‹ La généralité de Tours au XVIIIe siècleChapitre 27 sur 69 · ÉCOLE DE LA FLÈCHE · texte numérisé non relu

ÉCOLE DE LA FLÈCHE

d'étoutfcr l'orgueil que la jeune noblesse était trop aisément disposée à confondre avec l'éducation, et d'apprendre à considérer sous un point de vue juste tous les ordres de la société ^ ».

Le collège de la Flèche était licencié depuis quelques semaines quand Louis XVI songea à le rétablir sur de nouvelles bases. Par lettres patentes données à Versailles, le 20 mai 1776, il en confia la direction aux Pères de la Doctrine chrétienne, à la condition qu'ils entretiendraient cinquante gentilshommes et en porteraient le nombre à cent, à proportion de l'amélioration de leurs revenus et de la diminution de leurs charges ~. Du Cluzel fut chargé de faire dresser un inventaire de tous les etfets mobiliers appartenant à l'école militaire. Le subdélégué de la Flèche constata que les archives du collège renfermaient « les titres de propriété de p'ius de 103,000 livres de rentes ^ »,

Les Pères delà Doctrine chrétienne prirent possession du collège le 13 juillet 1776 ^, ils le dirigèrent jusqu'à la Révolution.

C'est à l'école de la Flèche que devaient être envoyés les élèves des écoles militaires qui, vers quatorze ans, manifestaient peu de goût pour la carrière des armes. La congrégation, pour les instruire, s'engagea à entretenir des professeurs de philosophie, d'humanités, d'allemand, de mathématiques, de dessin, de musique, d'escrime. Elle devait, en outre, recevoir des externes de toutes les classes, selon l'usage établi par les règlements antérieurs '".

i Arch. dép. d'Indre-et-Loire, G., 46.

2 Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C, 4(3.

3 Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C, 46.

* Arcb. dép. d'Indre-et-Loire, G., 47.

^ Arçh. dép. d'Indre-et-Loire, G., 47.

128 LA GKNKP.AI.ITÉ UK TOURS AU XVIIl" SIKCLE

L'établissement de la Flèche, institué d'après le même plan que les écoles militaires, soumis à des règlements à peu près semblables et n'en différant que par ladestination desélèves, ne devait disparaître qu'avec elles.

En 1780, il fut question d'établir a Laval une école d'artillerie, un arsenal de construction et une fonderie. Les terrains situés sur la rive gauche de la Mayenne devaient avoir 270 toises de longueur et 180 toises de profondeur; le prix d'achat avait été fixé à 57,040 livres, « à la condition quç les propriétaires desdits terrains seraient chargés sur ceux qui leur resteraient de la totalité des redevances dont les terrains qui allaient être acquis seraient atfranchis * ».

Le projet n'eut pas de suite; le subdélégué de Laval écrivit, en effet, à Du Cluzel que les fers du Maine étaient très cassants et qu'il faudrait employer les fers du Berry, ce qui rendrait la production 1res coûteuse-. Les habitants de Laval protestèrent, d'ailleurs, contre le projet du ministre. Ils affirmèrent que la main-d'œuvre allait augmenter, que le commerce des toiles allait être détruit et que les vapeurs de la poudre à canon ne pourraient que nuire au blanchiment des toiles ^.

En résumé, l'intendant était chargé de régler tous les détails économiques de l'administration militaire, il assurait le recrutement des milices provinciales et décidait sur les cas d'exemption. Du Cluzel s'occupa avec un soin tout particulier de cMe partie de sa tâche, et réussit à réprimer certains abus qui grevaient inutile-

1 Arch. dép. d'Indre-et-Loire. Lettre de Montbarey à Du Cluzel, 19 septembre 1780. G., 58.

2 Arcli. dép. d'Indre-et-Loire, G , 58. •'* Arcli. dép. d'Indre-el-Loire, G., 111.

Page 1