‹ La généralité de Tours au XVIIIe siècleChapitre 16 sur 69 · SITUATION FINANCIÈRE · texte numérisé non relu

SITUATION FINANCIÈRE

villes de ressources qui leur étaient indispensables et de les placer dans une situation financière déplorable .

Les droits sur les cartes à jouer étaient perçus au profit de l'Ecole royale miiiiaire. Elle entretenait à cet ctfct onze employés dans la généralité. Le droit était de 1 denier par carte. On fabriiiuaitdes cartes à Tours, à Angers, au Mans. Les cartiers, autorisés par la régie, ne pouvaient avoir chez eux aucun moule de figure ; lorsqu'ils voulaient l'aire des cartes, ils avaient recours aux moules de ligures en dépôt chez les directeurs du droit des cartes. L'impression des figures était faite en présence des commis qui, par la quantité des feuilles imprimées, connaissaient le nombre de jeux que le Cartier pouvait faire et débiter. Lorsque tous les jeux étaient faits, les commis apposaient sur chacun une banderole aux armes du roi et percevaient le droit à raison de 1 denier par carte, en accordant au cartier quatre jeux par cent, pour le déchet, dont il ne payait pas les droits '. Une papeterie établie au Mans était chargée, par privilège exclusif, de fournir le papier à tous les cartiers. Il y avait une fleur de lys au milieu de chaque carte.

Le produit était de 38,000 livres : savoir 10,000 pour chacune des villes de Tours et du Mans, et 18,000 pour celle d'Angers. Les frais de perception étaient de 6,000 livres.

Les frais de réparation ou de reconstruction d'églises et de presbytères étaient peu élevés. Année commune, ils montaient à 25,000 livres. Tous les habitants d'une paroisse contribuaient à cette dépense pour laquelle on

* Blblioth. muQ., Tableau de la gétiér., p. 8U et a., ms. n° 1212.

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formait des rôles de répartition et on nommait des collecteurs particuliers avec remise de 4 deniers pour livre.

De 1766 à 1783 les impôts ont augmenté d'une manière constante et progressive dans la généralité de Tours. Tous les chapitres des impositions ont contribué à celte augmentation, mais dans des proportions très variables. La taille a passé de 4,452,27.3 livres à 5,637,721 livres^ ; mais elle est répartie plus également, les exemptions sont moins nombreuses, les poursuites ont diminué. Sans doute, elle donne lieu encore à des abus, les commissaires répartiteurs ne se sont pas toujours montrés dignes de la contiance que Du Cluzel avait placée en eux. mais il y a eu une amélioration certaine, qu'il faut attribuer à l'esprit de justice de l'intendant et au zèle qu'il déployait chaque année pour faire le département.

La capitation n'a pas été également augmentée dans toutes les élections et villes de la généralité. Les grandes villes oîi les travaux extraordinaires étaient plus importants subirent sur la capitation une augmentation de plus d'un quart, car Du Cluzel proposa toujours au Conseil de demander les ressources nécessaires à la capitation, qui atteignait un plus grand nombre de contribuables.

En ce qui concerne les vingtièmes l'augmentation fut de 200,000 livres, mais elle était, sans aucun doute, justitiée par l'accroissement des revenus. La vérification des cotes fut opérée en 1772 et 1773, avec la plus grande précision. Du Cluzel nous a dit lui-même qu'il ne reçut presque pas de réclamations.

' Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C, 69o.

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