ORGANES GÉNITAUX INTERNES
^ , /.O une cavité osseuse appelée le bassin
Ces organes sont renfermés dans u
(fig. 57); ils se composent: 1“ des ovaires { °
lesquelles se forment les œufs humains ou ovules , 2 des trompes uté
ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME
rines ou oviductes, conduits destinés à diriger les ovules Invité utérine • 3" de ViUénis ou matrice, organe dans lequel séjour
C“safécondatio„ jasqu-à son complet développement; 4- du
canal dont la double fonction est de livrer passage au fcetu., lors de l’accouchement.
Fig. 56. — Organes génitaux internes de ia femme.
C. Col de l’utérus. - L. Ligament large du côté gauche. — L'. Ligament large du coté droil^
(La plus grande partie de ce ligament a été enlevée.) — M- Ligament e Trompe
O, O'. Ovaire. — P, P'. Pavillon de la trompe. — R, R . Ligament rond. . • •
— ü. Corps de l’utérus. — V. Vagin, incisé de bas en haut. - V . Colonne médian
postérieure du vagin.
DVBA.SSIIV. — Le bassin (de baccirntm, cuvette), que Miche e appelle « la profonde coupe d'amour », est un canal courbe si le tronc et les membres intérieurs auxquels il sert de poi ^
Sa lar-eur est plus considérable chez la femme que dans le se.xe mas cullr U en résulte une obliquité plus grande des cuisses qui donne à sa démarche, surtout lorsqu’elle fait de grands pas, une certaine
ressemblance avec la progression des oies.
La charpente osseuse du bassin est formée de quatre os : le sacrum, ainsi appelé parce que la région qu’il occupe était offerte aux dieux dans les sacrifices d’animaux ; le coccyx, qui doit son nom à sa ressemblance avec le bec d’un coucou {cuculus); et les os coxaux (de coxæ.
hanches), qui sont des os plats tordus sur eux-mêmes à la façon des ailes d’un moulin à vent (lig. 5S).
mVISIONI r>u DASHIIV. FIj. 58. — Os oxal dans |•ur.ranc«— A. llion. —
— La cavité du bassin est éva- *’“*'*^- ~ ^ ischion.
sée dans sa partie supérieure et l’étrécie dans sa partie déclive ; d’où sa
Fig. 57. — Surfaco inléiieure du bassin.
A. Dernière Tcrlcbro lombaire. — D- Fosse ilinque interne. — C* ftpine ilîaqne antérienre et supérieure. — D. Épine iliar|ne antirieiire et iaféiioure. — R. Éin nence ilio-pecliuce.
F. Épine du pubis. — G. Symphyse pubienne. — II. Grand ligament sacro-sciaLi |iie. — 1. Petit li;{anicnt sacro*scialiiiue. — K* Graad liou scialitiue. —* W. Petit trou sciutiiiue. ■*" 0. Poiule du coccyx.
Les 03 coxaux sont eux-mêmes divisés, dans l’enfance, entrois pièce^ qui se soudent chez l’adulte :
ce sont le pubis (de pubere, commencer à avoir du poil), ainsi nommé parce qu’il correspond au mont de Vénus qui se recouvre de poils à la puberté ; Viscliion (de tjyj.sv, hanche), dit « os de l’assiette » , nom qu il doit à ce qu’il est terminé par une gressè tubérosité sur laquelle repose le corps dans l’attitude assise; et Vilion (de ilia, lianes) qui s’articule en arrièi’e avec le
sacrum.
ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME. 75
divisimi en deux régions distinctes ; le grand bassin et ]e petit bassin (ûg. 59).
Fig. 60. — Bassiu rcvèlu de ses parlies molles.
A. Aorlo. •“ B. Veine cave inférieure. ~ P. Muscle psoas. — ~ I. Muscle iliaquo. — U. Rectum. — U. Utérus. — V. Vessie.
Le grand bassin logo les dernières circonvolutions de l’intestin grêle (pl. I.), le cæcum ou commencement du gros intestin et le côlon
Fig. 50. — Bassiu. La partie antirieure a été onleT .
A. Fosse iliaque interne. — B. Section de l’os. — C. Grand ligameol s'cr'-sc atiqne — D. Petit ligament sacro-sciatique. — lî Grand trou sciatique. — ■ F. Demi, re vertèbre Icnibair». — G. Ligament ilio-lombaire. — U. Ligament sacro-vertébral.
iliaque ; il contient, en outre, le muscle psoas iliaque (fig. 60) et les vaisseaux iliaques qui se rendent dans les membres inférieurs.
Le petit bassin ou excavation pelvienne (de pelvis, bassin) comprend tous les organes internes de la génération. 11 renferme, de plus, en avant, la vessie et en arrière, le rectum ou portion terminale du gros intestin.
L’excavation pelvienne est limitée, en haut et en bas, par deux ouvertures nommées détroits (fig. 57), parce qu’elles sont moins larges que la cavité intermédiaire qui les sépare. De telle sorte, que l’on peut comparer la forme générale du petit bassin à celle d’un tonneau dont le centre est plus bombé que les extrémités.
Le détroit supérieur sert de ligne de démarcation au grand et au petit bassin. Il présente une échancrure postérieure due à la saillie de l’articulation du sacrum avec la dernière vertèbre lombaire ou angle sacro-vertébral : cette particularité l’a fait comparer à un cœur de cartes à jouer, ou encore, selon Vésale, à un plat de barbier.
Sur un bassin revêtu de ses parties molles, c’est le diamètre oblique qui présente,au détroit supérieur, la plus grande longueur. Nous verrons bientôt la conséquence de cette disposition anatomique.
Le détroit inférieur est comblé par des parties molles qui forment le plancher du bassin et dont l’ensemble constitue \e périnée. Quoique très-extensible, cette cloison, que Ghailly a comparée à une toile d’araignée, se laisse quelquefois déchirer pendant l’accouchement; aussi le médecin doit-il avoir bien soin de soutenir cette région, lors du passage de l’enfant. La forme du détroit inférieur est à peu près circulaire ; mais le diamètre antéro-postérieur gagne , par le refoulement du coccyx en arrière , jusqu’à deux centimètres au moment de l’accouchement et peut être considéré comme le plus grand des diamètres du détroit inférieur.
En vertu de la loi, si bien formulée par le professeur Pajot, sur l’adaptation des formes et dimensions du contenu aux formes et à la capacité du contenant, on conçoit pourquoi les parties les plus développées du fœtus se dégagent, pendant l’accouchement, au détroitsupérieur suivant la direction du diamètre oblique, tandis, qu’arrivées au détroit inférieur, elles se dégagent selon l’axe du diamètre antéro-postérieur. Cette loi de l’adaptation rend compte du mouvement de rotation qu’exécute la tête, lorsqu’elle a franchi la vulve ; ce mouvement résulte du passage des épaules au détroit supérieur suivant son diamètre oblique. C’est une manœuvre analogue à celle que l’on exécute pour traverser entre les barreaux d’une grille : on passe d’abord la tête de face, puis on lait subir au corps une rotation de 90° pour dégager les épaules.
ORGANES GIÎINITAUX BE LA FEMME
Recouvert de ses parties molles, le petit bassin pi-ésente une courbure, fortement accusée èn avant, qui indique la direction prise par
reniant pendant l’accouchement (fig. 61).
Fig. 61. — Plans et axe de l’eicavatioa pelvienne.
A- Angle sacro-verlébral. — B. Point on l’axe du détroit supérieur tombe sur le détroit. Le meme axe rencontre, en arrière, le coccyx- Prolongé en liant, il correspond à l’ombilic en L. — AP. Plan du détroit supérieur. — CM. Plan du détroit inférieur. — DD. Divers plans de l’excavation — NA. Axe du détroit inférieur. — NVVB. Axe de l’excavation. — HO. Ligne horizontale.
Ainsi, l’enfant suit dans la moitié supérieure une ligne LG, qui irait de l’ombilic au coccyx, et, dans la moitié inférieure, une autre ligne AN, qui irait de l’angle sacro- vertébral à l’orifice vulvaire. La courbure des axes du bassin explique pourquoi les instruments qui doivent pénétrer dans cette cavité sont recourbés à l’une de leurs extrémités. L'ignorance de ce fait est la cause d’accidents souvent mortels chez les personnes qui, dans un but d’avortement, se servent de tiges métalliques rectilignes qu’elles dirigent vers la matrice : au lieu d’atteindre cet organe, elles perforent la paroi postérieure du vagin et pénètrent dans la cavité abdominale.
La largeur du petit bassin est la même, quelle que soit la taille de la femme ; sa longueur seule est différente. Mais de ce que le trajet à parcourir est plus court chez les femmes de petite taille, on ne doit pas en conclure, comme on le fait communément, que l’accouchement de celles-ci est moins laborieux que celui des autres. Chez les femmes
grasses, raccouchement est plus lent que chez les femmes maigres, parce que les organes du bassin sont entourés d’une graisse abondante qui réduit d’autant les dimensions du canal pelvien et ralentit la descente de l’enfant,
VICES »E coivEORMAXioiv OU oAssiiv. — Sous l’induence de V ostéomalacie (de ca-ïsiv, os, et [j,a>.r/.ov, mou), ou ramollissement des os, et du rachitisme (de épine), ou arrêt dans l’évolution du tissu osseux, le bassin, comme toutes les autres pièces du squelette, peut être vicié dans sa conformation (fig. G2, 63) : il est alors ou trop large ou trop étroit.
Fisr. CS. — UétrScisseninnl par compression anléro- Fig- pa. compi ssion
posléricurs. laUiuie,
L’ampleur du bassin, qui semble d’abord favorable à l’accouchement, lui est au contraire préjudiciable en raison de la rapidité avec laquelle s’elîectue l’expulsion de l’enfant ; l’accident le plus fréquent est la rupture du périnée. Mais le rétrécissement du bassin expose à de; dangers beaucoup plusgraves, puisque, dans la plupart de.> cas, on est obligé de sacrifier l’enfant dans le sein de sa mère et de l’extraire par morceaux. En étudiant l’accouchemcnt,nous nous étendrons plus longuement sur les opérations que nécessitent les déformations du bassin.
Fig. 64. — Pelvimètre de Baudelocqae.
OnCANKS GÉNITAUX DE LA FEMME.
Pour reconnaître sur le vivant si un bassin est vicié, il faut en mesurer les principaux diamètres ; on se sert, à cet elîet, soit du compas
d’épaisseur de n.uidelocque (fig. Ou), soit de l’index que l’on introduit dans le vagin, en le dirigant vers l’angle sacro-vertébral (fig. Gi).
DU VAGIIV. SIXUAXIOIV.
— Le vagin est un conduit membraneux destiné à recevoir le liquide fécondant ; il permet, en outre, au (lux menstruel, de s’écouler au dehors et livre passage au produit de la conception.
Situé dans l’excavation du petit Dassin, entre la vessie et le rectum (fig. 52), il s’étend de la vulve au col Fig. Ca. — Mesure du diamètre saoiu-iju- (le la matrice qu’il cinbrasse à la bien avic l'iudex. façon d’une gaine, en formant un
cul-de-sac circulaire dont la conformation rappelle assez bien celle d’un fond de bouteille vue par le goulot. L’extrémité inférieure de ce con lu t répond à l’anneau vulvaire qui, nous 1 avons vu, est en partie obturé par la membrane hymen (lîg. 53),
cAcinnE DU vAGiA. — Le diamètre du vagin est, en moyenne, de 3 il 4 ccntimèlrcs. Mais les parois do ce canal jouissent d’une élasticité considérable, puisqu’au moment de raccouchement,la tête du fœtus, large de 11 centimètres, peut le traverser. C’est cette grande extensibil té qui a permis, dans certains cas, l'introduction de corps étrangers souvent volumineux. Ainsi, Dupuytren a retiré du vagin d’une jeune fille un pot de conlitures que des soldats y avaient placé, après l’avoir violée. Quant à 1 extrémité inférieure du vagin ou anneau vulvaire, elle est très-peu extensible et forme, parfois, le principal obstacle <à la sortie de 1 enfant. D après le professeur Richet, ce serait à la rigidité de cet anneau membraneux, et non à la rupture do l'hymen, qu’il faudrait attribuer la difficulté et la douleur de la
rlollnni irin ~ l’easaire composé (i’on
Quiorauon. irès-noiibi«
recoiiveri d’uue feuille de ca-
LOXGUEUR DU VAGIIV. — SuiA’ant oulcbouc.
M. Sappoy, la longueur du vagin n’est que de 10 centimètres ; aussi
est-il facile d’explorer à l’aide de l’index les différentes parties de ce canal. Chez certaines femmes, le vagin est très-court et ne mesure que 4 ou 5 centimètres. On prend souvent cette brièveté congénitale du vagin pour une chute de la matrice et l’on fait porter des appareils nommés pessatre.s (fig. 66, 68) aux femmes qui présentent cette anomalie, alors qu’elles n’en ont pas besoin. « Tous les jours, dans la
pratique, dit Gruveilhier, ces deux choses sont confondues ; rien cependant n est plus facile à distinguer. Car, dans le cas de brièveté, l’utérus ne peut être soulevé ; dans le cas d’abaissement, il cède sans résistance au doigt qui le refoule et reprend sa position naturelle. Cette brièveté congénitale est sou-
vent une cause de stérilité, souvent aussi la cause de douleurs très-vives dans la copulation, et la source d’engorgements intlammatoires aigus ou chroniques de l’uté- Rainal.Me. j,yg J’ai vu un cas de raccourcissement
viril au point d’admettre largement le doigt indicateur. »
Fig. 68. - Pessaire Gariel en caoutchouc vide, avant son introduction.
Fig. 67. — Même pe.'isaire au moment de son introduction.
rus. J’ai vu un cas de raccourcissement considérable du vagin, dans lequel l’orifice de la matrice avait été dilaté par le membre
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lon'^it'idinal appelé colonne du vagin. La colonne anterieure, plus marquée que la pcst^^rleure, se termine à l’anneau vulvaire par le tubercule que nous avons signalé au-dessous du méat urinaire.
Fil. 63. — Pessaire Gariel, distenUu par l’air.
Les rides du vagin ne s’effacent pas au moment de l’accoucbement ; elles servent vraisemblablement à multiplier et à rendre plus sensibles
les frottements pendant la copulation. La muqueuse vaginale est dépourvue de glandes ; elle devient cependant le siège d’une sécrétion abondante sous l’influence de l’inflammation ou vaginite. Cette membrane ne possède qu’une sensibilité trèsobtuse; aussi le vagin conserve-t-il facilement les corps étrangers qu’on y introduit. Une pomme de terre placée au fond de ce canal pour remédier à un abaissement de la ma-
1. Fistule urethro-vaginalc. — 2. Fislnle Tesico-vagtnale. ai»
3. Fistule vésico-niériDe. — 4. Fistule recio-vagiiiale* IriCG y TCStâ plUSlGUrs A. Vessie. - B. Utérus. - C. Vagiu. - D. Rectum. iuCOnvé-
nient ; mais la chaleur et l’humidité firent pousser des germes qui provoquèrent de la douleur et il fallut l’extraire. M. Gosselin procéda, un
jour, à l’extractiou d’un pcssairc qui, pendant plus de trente ans, était resté dans le vagin, sans déterminer d’acc'.denls.
nAPPonxs »u valgiiv. — La paroi antérieure du vagin est en rapport avec ia vessie et le canal de Turètlirc, qui, nous l’avons dit, semble sculpté dans son épaisseur. Ce rapport explique : 1“ la possibilité d’explorer la vessie par le vagin ; 2’ celle de retirer par la même voie jes calculs urinaires ; 3’ la fré(|ueiicc delà propagation du cancer de la matrice au vagin, puis à la vessie ; 4’’ les communications morbides qui peuvent s’établir entre ce réservoir ou rurclbre avec le vagin et qui constituent les fistules vésico et urclhro-vaginales (fig. 70) ; 5° la hernie de la vessie ou cijslocèle (de -/.jstï), vessie, et hernie) dans |
le vagin, d’où elle peut s’échapper pour former à l’entrée de la vulve \
une saillie plus ou moins considérable (fig. 71). j
La paroi posiéricurc du vagin est, en gi’ande partie, adossée au rectum (lig. 52) ; elle u’est séparée de cet organe que vers sa partie supérieure par un repli du p6i'iloine (de -îpî, autour et -v.-nv), étendre) (I), appelé cul-de-sac rectü-vagi liai, dans lequel descendent les dernières circonvolutions de rintestin grêle. C'est à cause de cette disposition que les anses intestinales sortent par le vagin, lorsque ce canal vient à être perforé ou décliiré vers sa partie proloudc, soit à la suite d’une manœuvre maladroite pendant 1 accouclieinent, soit par un instrument piquant, comme dans les tentatives d’avortement. La situation du pé-
(1) C’est line membrane transparente qui enveloppe tous les viscères abdo minaux et dont l’iiiDamaiation produit la péritonite.
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ritoine près de la partie supérieure du vagin donne de la gravité aux blessures de cette région, parce qu’elles sont toujours accompagnées d’une péritonite ; les plaies delà partie inférieure du conduit vaginal sont au contraire d’une innocuité à peu près complète. Ainsi, il n’est pas rare d’observer, à la suite d’accouchements laborieux, une listulc recto-vaginale (fig. 70), c’est-à-dire la perforation de la paroi postérieure du vagin et la communication de ce canal avec le rectum. Cette solution de continuité laisse passer les excréments liquides et les gaz qui s’échappent ensuite par la vulve.
Enfin, de même que la vessie, le rectum refoule parfois la paroi postérieure du vagin et s’engage dans ce canal en y formant une hernie ou rectocèle vaginale.
A.ivonA.i.iE:s ou vagi:v. — Les vices de conformation du vagin ne sont pas rares ; tantôt ce conduit est double, tantôt il n’est qu’imperforé, ou bien il fait complètement défaut. Rokitanski a établi un vagin artificiel chez une dame dont le méat urinaire distendu recevait, jusqu’alors, le membre viril pendant la copulation. Lieutaud a connu une jeune fille qui ne présentait aucune trace de vagin ni d’urèthre et qui urinait par l’ombilic. Quand le vagin est imperforé, ce canal s’ouvre soit dans la vessie, soit dans le rectum. Barbaut a rapporté deux exemples de cette dernière variété où il y eut lécondation et accouchement par le rectum. Plus souvent, on rencontre l’anomalie inverse : l’anus est alors imperforé et le rectum s’ouvre dans le vagin. On peut heureusement remédier, par une opération, à ces dégoûtantes infirmités.
Le chirurgien pratique quelquefois l’oblitération du vagin contre la chute de la matrice ; dans ce but, il avive un point correspondant de chaque paroi vaginale et maintient en contact les surfaces saignan tes jusqu’à ce que leur soudure soit complète.
Morgagni et Velpeau citent un cas dans lequel le vagin s’ouvrait au-dessus du pubis et qui permit la fécondation.
BULBE BU VAGIIV. —
L’anneau vulvaire est embrassé - U. U. unibo (la Tagin. c. D. Organe érectile nommé
Constrlrl«nr da vagin. ’ bulbô dU Vagin (fig. 7^)^ dont la
8'|. LA GLNliltAnON IIL'.MAINK.
l'üi’nie rappelle celle de deux sangsues gorgées de sang, ou encore celle d’une besace qui serait à cheval sur le clitoris. Le bulbe du vagin se gonfle pendant l’érection et concourt, par son augnnentation de volume, à rétrécir l’oritice vulvaire, afin de rendre le contact génital plus intime et la sensation voluptueuse, qui en résulte, plus vive.
DE E’trrÉREs. SES ESAGES. — Vuténis (de uter, outre), ou matrice (de matrix, moule), est une poche membraneuse destinée à protéger et à nourrir le produit de la conception, puis à l’expulser au dehors dès qu’il a atteint son complet développement.
Sans doute, l’utérus joue un rôle important dans l’économie de la femme et exerce une grande influence sur son système nerveux ; mais il ne faut pas être aussi exclusif que les médecins de l’antiquité qui attribuaient à cet organe l’origine de toutes les maladies du sexe féminin. Ainsi, Hippocrate a dit que « la matrice était cause d’un nombre infini de maux » . Rabelais décrit en son langage pittoresque l’action de l’appareil utérin sur le système nerveux : « Nature ha dedans le corps de la femme posé, en lieu secret et intestin, un animal, lequel n’est ès hommes ; onquel quelquefois sont engendrées certaines humeurs nitreuses, bauracineuses, acres, mordicantes, lancinantes, chatouilantes amèrement : par la poincture et frétillement doloreux desquelles (car cet animal est tout nerveux et de vif sentiment) tout le corps est en elles esbranlé, tous les sens ravis, toutes affections inlérimées, touts pensements confondus. De manière que, si la nature ne leur eust arrosé le front d’un peu de honte, vous les voiriez comme forcenées, courir l’aguillette plus espouventablement, que ne feirent onques les Prœtides et les Thyades bacchiques au jour de leurs bacchanales ; parce que cestui terrible animal a colliguance à toutes les parties principales du corps, comme est évident en l’anatomie. Je le nomme animal, suivant la doctrine, tant des académiques, que des péripatétiques. Car, si mouvement propre est indice certain de chose animée, comme escrit Aristote, et tout ce qui de soi se meut est dict animal, a bon droit Platon le nomme animal, recognoissant en lui mouvements propres de suffocation, de précipitation, de corrugation, de indignation : voire si violents, que bien souvent par eulx est tollu à la femme tout aultre sens et mouvement, comme si fust lepothymie, syncope, épilepsie, apoplexie, et vraie ressemblance de mort (catalepsie). »
Ces symptômes, décrits parle médecin de Montpellier, se rapportent aux formes épileptoïdes et cataleptiques de la maladie que 1 on désigne vulgairement sous le nom de vapeurs, d’attaques de nerfs, et, scientifiquement, sous celui d’hystérie (de ùctépx, utérus), parce qu’on a sup-
ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME
posé qu’elle avait son siège dans l’utérus. Mais il est démontré que le foyer hystérogène est l’ovaire et qu’il suffît de comprimer cet organe pour arrêter l’attaque. M. Charcot a même proposé, comme remède préventif des convulsions hystériques, l’usage d’une ceinture spéciale qui exerce une compression permanente sur la région abdominale correspondante aux ovaires.
Fig, 73. — Position do l'atérus quand la vessie est distendue par Turino.
i. Origine du reclum longé dans la conca\ilé du sacrum. — 2. Coupe du rectum refoule contre le sacrum par 1 utérus. — 3. Cnupo du col ulcrîn. — 4. Cul-dc-sac reclo-vagiiial formé par le péritoine, — 3. Coupe du vagin. — G. Cloison recto-vaginal. 7. Anus. 8, Coupe du corps do rulérus. — U. Cul-de sic vésico-ulérin. — U). Civilé du corps utérin. — 14. Coupe du col utérin — l'2. Coupe do la vessie. — 13. Cloiaou vésico-vagiuale. • li. Coupe du, pubis. Ki. Cin.l de rurèllire. — 10. Méat urinaire placé au-dessous du clitoris. — 17. Grande lèvre gauche.
Le point de départ ou Vciura de la crise hystérique est, en ofTet, une
douleur qui nait de l’ovaire et s’irradie vers la région de l’estomac, en
LA GÉNÉRATION UUMAINÉ.
produisant une sensation de « boule » qui remonte jusqu’au cou. Cette boule hystérique était prise par les anciens pour l’utérus lui-même qui, croyaient-ils, se déplaçait à chaque crise ; et, dans le but de le remettre en place, les matrones faisaient respirer à la malade des odeurs repoussantes, comme Tassa fœtida, le castoreum, etc., tandis qu’elles pratiquaient des titillations sur le clitoris, ou qu’elles appliquaient sur le nombril un emplâtre contenant de la civette qui passait pour être agréable à la matrice. Jusqu’à la fin du siècle dernier, on a cru aux pérégrinations de Tutérus, conformément à l’opinion de Platon et d’Aristote qui regardaient cet organe comme un animal vivant dans un autre animal. Ainsi Riolan disait que « la matrice est une beste cruelle et envenimée dont le venin, qui n’est pas moins agissant que celuy des bestes venimeuses, s’empare presque en moins de rien des parties nobles ». Avant cet anatomiste, Galien avait avancé que les hgaments de Tutérus étaient destinés à enchaîner cet organe.
La croyance des anciens au déplacement de la matrice explique les différents moyens de compression qu’ils employaient pour empecher cet organe de sortir du bassin pendant les attaques hystériques. Au xvi« siècle, Monardies plaçait une grosse pierre sur 1 abdomen de ses malades ; au xviii® siècle, on se servait de pesants chenets, de lourds pilons, ou bien on serrait le ventre avec de longues bandes que 1 on tirait fortement à droite et à gauche. Ces pratiques donnaient de bons résultats, parce qu’en voulant comprimer la matrice, on agissait en même temps, mais sans le savoir, sur les ovaires.
RAPPORTS, DIRECXIO:^ EX OÉVIAXIOAS DE E’UXERES. -
Cet organe est situé àl’extrémîlé du vagin, entre la vessie et le rectum, et il est recouvert par les circonvolutions de l’intestin grêle. Sa direction est subordonnée à l’état de vacuité ou de réplétion delà vessie. Dans le premier cas (fig. 52), l’extrémité supérieure de la matrice est inchnee en avant, tandis que son extrémité inférieure regarde en arrière ; ü en résulte que l’axe de l’utérus forme avec celui du vagin un coude plus ou moins accusé et ouvert en avant. Dans le second, l^u crus fa.t bascule en arrière et son axe répond à celui du vagin (fit,. 73).
Sous l’iniluence de certains étals morbides, ou même sans cause définie, l’utérus subit dans sa direction des déviations fréquentes. Nonat a peut-être exagéré en reconnaissant à cet organe v.n quatre manières de se déplacer. L’extrénnte supérieure de 1 ulei us s’incline tantôt en avant, tantôt en arrière, tantôt sur les «^. e premier état constitue VaMéversion (lig. 74), le second la rU>memon, et le dernier, la latéroversion. En outre, on peut observer une m
ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME
lexion de la partie supérieure de l’utérus sur sa partie inférieure qui
donne lieu aux anomalies connues sous les noms à'antéflexion, de rétroflexion (fig. 7o), de latéroflexion. Dans ces divers cas, l’utérus prend la forme d’une cornue.
Il«. 74. — Divers deprés de l’antéversioa (A, A') et de la rétroversion (R. R', R") de l’atérus. — U. Ulérns normal. — p. Pubis.
Fig. 73. — Rétroflexion de l'ulérus.
* Parmi les causes accidentelles qui déterminent les déformations utérines, on a signalé, avec raison, l’usage d’un corset trop serré qui, en retoulant les intestins sur la matrice, len'i t <l(^nlacer cet organe.
Fig. 76. — Pessairj de Smitb, enfüriued’S. Pessair» Fig. 78. Pessaire
eu bon on. eu (.imblette.
On remédie aux dév 'tions utérines à l’aide de pessaires de diverses formes (tig. (36, 68, 76, 78, 79, 80), maintenus en permanence dans le vagin ; mais les avantages que l’on retire de ces appareils n’en compensent pas les inconvénienis . Il en est de même des ceintures hypogastriques (lig. 81), dont on conseille souvent l’emploi contre l’antéversion et l’antéllexion. Elles ne sont réellement efficaces que dans les cas di éventration, c’est-à-dire de relâchement des parois abdominales ainsi qu’on l’observe chez les femmes qui ont eu beaucoup d’enfants.
biobil.i'I'é de D’uxÉDtis. — Cst oTgane est maintenu en position par des replis du péritoine ou ligaments, qui se fixent sur les parois du bassin. Les principaux sont : les ligaments larges (fig. Sd) sur les côtés (1), les ligaments ronds en avant, et les ligaments utérosacrés en arrière. Les moyens d’attache de l’utérus jouissent d une extrême laxité qui est en rapport avec l’énorme développement que cet organe est destiné à acquérir pendant la grossesse. Cette propriété est aussi la cause de la grande mobilité de l’utérus et de la fréquence e ses déviations ; elle permet, en outre, d’attirer à la vulve le col utérin, pour lui faire subir un examen plus direct ou une opération urgente. Dans certains cas pathologiques, ces ligaments peuvent être relâchés au point de favoriser la chute complète de la matrice en dehors de l’orifice vulvaire. C’est surtout le relâchement des ligaments utéro-sacrés qui produit cette alfection et c’est leur tiraillement qui provoque les douleurs de reins dans les engorgements utérins.