CHAPITRE PREMIER
La généalogie spirituelle.
11 est un fait certain, c’est que, dans les cinquante dernières années, la science s’est efforcée, dans les pays occidentaux, de déterminer ce qu’on appelle la généalogie de l’homme. En Allemagne, en France, en Angleterre, les savants ont tenté d'organiser une immense collection de faits pour en déduire un arbre généalogique représentant l’évolution de l’homme, depuis la vapeur incandescente jusqu’à l’être humain civilisé.
Seulement, ces généalogies ne s’appliquent qu’à la nature physique de rhomme. En ce qui concerne son corps, les biologistes retracent, pas à paS', la manière dont cet organisme admirable et compliqué s’est cons-
truit, cellule par cellule, à travers tous les règnes de la nature. Ils y ont mis une patience merveilleuse et ont réussi dans une large mesure, quoique leur ignorance des cycles successifs de développement ait amené bien de la confusion, bien des rapprochements de types séparés les uns des autres par des æons innombrables, beaucoup d'interversions dans les enchaînements et de transpositions de descendants en ancêtres.
Mais, lors même qu’on aurait déterminé avec exactitude la descendance du corps de l’homme, on n'aurait pas déterminé la descendance de rhommelui-mêmo. Le corps n’est pas l’homme, ce n’est que son vêtement, et on ne pourra jamais comprendre Vhomme si on exclut de sa généalogie l’Esprit qui le rend éternel, et l’intelligence qui est un aspect de cet I^Esprit, différencié dans le monde matériel où il se manifeste sous forme d’intellectualité et de raison. Ainsi les généalogies scientifiques de l’homme n’ont pour ainsi dire aucune valeur à cause de leur caractère incomplet et par ce fait qu’elles s’appliquent exclusivement à la partie la moins humaine de l’homme.
Dans l’enseignement théosophique, celui qui nous vient des grands Rishis d’autrefois,
LA GÉNÉALOGIE DE l’üOMME
appuyé, vérifié et répété par les Écritures de toutes les grandes religions du monde, dans cet enseignement, on trouve une généalogie plus exacte et qui s’applique à toutes les parties de la nature humaine. Bien que les Shûstras hindous soient la source la plus riche sous ce rapport, ce n’est pas là seulement qu’on trouvera les traces de cette révélation primitive et que l’on apprendra quelque chose de cette longue route que l’homme a parcourue du minéral à Dieu, ou plutôt, devrais-je dire, de Dieu au minéral et du minéral à Dieu, car, comme le disent les Écritures de maintes religions : Nous venons de Dieii^ et nous retournons à Dieu.
Afin d’arriver à tracer avec exactitude la généalogie de l’homme, nous ferons bien de suivre les grandes lignes préparées par ce grand di.sciple des Rishis, H. P. Blavatsky, à qui j’adresse, ici, l’hommage de ma profonde reconnaissance pour la lumière et la connaissance qu’elle a apportées au monde moderne.
Dès le début de ces conférences, je tiens à reconnaître tout ce que je dois à son ouvrage, la Doctrine Secrète, où j’ai pris mon plan entier ainsi que d’innombrables détails. J’ai ajouté quelques faits, rempli quelques lacunes.
relié quelques points isolés peut-être, mais presque tous mes matériaux lui appartiennent, empruntés a ce monument de son immense science occulte et de Tétendue gigantesque de ses connaissances (i).
H. P. Blavatsky nous apprend que, pour essayer de comprendre l’homme et sa généalogie, il faut distinguer trois grandes lignes dévolution : L^évolution spirituelle, de
beaucoup la plus importante, car 1 esprit est maître delà matière qu’il dirige et façonne.
Et, sans la connaissance de l’évolution spirituelle l’homme reste un problème insoluble.
2 ® A l’autre pôle de la nature humaine, révolution physique, la généalogie du corps de l’homme. La généalogie spirituelle est la descente graduelle de l’Esprit dans la matière j la généalogie physique est l’ascension de 1 Esprit à travers la matière qu’il façonne pour la manifestation de ses propres pouvoirs. Alors considérant ces deux lignes, l’une descendante, et l’autre montante, nous arrivons au point où une troisième ligne les rejoint et les
(1) Pour cette raison, les références de la Doctrine Secrète ne seront données que s’il y a une raison spéciale de le faire. On peut dire que ces conférences s’y reportent constamment.
LA GÉNÉALOGIE DE l’HOMME
unit pour former Têtre humain : c’est l’évolution intellectuelle, la venue de TEgo qui prend possession de son tabernacle physique et relie ce tabernacle à l’Esprit qui l’a pour ainsi dire couvé, qui Ta formé, façonné par sa subtile influence. ()uand nous aurons étudié révolution spirituelle, l’évolution physique et l’évolution intellectuelle, nous verrons se dérouler devant nous un immense tableau où la descendance entière de l’homme est lumineusement peinle en ses grandes lignes, et nous commencerons à comprendre quelque chose des merveilles de cette nature humaine qui est Dieu, Dieu manifesté dans une forme
qui est divine dans son essence et par ses pouvoirs.
H. P. Blavatsky dit : « Il y a dans la nature un triple plan d’évolution pour la formation des trois Upâdhis périodiques; ou plutôt trois évolutions séparées qui, dans notre système, se trouvent inextricablement liés et entremêlés sur tous les points :
lo L’évolution monadique qui, comme son nom l’indique, concerne la croissance et le développement de la Monade qui atteint ainsi des phases supérieures d’activité. — Parallèlement à celle-ci :
LA GÉNÉALOGIE SPIBITUELLE
2 “ L’évolution intellectuelle représentée par les Manâsa Dhyanis, ceux qui donnent à l’homme l’intelligence et la conscience.
3® L’évolution physique représentée parles Châyas des Pitris lunaires, noyaux des corps humains actuels. C’est par l’union de ces trois courants, en lui, que l’homme est devenu 1 être complexe qu’il est (i). »
Tel est le grand objet de ces conférences.
Cette tâche, vraiment bien trop haute pour l’être borné en science et en pouvoirs que je suis, a été donnée à mes mains trop faibles pour l’exécuter, à mes lèvres incapables de l’exprimer. Tout ce que je peux espérer, c’est en présentant le résultat de mes études, qu a guidées une science bien supérieure à la mienne, non pas de dicter un dogme qu’on soit obligé d’accepter, mais de fournir les suggestions qu’un chercheur peut offrir à d’autres chercheurs pour les aider dans leurs propres recherches et dans leurs études. Je voudrais parvenir à donner un fd conducteur qui puisse aider à sortir du labyrinthe de la nature.
(1) Doctrine secrète^ p. 161, YI, 2® éd.
LA GÉNÉALOGIE DE l’hOMME
Évolution spirituelle de Vhomme.
Nous nous occuperons d’abord de la pre¬
mière de ces trois lignes de la généalogie
humaine : la généalogie spirituelle et, pour la comprendre, nous tracerons d’abord les grandes lignes de deux tableaux. Le premier tableau est celui de ces hautes Hiérarchies
d’intelligences spirituelles qui, ayant complété
leur évolution humaine dans les Kalpas écoulés, dans des mondes disparus, sont devenues
les coopérateurs d'Ishvâra à la création d’un nouveau Brahmanda. Ce sont les Hiérarchies
qui dirigent et façonnent, ce sont les Architectes et les (Constructeurs des systèmes solaires. Il faut que nous nous fassions une idée, si vague, si imparfaite, si maigre qu^elle soit, de ces vastes Hiéi-archies qui remplissent notre système solaire et àqui nous devons notre propre évolution spirituelle; une idée respectueuse, bien qu’imparfaite, car ces Hiérarchies sont la vie de l’univers. Elles sont les guides de l’évolution spirituelle, intellectuelle et physique de l’humanité. Le tableau sera celui du Champ d’Evolution, le point de l’espace où dévolution a lieu.
Les Grandes Hiérarchies,
D’après les anciens documents occultes pleinement d’accord sur ce point avec les plus vieux enseignements Hindous, nous voyons que notre système solaire a une vie antérieure qui s’étend jusque dans un passé en apparence infini ; son âge serait, dit-on, actuellement de 1,955,884^7^^ riode tellement immense que les mots qui Texpriment n’apportent à l’esprit d’autre signification que celle d’une incommensurable antiquité.
Si l’on remonte au commencement de ce lointain passé, on aperçoit selon la splendide image de Manou :/s/züdra, montagne de lumière apparaissant pour illuminer les ténèbres.
Il n’y a pas de termes qui représentent mieux l’aurore d’un nouvel Univers, mais les mots ne sauraient représenter l’idée imprécise de la lumière surgissant au sein d’insondables ténèbres. Telle est la comparaison choisie par le Père de l’Humanité, le Manou, pour décrire aux hommes l’aurore du système