‹ La généalogie de l'hommeChapitre 4 sur 20 · Doctrine secrète · texte numérisé non relu

Doctrine secrète

LA GÉNÉALOGIE DE l’hOMME

solaire. Puis on nous dit — et nous ne pouvons que le répéter respectueusement — qu Ishvâra se révèle en une triple manifestation, et de cette lumière merveilleuse nous voyons surgir les contours impressionnants de trois formes puissantes et divines. Ce sont tes Pouvoirs, les aspects d’Ishvâra qui vont se manifester dans 1 univ^ers naissant. Celui qui crée, Celui qui conserve et Celui qui détruit quand la tin du système approche : VLin, sous trois formes, ou les Trois dont l’essence est unique — peu importe comment on l’exprime.

Nouspressentonsvaguement que nous sommes là en face de trois Upâdhis qui apparaissent pour agir, mais sans que la conscience divine qui leur est commune soit divisée. Nous appelons ces formes imposantes Logoï, dumotgrec qui signifie Verbe, parce que l’idée du Son est celle qui représente le mieux l’incalculable pouvoir du Dieu manifesté, le son qui crée, entretient et détruit. Et remarquons que cette triplicité d aspect se retrouve dans toutes les religions, sauf parfois, lorsque pour des raisons passagères, cette doctrine n’est pas clairement et absolument proclamée. Remontons en Chaldée, étudions les trésors arrachés aux tombes de la vieille Égypte, les secrets révé-

lés par ses momies, et partout, comme dans les Schastras Hindous, on trouvera les Trois qui proviennent de l’Un et qui sont Un, dans leur nature divine, Trois dans la manifestation de leurs pouvoirs.

Tout autour de cette puissante Trimourti, baignant dans sa lumière, nous voyons la moisson des univers disparus. Ceux qui ont mérité d’atteindre ces merveilleuses hauteurs spirituelles. Et les formes que nous discernons vaguement dans l'irradiation de la lumière sont celles de Ceux qu’on appelle les Sept. Les diverses religions donnent des noms différents à ces Sept Êtres mystérieux. L’Hindou parle des sept fils d’Adili — le huitième étant Marttanda, le soleil ; chaque fils, chaque Aditya ayant sa propre « maison ». On les a appelés les sept Esprits dans le soleil ; en Egypte, c’étaient les sept dieux mystérieux. Zoroastre les nomme les sept Amshaspends ; les Juifs les sept Séphiroths; les Chrétiens et les Musulmans, les sept Archanges. Peu importe le nom, il suffit que chaque religion les montre entourant la Trinité manifestée, sorte de vicerois du vaste empire solaire d’ishvâra, ayant chacun leur royaume, administrant chacun leur région particulière. Nous les appelons en

lA i-A GÉNÉALOGIE DE L HOMME

Théosophie les Logoï planétaires parce que ces sept Esprits du soleil ont toujours été identifiés avec les sept planètes sacrées qui sont leurs corps physiques. Les planètes, dans leur forme extérieure, sont des globes, dont quelques-uns composent notre système solaire; mais leur nature spirituelle est celle des puissants fils d’Aditi qui ont chacun leur maison, c est-à-dire leur planète, gouvernant chacun leur royaume qui est une région définie du système solaire.

Autour de ceux-ci dans un cercle plus étendu viennent les Puissances, les Hiérarchies créatrices, les douze Ordres créateurs de l’Univers. A leur tête, douze grands Dieux, dont parlent les histoires archaïques, apparaissent immenses et magnifiques dans l’infinie distance où ils demeurent. Les signes bien connus du zodiaque sont leurs symboles, car le zodiaque n’est pas une invention moderne, mais a ete donné aux hommes de la quatrième race par les grands Maîtres. Et l’on peut lire dans les anciens livres de l’Inde, les noms de quelques-uns de ces Maîtres dont celui d Asuramaya, connu pour le premier des grands astronomes; c’est lui qui donna le zodiaque à l’Égypte et à l’Inde. Ces roues astro-

nomiques sont les symboles, le schéma du système solaire, et, dans les traditions du passé, nous trouvons le fil du labyrinthe et nous comprenons pourquoi il est dit qu’une planète « gouverne », qu’elle est le Seigneur d’un signe du zodiaque. Car la planète veut dire l’esprit planétaire, et son signe zodiacal représente l’une des grandes Hiérarchies créatrices comprenant le restant des Hiérarchies comme sous-hiérarchies. Celles-ci, sous son contrôle et sa direction, construisent son royaume et aident les monades dans leur évolution. Si on se rappelle cela, le tableau, bien qu’immense, ne sera pas confus. Au centre, la grande Trinité ; autour de cette Trinité, les sept Esprits qui sont les vice-rois de son Univers ; autour, encore, les douze Hiérarchies créatrices, travaillant à la construction de l’Univers.

Au point de l’évolution où nous sommes parvenus, cinq Hiérarchies créatrices sur douze échappent à la connaissance de nos Maîtres les plus avancés; quatre d’entre elles ont atteint la libération, la cinquième est sur le point de l’atteindre, de sorte que nous n’avons plus à nous occuper que de sept Hiérarchies. Toutes celles-ci concernent, en quel-

LA GÉNÉALOGIE DE L’hOMME

que sorte, notre fragment de divinité, la portion d’Ishvûra (i), le Jivâtmà, TËtre vivant, qui, comme nous allons le voir, compose Tune de ces mêmes Hiérarchies, dans sa nature la plus haute et la plus spirituelle. Essayons d’apercevoir les principaux caractères de ces Hiérarchies, car il nous faut, si vaguement que ce soit, déterminer chacune d’elles afin qu’elles ne deviennent pas absolument indiscernables à nos yeux éblouis par l’irradiation où elles baignent.

Le premier de ces Ordres est celui qu’on ne peut décrire qu’avec des mots appartenant au vocabulaire du feu : on les appelle Souffles de feu, sans formes. Seigneurs du Feu, Flammes divines. Feux divins, Lions ardents, Lions de la Vie; noms sur noms, épithètes sur épithètes, tous ayant trait au feu, car il est écrit d’Eux qu’ils sont la vie et le cœur de l’Univers, VAimâ, la volonté cosmique, et c’est à travers Eux que descend le rayon divin de Paramâtmâ qui éveille Atmâ dans la monade humaine.

Au-dessous d’Eux, la seconde grande Hiérarchie, double en sa nature, « la double

(1) « Une portion de moi-mcme, un Être Vivant. >» Bliag avaci Giîa, xv, 7).

unité » du feu et de l'éther, la raison manifestée, la sagesse du système, ce que nous appelons le Bouddhi cosmique qui éveille Bouddhi dans la monade humaine.

Au-dessous encore, la troisième, Mahat^ ou Manas cosmique, « la triade » feu, éther, eau, lactivité cosmique qui donnera aussi une part de son essence à la monade humaine, quand elle descend.

Ces trois premières Hiérarchies sont les Ordres créateurs Arûpa^ qui habitent une matière trop subtile pour y prendre une forme déterminée, une matière où toutes les formes s’entremêlent et s’interpénèlrent.

Plus bas que les précédents, viennent les Ordres créateurs Râpa et le premier d'entre eux, la quatrième des Hiérarchies, est la nôtre, la Hiérarchie des monades humaines qui n'ont pas encore quitté le sein de leur Père céleste, où, à vrai dire, nous demeurons toujours inséparablement unis à Lui, quoique raveuglement dû à la matière nous fasse croire que nous en sommes séparéset distincts. Nous pouvons à peine les concevoir, ces monades, telles qu’elles sont là, dans leur gloire natale, avec c( une certaine individualité spirituelle», est-il dit, qui deviendra de plus en plus mar-

LA GÉNÉALOGIE DE l’iIOMME

quée dans les plans inférieurs. Nous reviendrons à elles, dans un moment, après avoir achevé à grands traits cette esquisse des sept grandes Hiérarchies, pour en avoir une vue d’ensemble; elles sont appelées Jivas impérissables, et sont le quatrième des sept Ordres créateurs qui nous concernent (sur les douze).

Viennent ensuite les trois derniers ordres qui renferment beaucoup d’éléments déjà entrés dans l’évolution de notre système planétaire, dans les Kalpas passés, et que nous pouvons connaître un peu mieux parce qu’ils touchent à notre propre évolution.

La cinquième Hiérarchie est appelée celle de Makara, son symbole est le pentagone.

Ici apparaît le double aspect physique et spirituel de la nature, le positif et le négatif, en lutte l’un avec l’autre. Ce sont les turbulents, les « rebelles » de bien des mytiies. Nous entendrons beaucoup parler de ceux d’entre eux qu’on appelle les Asuras, nés du premier corps de Brahma, véhicule qui, lorsqu’il fut rejeté, devint les Ténèbres. Une grande multitude d’Êtres de cette Hiérarchie viennent d’un univers passé et sortent en quelque sorte tout formés du Logos planétaire. Ces derniers aussi semblent être appelés Asuras.

LA GKNÉALOGIE SPIRITUELLE ]<)

Mais nous avons surtout à nous occuper de ceux qui sont nés du corps de Ténèbres et qui, par leur évolulioa, appartiennent à cet Univers-ci. Ce sont des Êtres qui, sous de grands pouvoirs et une grande science spirituelle, cachent, profondément enraciné, le germe, l’essence d’Ahankâra, de cette faculté créatrice du Moi qui est nécessaire à révolution humaine. Us sont la moisson, le fruit, de la première chaîne planétaire, expression qui deviendra plus familière à mesure que nous avancerons.

La sixième de ces Hiérarchies renlej-me des Êtres que nous pouvons aussi reconnaître, issus dtilcorps de Brahma connu sous le nom de Corps de Lumière, ou du Jour. Parmi cette foule de Dévas, un groupe particulier se distingue par une gloire particulière, ce sont les Pitris des Dévas, connus sous le nom d’Agnishvatta, ceux qu’on appelle les « sextuples Dhyânis ». Ils donnent aux hommes tout ce qui n’est ni Alma ni le corps physique, c’est pourquoi on les nomme distributeurs « des cinq principes moyens de l’homme ». Ils aident la monade à s’attacher les atomes permanents en rapport avec ces principes,

le quintuple plasma ». Ils sont la moisson

20 la généalogie de l’homme

de la seconde chaîne planétaire. Celle Hiérarchie renferme aussi de grandes multitudes de Dévas, les plus élevés des Esprits de la nature ou Élémentaux du règne moyen.

La septième Hiérarchie renferme ceux que nous connaissons sous le nom de Pilris lunaires ou Barhishad Pitris, nés de ce qu’on a appelé le corps de Brahma connu sous le nom de corps du Crépuscule, le Sandhyâ. Ils

s’occupent de l’évolutionphysiquederiiomme,

comme les Agnishvatta Pitris s’occupent de son évolution intellectuelle, de sorte que nous rencontrerons souvent ces deux groupes en avançant dans notre étude. Puis nous voyons réunis autour d’Eux, et appartenant à leur Hiérarchie, les travailleurs qu’ils emploient à l’exécution de leur grand œuvre, armées de Dévas, esprits inférieurs de la nature, élémentaux du règne inférieur qui s’occuperont de la construction matérielle du corps de l’homme. A Eux encore se rattachent les (( esprits des atomes », graine d’évolutions futures qui ne nous intéressent pas pour le moment.

Ainsi se déroule devant la splendeur des sept Hiérarchies créatrices prêtes à remplir leurs fonctions, à servir de guides aux plus

jeunes dans le chemin de l’évolution, et à diriger le développement des pouvoirs spirituels dans un univers matériel.

Le Champ de VÉvolution,

Jetons maintenant, un coup d’œil sur la seconde esquisse, celle du champ de l’Evolution. Ici, je passerai très vite, parce que les traits se préciseront beaucoup quand je parlerai de l’évolution physique; mais nous ne pourrions pas bien saisir les caractéristiques de l’évolution spirituelle si nous n’avions devant les yeux les grandes lignes du champ où se déroule cette évolution. Je 1 appelle le champ, empruntant ce mot, Kshelra^ au Bhagavad Gîta, parce que c’est le type même de la matière. Ce mot exprime mieux qu’aucun de ceux que je pourrais forger tout ce qui est compris par ce mot de matière, théâtre de l’évolution.

Nous resterons dans le royaume d’un seul Logos planétaire, celui auquel nous appartenons, car chaque Logos planétaire préside à un seul champ d’Évolution, et c’est celui-là que nous allons étudier. Je n’indique que les principes fondamentaux. Premièrement, re-

tenons bien les phases du champ : elles se répètent à maintes reprises et une fois bien comprises, elles serviront de til d’Ariane dans le labyrinthe.

Il y a sept grandes étapes dans l’évolution spirituelle : pendant trois étapes, l’Esprit descend, et, en descendant, il influence la matière, lui infusant certains pouvoirs, certaines qualités, certains attributs. Ces 'qualités, ces pouvoirs et ces attributs sont les fruits des trois premières étapes de la descente de l’Esprit. Ensuite vient une étape, la quatrième, seule de son espèce, où la matière ayant reçu ces pouvoirs variés et attributs divers, entre en relation de diverses manières avec l’Esprit qui la façonne et maintenant la pénètre. C’est là la grande bataille de Tunivers, le conflit de l’Esprit et de la matière, la bataille de Kurukshetra où se heurtent les hordes immenses des deux armées ennemies.

C’est en cet endroit du champ qu’est le point d’équilibre; l’Esprit, entrant en d’innombrables relations avec la matière, est d’abord le plus faible, puis vient l’équilibre, le moment où aucun des deux n’a d’avantage sur l’autre. Puis TEsprit commence peu à peu à triompher, de sorte qu’à la fin de celte quatrième

étape l’Esprit est maître de la matière et prêt à remonter pendant les trois dernières étapes. Dans ces dernières, l’Esprit organise la matière, qu’il a dominée et animée et en use à sa guise; il en fait rinstriiment qui manifestera et mettra en œuvre les pouvoirs dePEsprit. Les trois dernières étapes sont consacrées par cette ascension spirituelle. En résumé trois étapes de descente, où s’acquièrent les qualités; une de lutte où s’établissent des relations variées, et trois d’ascension où l’Esprit façonne la matière et en fait le parfait instrument dont il a besoin pour se manifester.

Ce qui précède se résume 'donc dans le tableau suivant :

f 3 de descente Qualités Matérialisation 7 Étapes ] 1 d'équilibre Relations Conflit

( 3 de remontée Organisation Spiritualisation

Retenons bien cette idée principale, car elle se trouve à chaque étape et la régit, quelles que soient les complications qui viennent s’y ajouter; toujours cette idée aidera à se retrouver quand on se perdra dans celte confusion de Chaînes ^ de Rondes, de Globes et de Races qui trouble tant ceux qui étudient la théosophie.

GÉNÉALOGIE DE l’hOMME

La Chaîne planétaire.

Que faut-il étudier ensuite? Ce qu’oii appelle la Chaîne planétaire. Considérée dans son enseniLde, elle conslitue les Upédhis du Logos planétaires dans lesquels s’incarne sa vie. Sept étapes doivent être franchies, donc il y a sept Chaînes, trois où l’Esprit descend; une, la quatrième, où l’Espritet la matière s’enchevêtrent, s’interpénétrent et forment d’innombrables combinaisons; puis trois Chaînes d’ascension à la fin desquelles tout rentre dans le sein du Logos planétaire, pour se perdre en Ishvâra avec les fruits de l’évolution. On peut ainsi se représenter la Chaîne planétaire comme les corps dans lesquels la vie du Logos planétaire se réincarne sept fois; chaque Chaîne commençant avec la moisson de la Chaîne précédente, et chacune laissant à la suivante les fruits qu’elle a produits. La période de durée d’une Chaîne planétaire s’appelle un Manvantara planétaire, et chaque Manvantara est suivi d’un Pralaya planétaire. Les êtres qui ont développé leurs principes supérieurs durant le Manvantara passent, lorsqu’il finit, à un bienheureux état d’hyper-

conscience, le Nirvana planétaire, tandis que ceux qui n’ont pas atteint le même développement, tombent dans un paisible sommeil.

Ces « Nirvûnis » ne renaissent que lorsque la chaîne suivante a développé des Upûdhis appropriés à la continuation de leur évolution et ils poursuivent alors leur croissance.

Examinons maintenant une Chaîne planétaire isolée, voyons de quoi elle se compose, et quels sont les anneaux qui la constituent. Chaque anneau est une Ronde, ou un Cycle de vie, une vague de vie parcourant un cercle complet, d’après le principe déjà expliqué, en traversant sept étapes. Pendant trois de ces étapes la vague de vie descend dans la matière et donne naissance à des formes de plus en plus matérielles. Dans la quatrième, la vague de vie crée des formes où le conflit se poursuit. Dans les trois dernières, la vague de vie remonte et les formes qu’elle a créées deviennent de plus en plus spirituelles. En outre, chaque tour complet ou Ronde de la vague de vie développe un règne de la nature —- les trois règnes élémentals, le minéral, le végétal, l’animal, et l’humain — jusqu’à la plus haute perfection de son type spécial.

Les types futurs n’appartenant pas à cette

26 LA GÉNÉALOGIE DE l’hOMME

ronde, sont bien présents, mais à Téiat plus ou moins embryonnaire par rapport à leur destinée future. Et ainsi y a-t-il sept Rondes, sept Cycles successifs de la vague de vie, dans la Chaîne planétaire.

Examinons une Ronde en particulier, un seul Cycle de vie, nous y retrouverons les sept étapes, mais, cette fois, chaque étape est un Globe, un monde. Dans les trois premiers, des formes sont préparées; dans le quatrième, Tabîme qui sépare les formes des Esprits flottant sur elles est franchi et les formes reçoivent leur âme; dans les trois dernières, les Esprits façonnent les formes à leur gré. On a choisi les lettres de l’alphabet de A à G, pour distinguer les globes les uns des autres. Les globes de Tare descendant et ceux de Tare remontant se correspondent en ce sens que ceux de l’arc remontant montrent, dans leur état définitif, les formes esquissées embryonnaires de Tare descendant, tandis que le globe du milieu est le point d’équilibre, le lieu de conflit, le point tournant. Le globe A est composé de matière mentale subtile et il est arché-

typai, c’est-à-dire qu’il contient les archétypes des formes destinées à paraître dans la Ronde, li. P. Blavatsky nous dit, dans la Doctrine secrète (i) : « Le mot archétype ne doit pas être pris, ici, dans le sens que lui donnaient les Platoniciens, à savoir, le monde comme il existait dans le mental de la divinité mais dans le sens d’un monde servant de premier modèle et destiné à être reproduit et perfectionné par les mondes matériels subséquents. » Le globe G, celui qui correspond comme matière au globe A, sur Varc ascendant, contient le développement entier et parfait des archétypes du globe A. Le globe B est d’une matière mentale plus dense; il est créateur, intellectuel, c’est-à-dire qu’il renferme les types concrets dérivés des archétypes, les qualités y sont esquissées, les formes brutes et ébauchées. Le globe F, son correspondant sur l’arc ascendant, montre ces formes élaborées et affinées. Le globe G est de matière astrale, il est substantiel ou formatif, c’est-à-dire que les formes brutes s’y construisent dans une matière plus dense, et son globe correspondant, E, les montre toujours composées de la même matière, mais parfai-

(1) Doctrine secrète^ vol. I, p. 181, note 2, 2« éd.

IcmeiiL adaptées à leurs fonctions. Le globe D est fait de matière physique et c’est le point tournant;, le lieu de conllit entre l’Esprit et la matière.

Chaque règne destiné à être développé dans une Ronde donnée traverse une étape sur chaque globe, de sorte que lorsqu’une vague de vie a terminé son Cycle à travers les sept globes, ce qui fait une Ronde, ce règne est complètement développé; et tous les autres règnes qui lui succèdent ont avancé d’une étape dans leur évolution embryonnaire. Ainsi, à la première Ronde^ le règne élémontal supérieurest achevé, les deux autres règnes élémentaux et les règnes minéral, végétal, animal et humain sont simplement indiqués, mais imprécis, et ainsi de suite. Nous reparlerons de ceci à propos de l’évolution physique. Les Parânas parlent souvent des globes de notre chaîne sous le nom de Dvipas et de notre propre terre sous celui de Jambudvipa.

Essayons maintenant de voir clairement oîi nous en sommes dans notre propre champ de l’Évolution. Notre Logos planétaire (désigné sous le nom de Brahmâ, en tant que remplissant ses fonctions créatrices) a déjà conduit son règne jusqu’à la quatrième étape :

nous sommes donc dans la quatrième Chaîne planétaire. De la première Chaîne archétypale, nous ne savons rien, sauf qu'elle est appelée son Corps de Ténèbres ou de la Nuit, et que les Asuras en furent les fruits. De la seconde Chaîne, créatrice, nous ne savons rien non plus, sauf qu’elle fut son Corps de Lumière ou du Jour, et qu’elle a produit les Agnishvattas Pitris. De la troisième Chaîne formative, nous savons quelque chose, car la Lune en était le globe D. Cette Chaîne était le Corps du Crépuscule de Brahma et elle a produit les Barhishad Pitris et. sept classes de monades pour la Chaîne suivante; nous l’appelons la chaîne lunaire. La quatrième Chaîne, physique^ est la Chaîne terrestre, le globe D est le nôtre. Elle est le Corps d’Aiirore de Brahma et a pour fonction de produire l’homme.

Les Monades humaines.

Ayant ainsi tracé les grandes lignes des Hiérarchies et du Champ d’Évolution, nous pouvons revenir à l’étude de la quatrième Hiérarchie, celle des monades humaines qui doivent devenir des hommes pendant la Chaîne

terrestre. Et cette Chaîne est la quatrième, celle de la lutte, de Téquilibre, celle où l’Esprit et la Matière doivent s'unir de façon que ce qu’il y a de plus élevé et ce qu’il y a de plus bas, les deux pôles de la nature, se réunissent en un être complexe, Thomme, point de départ de l’évolution supérieure. De plus, les monades sont actuellement sur le Globe D, notre terre, qui est le Globe de la lutte, de l’équilibre, le Globe type qui est aux autres Globes de cette Chaîne ce que celle-ci est aux autres Chaînes. Les monades se trouvent ainsi au centre même du conflit, au point où le combat est le plus violent, au milieu des plus grandes difficultés, sur le véritable Kurukshetra planétaire. Ici, sur le quatrième Globe de la quatrième Chaîne, se livre donc la grande bataüle de l’Esprit et de la Matière qui doit finir par Je triomphe de l’Esprit.

Définition du mot homme.

Je me suis servie de ce mot (c monade humaine », je vais définir maintenant ce que l’occultisme entend par le mot « homme ».

L’homme est l’être dans lequel, quelle que soit la partie de l’univers qu’il habile, l’Esprit

le plus élevé et la matière la plus basse sont unis par Tintelligence ; donnant par la suite un Dieu manifesté qui marchera de conquête en conquête dans Pavenir illimité qui Tattend.

« L’homme » n’est pas nécessairement fait comme nous le sommes, nous, et il peut avoir un million de formes. Le mot « homme »

veut dire seulement l’être chez lequel l’Esprit et la matière sont réunis et atteignent ou atteindront l’équilibre, celui chez qui l’Esprit à la longue a vaincu ou vaincra la matière.

Quel que soit l’être où ces conditions se rencontrent, roccultisme Vappelle « homme ».

Ce nom n’est donc pas limité à notre race si inOme parmi l’immense hiérarchie humaine.

Pour bien montrer la place de l’homme dans l’évolution, celte place intermédiaire que j’ai expliquée, H. P. Blavatsky a dit que tout être de cet univers doit passer par le règne humain, s’il ne l’a déjà traversé. S’il est au-dessus, c’est qu’il y a déjà passé, tandis que s'il est au-dessous, il faudra qu’il y passe dans l’avenir. Ce n’est pas une question de race ni de globe.

« L’homme » est le champ de bataille de la Matière et de l’Esprit, et tout être, comme Yuddïshthira doit combattre son Kurukshetra

LA GÉNÉALOGIE DE l’hOMME

et en sortir vainqueur avant d’entrer dans son divin royaume. Tel est 1’ « homme ».

La Monade,

La monade, d’autre part, c’est cet esprit divin, pôle supérieur de Thomme, né d’Ishvâra Lui-même, ou plutôt né en Lui, formant un centre dans sa vie, « une portion de moimême ».

« Lève ia tête, ô Lanoo ; que vois-tu dans le ciel sombre de minuit; est-ce une lumière ou des lumières sans nombre ? — Je vois une fiamme, ô Gurudeva, et je vois des étincelles sans nombre qui brillent dans la flamme, sans s’en détacher (i). » La flamme, c’est Ishvâra, sous la forme manifestée du premier Logos; les étincelles qui ne se détachent pas, ce sont les monades, humaines et autres. Le désir de manifestation dTshvâraagit dans ces portions intégrantes de lui-même et les porte vers le monde matériel ; elles passent dans le second Logos et demeurent en lui, véritables fils du Père. Du troisième Logos, elles reçoivent l’impact qui donne à chacune l’indivi-

(1) Doctrine Secrète vol. I, p. 99, 2« éd.

dualité spirituelle, faible commencement de séparalivité. Elles entrent ensuite dans les courants qui sont les Sept issus desTrois ; chaque groupe prend la couleur du Logos planétaire dans lequel il pénètre et les sept couleurs s’entrelacent en merveilleux faisceaux d’éclatantes lumières, réalisant la première danse chorale céleste, la Râsalilà solaire, jusqu’à ce que, dans chaque Logos planétaire, les sept rayons colorés apparaissent, septuple splendeur où domine la couleur particulière de chacun pour nuancer Tensemble des rayons.

Voilà pourquoi on dit que « tout homme est né sous une planète », puisque, sur chaque globe de chaque Chaîne planétaire, apparaissent les sept groupes de monades, chacun portant la couleur de « l’Astre particulier qui est son Père ».

Jusqu'à présent, la monade n’est pas prête à entreprendre son long pèlerinage, car son attention n’est pas tournée vers l’extérieur, et les trois aspects de sa nature, reproduction des trois aspects d’ishvâra, réagissent l’un sur l’autre en lui et ne s’orientent pas vers l’univers. Mais voici qu’elles commencent à descendre par le moyen des Ordres créateurs. La première Hiérarchie créatrice leur

donne le frisson de vie qui éveille à la vie extérieure la Volonté, l’aspect atmique. De la seconde Hiérarchie vient l’impulsion, qui de la même façon éveille la Sagesse, l’aspect > buddhique, et la troisième éveille l’Activité, l’aspect manasique. Ainsi sollicitée à tourner son attention vers l’extérieur, la monade est prête à descendre.

Quand ces étapes préliminaires sont parcourues, les nombreuses monades qui doivent devenir des hommes ont atteint leur demeure où elles resteront des siècles innombrables.

Elles composent la quatrième Hiérarchie, prêtes à entreprendre leur long pèlerinage.

Chacune d’elles est un « Dhyan Chohan individuel, distinct des autres (i) », mais elles sont d’une nature trop subtile et trop haute, pour pouvoir entrer dans l’univers quintuple, c’est-à-dire dans les cinq plans de matière grossière.

Il leur faut pourtant trouver un instrument, puisque leurs pouvoirs divins doivent devenir effectifs dans ce monde qui les attend.

Ainsi que le soleil émet de la matière dans les puissantes vibrations que nous appelons-

(1) Doctrine Secrète^ vol. I, p. 260, 2^ éd.

Ba¬

ses rayons, de même la monade agissant sur la matière atomique des plans atmique, buddhique et manasique qui l’entourent, comme l’éther de l’espace entoure le soleil, y engendre des vibrations et se forme ainsi un rayon triple comme sa triple nature. En cela, elle est aidée parles cinquième et sixième Hiérarchies qui ont traversé avant elle de semblables expériences. La cinquième Hiérarchie conduit l’onde vibratoire de l’aspect Volonté à l’atome atmique, et cet atome atmique, vibrant sous rimpulsion de la Volonté, est appelé Alma, La sixième Hiérarchie conduit l’onde vibratoire de l’aspect Sagesse à Tatome buddhique, lequel, vibrant sous l’influence de la Sagesse, est appelé Baddhi. Elle conduit enfin Tonde vibratoire de TActivité à l’atome manasique, lequel, vibrant sous Tinfluence de cette Activité, est appelé Manas^ C’est ainsi que se forme Alma-Baddhi-ManaSy la monade dans le monde manifesté, le rayon de la vraie monade, qui reste au delà de l’univers quintuple.

Tel est le mystère de Celui qui veille, de Celui qui regarde, Tinactif Alma qui demeure toujours dans sa triple nature, sur son propre plan, vivant dans le monde des hommes'>

LA GÉNÉALOGIE DE l’iIOMME

par son rayon qui anime ses ombres, les vies passagères terrestres. Il est écrite dans les Stances de Dzyan : « La flamme dit à Tétincelle : Tu es moi-même, mon image et mon ombre; Je me suis revêtue de toi, et tu es mon vâhan, mon véhicule et mon instrument, jusqu’au jour « Sois avec nous » où tu redeviendras moi-même elles autres, toi et moi. » La flamme, c’est-à-dire la monade, émet le fil de la vie, triple fil tissu de sa propre nature, et, sur ce fil, Satratma, « Tâme-fil », toutes les incarnations, les ombres, sont enfilées comme des perles. Le Veilleur et ses ombres, ces dernières étant aussi nombreuses que les réincarnations de la monade. Le Veilleur ou Prototype divin occupe le sommet de l’échelle des êtres, l’ombre est au bas (i). Celui qui veille, c’est notre Père qui est dans le ciel, et « mon Père et moi nous ne sommes qu’un ».

Nos personnalités sont les ombres, nos individualités, l’Image, le fils du Père. Les ombres innombrables sont projetées par le rayon et sont les perles enfilées sur le fil de vie. Les ombres travaillent sur les plans inférieurs, mues par la monade à travers son

(1) Doctrine Secrète, pp. 249-250, vol. I, 2» éd.

image ou rayon, d’abord si faiblement que son influence est à peine perceptible, mais elle devient ensuite de plus en plus puissante. (( Le fil qui relit le Veilleur silencieux à son ombre devient plus fort et plus brillant à chaque changement. »

Nous donnerons maintenant au Fils le nom de Père et à l’Image le nom du Veilleur et nous l’appellerons la Monade; car il n’y a pas d’autre nom qui lui convienne mieux, et vraiment ce n’est qu’une seuleetmême chose.

Seulement l’image s’est revêtue de matière, voilée en Avidya et, aveuglée par l’enveloppe nouvelle, elle est faible et limitée dans ce monde nouveau. Elle vient pour dominer ce monde mais il lui faut d’abord apprendre à obéir. « Bien qu’elle fût le Fils, elle a appris l’obéissance par les choses qu’elle a souffertes, et étant devenue parfaite », elle devient ainsi maîtresse de la vie et de la mort. Mais elle oublie son origine, parce qu’elle s’endort dans la matière, et ce n’est que graduellement que les sollicitations du dehors éveilleront sa divinité quasi rêveuse et l’amèneront à se manifester.

(1) Doctrine secrète p. 249 2® édit.

(2) Ep. aux Hébreux V. 8. 9.

38 la généalogie de l’homme

Passage des monades par les quatre Chaînes planétaires.

Comme nous l’avons vu, les monades sont donc prêtes et elles entrent dans la première Chaîne planétaire, la Chaîne archétypale. Tout ce que nous savons d’elles, à ce moment, c’est que les plus développées devinrent les Asuras et passèrent dans la 5 ® Hiérarchie créatrice. D’autres moins avancées continuèrent leur évolution dans la seconde Chaîne planétaire, la créatrice, et les plus avancées d’entre celles-ci devinrent les Agnishvattas et entrèrent dans la sixième Hiérarchie. Une fois de plus, lesmoins avancées continuèrent leur évolution dans la troisième Chaîne, celle de la lune, et quand elles en sortent, nous les trouvons classées en trois groupes :

10 Les véritables Pitris, quelquefois appelés lunaires, mais mieux Pitris Barhishads : .ce sont les plus avancées des entités de la Chaîne lunaire qui, à la fin de celle-ci, entrent dans la septième Hiérarchie. Ce sont les « Dieux lunaires », les « Seigneurs de la lune aux corps aériens », chargés de conduire l’évolution physique de la quatrième Chaîne,

la Chaîne terrestre. Jointes à celles-ci, deux classes de monades moins développées sont appelées Dhyânis inférieurs, Pitris solaires — venant dans la Chaîne lunaire immédiatement après les Pitris Barishads. La première classe de ces Pitris solaires ayant déjà développé le corps causal, et la seconde étant sur le point de le former étaient trop avancées pour entrer dans la quatrième Chaîne pendant ses premières rondes; aussi n’y apparurentelles que vers le milieu de la quatrième, dans la troisième et la quatrième Race mère.

Ce premier groupe renferme ainsi trois classes de monades.

2° Quatre classes suffisamment avancées pour atteindre l’humanité pendant les trois premières rondes et demie de la Chaîne terrestre. On les a souvent appelées aussi Pitris lunaires, et ce nom leurest à moitié applicable puisqu’elles proviennent de la Chaîne lunaire, mais ce ne sont pas les « ancêtres » de l’homme et elles ne devraient pas être appelées Pitris, quoiqu’elles soient en train de devenir des hommes. Quoi qu’il en soit, ce nom leur a été donné par H. P. Blavatsky et fait partie de la terminologie théosophique. Cela importe peu, pourvu qu’on ne les confonde pas avec le

40 LA GÉNÉALOGIE DE l’hOMME

vrais Pitris lunaires, les Seigneurs de la lune du premier groupe, le précédant.

3 ® Trois classes qui quittèrent révolution lunaire parce qu’elles étaient trop en retard sur le niveau général. Elles n’atteindront l’humanité qu’à la fin de la septième Ronde de la présente Chaîne terrestre et formeront l’humanité de la cinquième Chaîne planétaire, celle qui succédera à la nôtre. Pour l’instant, elles se développent lentement dans les règnes minéraux, végétaux et animaux

Les sept classes des 2® et 3 ® groupes cidessus sont les sept classes de Pitris lunaires dont H. P. Blavatsky parle souvent. Afin d’éviter toute confusion, je les appellerai seulement « monades de la Chaîne lunaire » — terme qu’elle a employé aussi — et je réserverai le nom de Pitris lunaires aux (c Seigneurs de la Lune aux corps aériens ». Ces monades de la Chaîne lunaire sont classées, dit-on, selon leur degré « d’évolution, de conscience et de mérite (1) », et c’est ce qui détermine jeurs rentrées successives dans le temps.

Une faut pas confondre ces sept classes dues à des différences de développement avec

(\) Doctrine Secrèle^ vol. I, p. 152, 2“ éd.

les sept types de monades dus à des différences de couleurs reçues des sept Logoï planétaires, comme nous Tavons expliqué. Dans chacune des sept classes, il y a des monades des sept types, de sorte que les sept couleurs se retrouvent dans chaque classe. Donc, les sept types se montrent simultanément et côte à côte, quand une classe entre dans la chaîne planétaire, et chaque classe successive montre en elle les sept types.

Dans notre tableau de la généalogie monadique de l'homme, nous laissons de côté pour le moment le i®** groupe des Pitris lunaires, parce qu’ils s’occupent de l’évolution physique ainsi que les deux classes de Dhyanis inférieurs qui restent dans le Nirvana lunaire à s’assimiler les résultats spirituels et mentaux de leurs expériences, pour ne rentrer dans la Chaîne terrestre qu’à la quatrième Ronde.

Nous n’avons à nous' occuper ici que des sept classes des 2* et 3 ® groupes qui arrivent successivement sur la terre.

La monade, Atma-Buddhi-Manas, plane audessus des formes en voie de développement; elle ne descend pas au-dessous du niveau atomique du plan manasique où elle est représentée par l’atome manasique acquis

r,A GÉNÉALOGIE DE L’hOMME

de cette chaîae, comme nous l’avons dit, avec l’aide de la cinquième et de la sixième Hiérarchies. Un fil de vie, enveloppé de matière bouddhique est alors projeté et s’attache aux atomes destinés, à chaque stade successif, à devenir les « atomes permanents ». Ces atomes entrent alors dans les formes préparées pour la monade par les soins des Seigneurs de la Lune dans un ordre que nous étudierons en parlant de l’évolution physique. Qu’il suffise de dire en ce moment que les sept règnes — trois élémentaux, un minéral, un végétal, un animal, un humain — sont représentés sur chaque globe, les uns, ceux qui appartiennent à cette ronde ou à d’autres antérieures, complètement, et les autres, ceux qui dépassent l’évolution de la ronde, d’une façon embryonnaire. Et quoiqu’il puisse paraître étrange de traiter notre humanité d’embryonnaire, cependant le terme est exact si on la compare aux êtres d’incomparable splendeur qui formeront l’humanité de la septième ronde, la Ronde humaine. Chaque règne est divisé en sept degrés ou subdivisions, comme nous le voyons clairement en arrivant à l’homme, avec ses sept grandes races, quoique ces degrés ne nous apparaissent pas si marquées

dans les règnes inférieurs. Et en réalité, nous ne découvrons leur existence que par ce fait que les monades, qui marchent d’aulant plus nettement qu’elles sont moins avancées restent en arrière, s’attardant de plus en plus à mesure que les plus jeunes parcourent les globes de la Chaîne terrestre.

Arrivée des monades humaines. Ronde.

Quand les monades lunaires de la première classe du 2® groupe — les plus développées — arrivent sur le globe A de la Chaîne terrestre, elles passent très rapidement par les formes — préparées par les Barhishads Pitris — des six règnes inférieurs et atteignent le degré inférieur du règne humain. Le même processus se répète sur les globes B, C, D, E, F et G, un degré du règne humain s’ajoutant à chaque globe jusqu’à ce que, sur le globe G, les monades aient complété les sept étapes humaines et traversé les quarante-neuf étapes — sept dans sept règnes — qui composent chaque Ronde. Je dois rappeler ici que le mot « humain » ne veut pas dire semblable à « l’être humain wque nous connaissons. Même sur le globe D de

la Ronde, ces monades ne ti-ouvent pas de formes humaines.

Les monades lunaires de la a* classe suivent celles de la i*'® classe, mais voyagent moins vite que leurs prédécesseurs, de sorte qu’à la fin de la Ronde elles ont seulement achevé le règne animal et atteint les confins de l’humanité. Ce n’est que dans la Ronde suivante qu’elles compléteront les sept étapes du règne humain.

Les monades lunaires de la 3 ® classe suivent celles de la 2® classe, mais restent encore un peu plus en arrière et ne sont qu’à l’entrée du règne animal à la fin de la première Ronde, tandis que celles de la 4® classe sont seulement prêtes à quitter le règne minéral.

Les trois classes restantes, formant, elles, le 3 ® groupe des monades lunaires, sont, respectivement, à la fin de la première Ronde, aux confins du règne minéral et des deux règnes élémentals qui précèdent. Ainsi la R® classe a parcouru 49 étapes; la 2® classe, 42; la 3 ® classe, 35 ; la 4® classe, 28; la 5 ® classe, 21 ; la 6 ® classe, 14 ; et la 7® classe, 7. De sorte que, prenant la dernière classe comme unité, la i*'® classe voyage sept fois plus vite; la 2* classe, six fois; la 3 ' classe.

cinq fois; la 4°classe, quatre fois; la 5 ® classe, trois fois et la 6® classe, deux fois.

Il faut se rappeler que, pendant la première Ronde, les archétypes du règne minéral existent seuls sur le globe A, que le type le plus dense de matière développé dans cette ronde apparaît dans le règne minéral du globe D et que les types plus élevés des règnes végétal, animal et humain n’existent qu’à l’état de germes mentais.

A la seconde Ronde, les monades lunaires de la première classe ne passèrent que dans le règne humain, renforçant les germes où elles séjournaient. La seconde classe atteignit le règne humain et monta d’un degré sur chaque globe, achevant les sept étapes sur le globe G. La troisième classe parvint au seuil de l’humanité à la seconde Ronde, pendant que la quatrième achevait le règne végétal, prête pour le règne animal.

3 ® Ronde,

A la troisième Ronde, les monades lunaires de la première et de la seconde classe

LA GÉNÉALOGIE DE l’iIOMME

continuèrent à travailler au développement des germes humains, tandis que la troisième traversait les sept étapes du règne humain, que la quatrième arrivait à son entrée, passant dans le règne humain au commencement de la quatrième Ronde.

Pendant ce temps, les trois classes de traînards montaient lentement de sorte qu’à la quatrième Ronde toutes les monades étaient sorties des règnes élémentals. Maintenant elles sont les monades des bêtes, des plantes et des minéraux et n’atteindront pas le règne humain dans cette chaîne, la nature ne produisant plus de types humains suffisamment grossiers pour qu’elles puissent y prétendre.

4 ® Ronde.

La quatrième Ronde est souvent appelée la Ronde humaine, parce que les archétypes de chaque grande race apparurent sur le globe A à son commencement; mais, en réalité, c est plutôt la Ronde où le minéral atteint la perfection, c’est-à-dire son point de plus forte densité et de plus grande dureté.

Quand les plus avancées des monades en

iT

circulation arrivèrent sur le globe D, à la quatrième Ronde, elles étaient appropriées à un modèle bien supérieur de développement humain et c’est au Ghâyà des Pitris Barhishads que s’attacha Tatome physique permanent, ce Châyâ étant de matière éthérique.

A ilarega Bvâhmana raconte en quelques phrases cette longue évolution des monades à travers les règnes minéral, végétal et animal et leur arrivée à l’humanité. « Il y a de la vie dans les herbes et dans les arbres; il y a de l’intelligence dans les créatures qui respirent, et dans celles-ci le Soi est plus visible. Dans ces créatures qui respirent, la vie existe aussi mais l’intelligence ne se trouve pas dans les précédentes. C’est dans l’homme que le Soi se manifeste le plus. Il est riche en science, il parle de ce qu’il sait, il voit ce qu’il sait, il sait ce qui est arrivé hier, il connaît le visible et l’invisible, et, à travers ce qui est mortel, il désire l’immortel. Telles sont ses facultés. » Sâyana explique ainsi ce passage dans son commentaire : « Dans l’inconscient, la terre, les pierres, etc., Sai seul est manifesté et Atma n’a pas encore atteint la forme de Jiva. Les Jivas immobiles, c’est-à-dire les herbes et les arbres, et les Jivas mobiles, dont Prana

LA GÉNÉALOGIE DE l’hOMME

est le souffle, sont des manifestations d’un degré supérieur. »

Le 8 Grandes Races. Les Races-Mères.

Voici donc les monades les plus avancées flottant sur les formes embryonnaires de la première grande Race, et façonnant la croissance du fœtus humain dans le sein du temps.

Leurs rayons réchauffants portent à l’activité les enveloppes de matière qui les enrobent et en font des organes de communication avec le monde extérieur. Le sens de l’ouïe est le premier à se développper; c’est celui qui répond à la nature de vibrations appelées son.

Quoique pleinement éveillée sur son propre plan, la conscience monadiquerépond vaguement, bien vaguement, à travers ses voiles de matières, de sorte que les formes sont presque insensibles; elles sentent, sur le plan physique, la présence du feu, premier appel du dehors auquel répond la conscience dans ces formes nouvelles.

Quand la monade passe dans la seconde grande Race, elle ajoute, à sa conscience sur le plan physique, le sens du toucher et elle commence à répondre aux sollicitations de

Pair aussi bien qu’à celles du feu. Écoutons attentivement, nous entendrons ces formes étranges qui représentent l’humanité émettre une sorte de son musical comme un son de voyelles, quelque chose d’inarticulé qui indique vaguement des émotions, dont la source est cachée. Ce qu’il existe de conscience vient alors plutôt d’en haut que d’en bas; c'est un état paisible et satisfait, qui lient du rêve et vient d’en dedans, mais auquel se joignent peu de joies et de peines de provenance extérieure. C’est la conscience monadique éveillée sur les plans supérieurs, mais non sur le plan inférieur, et les formes presque insensibles ne répondent qu’à peine, quoique un peu plus que celle de la première grande Race.

Mais quand la monade arrive à la troisième grande Race, le progrès va plus vite; la vue s’ajoute peu à peu à Touïe et au toucher et procure une impression plus nette et mieux définie du monde extérieur. Le langage, qui n'avait été, pendant la première et la seconde sous-races, que des cris de joie ou de douleur, d'amour ou de colère devient monosyllabique avec la troisième sous-race. L’eau devient sensible aussi bien que le feu et l’air, et la forme, encore grossière et mal venue, est

50 GÉxNÉALOGIE DE l'iïOMME

maintenant distinctement une forme humaine, au-dessus de laquelle plane la monade, et qui est prête à recevoir l’intelligence qui en fera un homme. Elle répond assez bien aux vibrations de vie qui lui viennent d’en haut; mais, sur le plan physique, elle est stupide, ignorante, obéit aveuglément aux impulsions de plaisir ou de douleur venues de l’extérieur et flotte au hasard. La monade ne peut pas maîtriser son enveloppe matérielle qui, sensible aux fortes sollicitations de son propre plan, y répond d’autant plus qu’une vie plus abondante lui est versée d’en haut. Cette vie se transforme en sensibilité et suit le courant des instincts animaux. Plus la monade augmente le flux de vie, plus le danger est grand ; c’est comme si on augmentait la pression de la vapeur dans une machine que personne ne surveille.

Alors surviennent les Fils du Mental qui apportentl’élément nécessaire au progrès sans danger. L’évolution intellectuelle va commencer et, pour un temps, obscurcir l’évolution spirituelle. Celle-ci doit faire place à l’élan de l’intelligence et se retirer temporairementdans l’ombre, pendant que l’intelligence saisit les rênes et dirige les étapes suivantes de l’évo-

iulion. La monade subtilement et silencieusement commence à agir sur rintelligence en travaillant indirectement par son intermédiaire, en stimulant ses énergies, en la développant par un flux continuel de puissantes influences venues du dedans, tandis que l’intelligence commence sa lutte contre ses enveloppes matérielles, vaincue d’abord pour devenir lentement maîtresse et souveraine.

Nous quitterons maintenant l'évolution moiiadique, qui va se poursuivre lentement dans les profondeurs jusqu'au moment où l’intelligence triomphante se plongera dans l’Esprit.

Tel est, brièvement établie, notre généalogie du côté de l’Esprit. Nous avons vu notre naissance en Dieu; les Hiérarchies puissantes qui ont nourri notre enfance; les étapes de notre croissance à mesure que nous descendonsde Chaîne en Chaîne, deRonde en Ronde, de Globe en Globe, jusqu’à ce que nous soyons arrivés à notre terre à nous, — sur un terrain connu. Nous apercevons vaguement la venue des «Fils de la Nuit», des « Fils de la sombre Sagesse », de ceux qui apportent Ahamkara

LA GÉNÉALOGIE DE l’hOMME

aux hommes, et nous comprenons qu’ils sont une autre branche de notre ascendance, qu’ils sont aussi nous-mêmes. Nous voyons l’Esprit obscurci et nous savons qu’il doit mûrir en silence, pendant que l’intelligence, le Guerrier, livre le combat^ jusqu’au moment où l’intelligence déposera son butin au pied de l’Esprit et où l’homme, devenu divin, régnera sur la terre.

Page 1