulement daus les capitalles et autres villes, tant des provinces, que des isles de l'Amérique appartenantes à l'Angleterre, ‘mais aussy dans les villes maritimes de la :Gründe Bretagne, et d’Ærlande, au moyer de quoy ceux qui feront insérer des avertissements dans cette Gazette, ne pourront ma..quer de bien étendre leur correspondance.
4% Cecy est un abrégé du plan que nous noûs proposons de suivre dans la publication
de cette Gazette, et comme ‘cette entreprise
nous causerà de gros fraix ah comméncement, mous espérons qu'on Nous encouragera à, proportion que l'execution de c&-;rojet pourra meriter.
. # Nous saisissons cette premiere occasion de témoigner notre reconnoissance, des faveurs que nous avons reçu des Messieurs de cette ville, qui ot généreusement souscrit à hotre liste, et dont nous espérons ‘que l’example servira à nous procurer un nombre de souscriptions suflisant pour nous mettre.en état de poursuivre notre entreprise avec apparence de succès. . À | à “ Notre résolution de contenter le Public én général, sans offensèt aucun particulier,
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se mäniféstéra mieux par l'épreuve de notre conduite, qu’en écrivant des volumes à ce"su- Luis Nous rions seulement qu’on soit assu-
ré, que ni le préjugé de la partislité, ni le scandal partieulier, ne trouveront place dans notre Gazette. ” :
Au bas de la quatrième page se trouvent les noms des deux imprimeurs, Brown et Gilmore, ainsique l'indication du lieu de l'imprimerie, qui était alors “ dans la rue de St.- Louis, deux portes au-dessus du Secrétariat, ?”? Le bureau dela Gasette fut successivement transféré “rue du Parloir,” “derrière la Cathédrale,” et plus tard, “rue Lamontagne, ” où il est resté le plus. longtemps.
: Du 21 juin 1764 au 31 octobre 1765, Browz et Gilmore publièrent soixante-douze numéros de In Gazette. Ces soixante-douze numéros ne contiennent pas l’ombre d’une appréciation politique et bienheureux sommesnous quand nous y trouvons un ou deux faitsdivers. Les lecteurs de la Gazette étaient régulièrement mis au courant des faits et gestes des peuplades sauvages du Rhode Island et du Delaware qui repoussaient le joug britannique, mais or leur laissait ignorer les événements qui s’accomplissaient dans la capitale du Capada ou dans ses environs, et dont le récit ies Qurait particulièrement intéressés,
dont nous venons de parler, le parlement anglais avait lui-même semé les premiers germes du mécontentement qui, dix ans plus tard, devait enlever -à la Grande Bretagne ses an-. ciennes colonies d’Amériqu”. L'acte du timbre était. devenu loi, en dépit da toutes. les protestations, de toutes les menaces ; protestations qui furent écoutées lorsqu'il n'était plus temps, menaces qui «n'étaient pas vaines,
| comme la suite le prouva,
: Comme notre but n’est pas d'étudier la révolution américaine, maïs seulement d’esquisser en traits rapides l’histoire d’un journal, nous nous bornerons à déplorer l'effet produit sur la Gazette de Québec par ce mslencon-
treux acte du timbre. Voici en quels termes
courageux la Gazette annonçait elle-même le
trépas ou plutôt l’éclipse passagère qu'il lui ,
fallait subir :
4 Ceci est pour avertir le public que les imprimeurs de cette . gazette se trouvent obligés de cesser de la publier dès ce jour, vu le petit nombre de souscripteurs qu'ils ont actuellement, causé par l'acte du timbrage!! Ces messieurs qui ont souscrit pour des gazettes, et qui ont payé d'avance pour un plus long temps qu'ils ne les auront reçues sont priés de s'adresser à l’imprimrie, où on leur rendra
Pendant cette période de dix-huit mois,
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oe qui leur restera dû: On oontinners d'y faire .des. ouvrages d'imprimerie (pénilant Kbixor) aveo:soin et expédition, ”
‘Cetté suspension temporaire de la Guseite nous donne. l'occasion de connaître comment les gouverneurs ‘s'y prétiaient pour oh venir au public les ordonnances, proclamations et autres documents éfficiels.Ce renseignement nous'est fourni par la minute du Conseil du 19 novembre 1765 dont voici'le texte :
“ Minutes da Conseil, du 18 novembre 1765.
Présents : James Murray et aix autres conseillers.,
“Attendu que la Gazette est ‘à présent ar rôté—
Rs Résote.-Qu'à lavenis, in publication des:
‘ordopnances, etes. aù son.dn: tambour, dans: les villes de Québec, Mentréal .et Trois-Ri-
vière, la lecture faite par. les.eurés dans. les, * différentes pre de la province et leur af.
fiche dans les lieux les plus fréquentés dès . dites villes et'aux: portés des: églises des paroiSses, 86ra CORs6e en être une publication: sufsantes
4 Murray. ”
Mais gette mapension de la Gusette ne dvra que:sept: mois. En réroquant, son ‘ acte du Fimbrage, “le Parlement anglais leva 1 pierre qué formait < tomlieau de la Gaseite,