‹ La généralité de Tours au XVIIIe siècleChapitre 26 sur 69 · ÉCOLE DE LA FLÈCHE · texte numérisé non relu

ÉCOLE DE LA FLÈCHE

de l'année ITOH, il y avait déjà cent vingt élèves à l'école de la Flèche. Elle devait en avoir deux cent cinquante ^

Les lettres patentes du 20 février 1772 portent que les enfants seront admis à l'école de la Flèche de huit à neuf ans, excepté ceux qui étaient capables d'entrer en sixième et qu'on recevait jusqu'à dix ans ; les orphelins étaient admis jusqu'à douze ans. L'ordonnance du 26 juillet 178.'^ décida que les enfants seraient reçus de sept à dix ans. Us pouvaient être admis sans distinction des emplois civils et mihtaires que leurs pères avaient exercés -. Les familles n'étaient autorisées qu'à y placer un enfant à la fois ^.

Les études duraient jusqu'à quatorze ans ; les élèves entraient ensuite à l'école militaire de Paris.

L'article 4 de l'ordonnance de 1764 portail que les élèves seraient nommés par le roi, sur la présentation du ministre de la Guerre, mais l'intendant était toujours consulté et son avis était presque toujours suivi. C'est ce qui ressort d'une lettre écrite par d'Aguesseau à M. de Noyelle, à Loches. Il avait demandé une place à l'école de la Flèche pour un de ses parents, et il avait prié d'Aguesseau d'appuyer sa demande. D'Aguesseau lui répondit, le 3 mars 1771 : « J'ai présenté hier à M. de Monteynard, ministre de la Guerre, le mémoire que vous m'avez envoyé et il m'a paru touché sur ce que je lui ai dit de votre situation, et si M. l'intendant veut concourir à la grâce que vous demandez, j'espère que vous l'obtiendrez ; il y a apparence que votre mémoire lui sera envoyé, et vous ne pouvez trop l'engager à vous

1 Bibliotli. mun. lie Tours, État de la généralité de Tours, p. 204-205, ms. 1212.

2 Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C., 45-48.

3 Arch. dép. d'Indre-el-Loire, C, 48.

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être favorable, parce que c'est ordinairement l'avis de MM. les intendants qui décide le ministre K »

Les gentilshommes, pour obtenir une place à l'école de la Flèche, font valoir tantôt leurs services, tantôt leurs alliances, tantôt, et c'est le plus souvent, le triste état de leur fortune ; ils se font humbles et suppliants, tous les arguments leur paraissent bons pour obtenir de l'intendant la faveur qu'ils sollicitent.

Les élèves, arrivés à l'âge de quatorze ans, étaient examinés sur leurs dispositions, leurs progrès, leur conduite et l'état qu'ils désiraient embrasser. S'il s'en trouvait parmi eux qui se disaient appelés à l'état ecclésiastique ou à toute autre profession que celle des armes, on en donnait avis aux parents et au ministre de la Guerre, qui pouvait autoriser l'élève à continuer ses études au collège. L'enseignement était, en effet, assimilé pour les chaires de grammaire et de littérature à celui des collèges universitaires, depuis que les 'lettres patentes du 7 avril 1767 l'avaient affilié à l'Université de Paris ~.

L'école de la Flèche fut très prospère pendant douze années ; elle compta jusqu'à trois cent quarante-quatre élèves. Le 28 mars 1776, le comte de Saint-Germain supprima l'école militaire de Paris et son annexe, celle de la Flèche. Les élèves durent être disséminés par fractions de cinquante dans douze collèges, qui portèrent le titre d'écoles royales militaires. En supprimant les écoles spéciales, le but de Saint-Germain était « de mêler les élèves de l'école militaire avec les enfants des autres classes de citoyens, de ployer lescaractùcs,

1 Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C, 46.

3 Arch. dép. d'Indre-et-LoIre, C, 48.

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