DES SPERMA.X0Z03DES
Lorsqu’on examine le sperme
. 40. — Spermalozoïdes de diverses espèces animales. . Spenniitoznïdo du cochmi d’Inde. — B. Du taureau.
— C. Du iiiüulon. — D Du cheval. — E. Du lapin.
— K. Du rat. — G, G'. De l'homme. — II. Du coq.
— I. Du moineau. — K. Du pigeon. — L. De la
perche. M. Du brochet. — N, 0. De la gre-
nouille (en hiver). — P. Granulations mohiles du efierine chez le même animal. — Q. Spermatozoïdes de la grenouille (eu été). — li. Plaque épithéliale.
— S. Speriuatnzoïdes à petite tète que l'on reacunti'v parfois chez l'homme.
ORGANES GÉNITAUX DE L HOMME
au microscope, on observe une multitude de corpuscules filamenteux
appelés spermatozoïdes (fig. 40). dont la longueur totale mesure -
de millimètre et qui sont animés de mouvements ondulatoires trèsrapides Ils peuvent, en une seconde, franchir une distance égale à la lon^Kueur de leur corps. Ces filaments ont été découverts en 1677 par un étudiant de Dantzig, Louis Hamm. Ils sont pourvus d’une tête ou renflement ovoïde et d’une queue représentée par un appendice long et <^rêle. Leur forme et leurs allures rappellent celles des jeunes têtards
de grenouilles frétillant dans la vase.
Après la mort, les mouvements des spermatozoïdes durent de vingtquatre à soixante-douze heures, comme on a pu le constater sur des suppliciés. Dans les voies génitales de la femme, leur faculté motrice persiste beaucoup plus longtemps : le D’ S.-R. Percy, de New-York, a vu ces filaments se mouvoir après un séjour d’une semaine dans le vagin d’une personne assez complaisante pour se prêter à cette expérience.
ÉPOQUE DE U’APPARIXIOIV DES SPERM.AXOZOIDES. — Le
sperme peut sortir des voies génitales dès l’àge de douze ans, mais il est dépourvu de spermatozoïdes. Ces derniers n’apparaissent qu’à l’époque de la puberté, c’est-à-dire vers l’àge de dix-huit ans. Exceptionnellement, les spermatozoïdes se rencontrent dans le liquide fécondant avant la puberté ; ainsi saint Jérôme a cité le cas d’un enfant de dix ans qui engrossa sa nourrice.
D’après les recherches du D' Dieu faites à l’Hôtel des Invalides sur des vétérans âgés de plus de soixante-dix ans, le quart seulement des sujets examinés ne possédaient plus de spermatozoïdes. Gasper en a trouvé chez un vieillard de quatre-vingt-seize ans.
UVFUUENCE DES AGEAXS CIIIIUIQUES EX PHYSIQUES SUR
UES MouvEMEiiixs DES sPERxiAxozoïoES. — L’étincelle électrique foudroie les spermatozoïdes. De même l’eau froide et les solutions acides arrêtent leurs mouvements. Aussi de nombreux cas d’infécondité n’ont-ils d’autre cause que l’usage de ces liquides, en injection, aussitôt après les rapprochements sexuels. Paul Dubois parle d’une femme qui aurait conçu après avoir employé de l’eau tiède à la place d’eau froide comme à l’ordinaire. A l’état normal, la faible acidité du mucus vaginal ne peut pas tuer les spermatozoïdes, parce qu’elle est neutralisée par l’alcalinité du sperme; il n’en est plus de même si le vagin devient le siège d’un état pathologique qui rend son produit de sécrétion plus abondant et plus acide : c’est pour cette raison que l’inflammation du
LA Gi:Nl5nAT10N HUMAINE.
vagin, ou vaginite, est une cause de stérilité. On remédie à cet état par des injections alcalines d’eau de Vicliy prises aussitôt avant l’accouplement.
L eau tiède et tous les liquides à réaction faiblement alcaline, comme le sang des règles et le mucus de l’utérus, entretiennent, au contraire, la vitalité des filaments spermatiques.
exasieiv MÉmco-iiÊGAi, DES xivciiES loE SDERME. — Bien que les acides aient la propriété d’abolir les mouvements des spermatozoïdes, il n’en est aucun, pas même le plus énergique, qui ait le pouvoir de dissoudre ces filaments. Cette résistance à tout agent destructeur permet de retrouver les cadavres de spermatozoïdes dans les taches de sperme les plus anciennes : il suffit, pour cela, d’humecter la partie maculée et de la porter sous le champ du microscope. On conçoit facilement les services que cette recherche peut rendre en médecine légale.
Tardieu a découvert, de la sorte, un cas de chantage des plus audacieux. Il s’agissait d’une accusation portée contre un jeune homme de bonne famille par le père* d’une jeune'fille, qui affirmait avoir été victime d’une t?ntative de viol et montrait comme pièce à conviction un drap souillé de nombreuses taches. L’examen microscopique décéla, en effet, dans plusieurs de ces taches, la présence de spermatozoïdes privés de mouvements, mais il démontra aussi, dans d’autres taches voisines, des globules de pus blennorrhagique. Or, l’accusé n’avait aucune maladie vénérienne, tandis que le père de la jeune fille était affecté d’une uréthrite aigüe.
ivATurtE DES SPERMA.TOZOXDES. — L’extrêmc mobilité dont jouissent ces filaments les a fait tout d’abord assimiler à de véritables animalcules; d’où leurs divers noms de spermatozoïdes, spermatozoaires et zoospermes (de ai:ep\).'x, semence et Zwiv, animal). Mais, de nos jours, la plupart des physiologistes leur refusent les caractères de l’animalité, parce qu’ils n’ont pas la propriété de se reproduire ; et ils les considèrent comme des éléments anatomiques spéciaux, doués de mouvements semblables à ceux des cils vibratiles qui tapissent les parois de l’appareil respiratoire.
Parmi les animalculistes, nous citerons le professeur Pajot, qui fonde son opinion sur les résultats d’une expérience, sinon péremptoire, du moins originale. Après avoir exposé à la flamme d’une lampe l’extrémité d’une lame de verre préalablement recouverte de sperme, M. Pajot constata que les spermatozoïdes cherchaient, par des mouvements violents, à se dégager de la zone chauffée pour se réfugier au plus vite dans la région où le liquide séminal était intact. « Faire des efforts
ORGANES GÉNITAUX DE l’hOMME.
pour se délivrer, conclut le savant professeur, n’est-ce pas être doué de l’instinct de la conservation ? N’est-ce pas donner un signe non équivoque de vie, d’animalité ? »
GEivÈsE oEs spERMAxozoïDES. — A l’époque de la puberté, des cellules particulières appelées ovules mâles (fig. 41), par opposition
aux ovules femelles fournis par les ovaires de la femme, apparaissent dans les .canaux séminifères des testicules. Les spermatozoïdes se développent à l’intérieur de ces cellules. Dès qu’ils ont atteint un certain volume, l’enveloppe de leur vésicule se brise et ils deviennent libres. La rupture des vésicules peut se produire dans toute la longueur des conduits spermatiques ; mais, le plus souvent, elle s’effectue au niveau des tubes qui traversent le corps d'Hygmore. C’est pourquoi les spermatozoïdes sont plus nombreux dans Vépididyme et les canaux déférents que dans les canaux séminifères eux-mêmes. Plusieurs de ces cellules, qui n’ont pas atteint leur maturité complète, se rencontrent encore dans le sperme éjaculé.
Fig. -41. — DéTeloppement des spermatozoïdes. (Empruntée à la Physiologie de Fort.)
ROEE DES sPERMiExozoïDEs. — L’abbé Spallauzani a, le premier, démontré que la fécondation résultait de l’imprégnation directe de l’ovule femelle par le liquide spermatique, et non, comme on le pensait avant lui, de l’émanation d’un principe subtil, issu de ce fluide et nommé souffle séminal ou aura seminalis.
Il fut conduit à cette découverte en expérimentant sur des batraciens ; il habilla une grenouille mâle avec une culotte de taffetas ciré et la fit ensuite accoupler. On sait que l’accouplement de ces animaux s’opère sans introduction du pénis dans les voies génitales de la femelle : le mâle est accroupi sur celle-ci, il l’étreint fortement, et attend le moment de la ponte des œufs, pour les arroser, au passage, avec sa liqueur séminale. Or, dans ce cas, la fécondation n’eut pas lieu, tandis qu’elle s’effectua lorsque Spallanzani eut touché les œufs avec un pinceau imprégné du sperme recueilli dans le costume du mâle.
Plus tard, MM. Prévost et Dumas recherchèrent, en filtrant la liqueur séminale, quelle était sa partie fécondante ; ils trouvèrent que les spermatozoïdes jouissaient seuls de cette propriété et que la partie liquide en était dépourvue.
LA génération HUMAiNK.
pathologiques abondent d’ailleurs En effet ces spermatozoïdes dans la fécondation.
ou’à narfir dp^ 'ians le sperme de l’homme
Ipç f ^ 11 i puberté, et dans celui des animaux qu’à l’époque où
ticutn •' affections et les mutilations dis tes-
chite la liqueur séminale de spermatozoïdes, comme l’or-
cnite double et la castration, sont toutes des causes de stérilité passagère ou permanente. ^
Il parait qu à l’état normal, c’est-à-dire chez les adultes bien conformanquent environ une fois sur vingt. Delà
dpcin 1 microscope le sperme du mari, quand un mé-
ecin est consulte par une femme qui se plaint d’être stérile.
ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME