‹ La génération humaine (volume 2)Chapitre 25 sur 50 · acte de copulation plus ou moins complet · texte numérisé non relu

acte de copulation plus ou moins complet

D’après l'auteur que nous citons, les fraudes indirectes se pratiquent surtout de deux manières : ou bien le rapprochement des sexes ne diffère du coït normal que par l’emploi de l’enveloppe membraneuse imaginée par le médecin anglais Condom et qui a conservé son nom ; ou bien les rapports sexuels ont lieu par les voies irrégulières, « à l’aide d’une souillure manuelle et réciproque, manus stiiprim, par l’application de la lajigue et des lèvres, par l’éréthisme du sens génésique sans contact immédiat, par le coït in vüso indebito (bouche, anus) ».

ÎSous ne dirons que quelques mots de l’usage des condoms. On les appelle encore des boyaux préservatifs, des capottes anglaises et des anti-conceptions. Ces enveloppes protectrices se préparent en baudruche ou en caoutchouc ; elles servent à deux fins, soit pour tromper les desseins de la nature en empêchant la fécondation de la femme, soit comme préservatifs des affections vénériennes dans les coïts suspects. Mais l’insuffisance de leur solidité donne lieu à de nombreux mécomptes. Aussi Ricord a-t-il eu raison dire que cette prétendue gaine de sûreté est une cuirasse contre le plaisir et une toile d’araignée contre le danger. « Mauvais parapluie, dit encore le célèbre syphiliographe, que la tempête peut crever ou déplacer, et qui, dans tous les cas, garantissant assez mal de Forage, n’empêche pas les pieds de se souiller. »

Sans nier les fâcheux effets des fraudes génésiques sur la santé, il faut cependant reconnaître qu’ils ont été fort exagérés. Leur résultat le plus grave est, au point de vue social, de s’opposer à la prospérité des États en limitant la fécondité des mariages, et c’est à cette cause qu’il faut attribuer l’arrêt dans l’acci'oissement de la population de la France. Les États-Unis ont sagement agi en prohibant, depuis lel®'' janvier 1873, l’importation des condons « comme empêchant la reproduction» .L’Église, fidèle au précepte biblique : Crescile et multiplicaniini, a, de tout temps, proscrit les fraudes conjugales. « Il n’y a rien déplus honteux, dit saint Jérôme, que de traiter sa femme comme une adultère.» Les fraudes génésiques sont placées par le droit canon au nombre des causes de nullité de mariage. Pourtant, autrefois, la plupart des théologiens qui, sous le nom de casuistes, enseignaient la morale reli-

LA GÊNlinATION HUMAINE.

gieuse, autorisaient « les attoucliements et les baisers de toute sorte » entre les époux, et ils allaient jusqu^’à reconnaître qu’il n’y a point péché mortel dans l’action de virile membrum in os miilieris immittere. D'autres, il est vrai, voulaient que les fraudes génésiques fussent assimilées à un véritable infanticide et punies comme tel.

Les économistes ne considèrent pas tous les fraudes génésiques comme un mal social. Maltlius et ses adeptes font, au contraire, de cette pratique l’élément principal de la prospérité d’un pays. Leur doctrine est fondée sur ce principe que pour accroître la richesse d’une nation, il faut augmenter la production et restreindre la multiplication de ses habitants. C’est pour atteindre ce but, que Simonde de Sismondi a proposé d’interdire, comme en Bavière, le mariage des indigents : « La société, dit-il, ne doit pas laisser mourir de misère ceux qui se sont mis sous sa protection, mais elle ne doit pas laisser naître ceux qui ne peuvent que mourir de misère. » « Que la prudence pénètre dans les ménages, dit encore Rossi, et préside à l’établissement de chaque famille et on n’aura plus à s’inquiéter de l’humanité.» De même M. Duchâtel a écrit que dès qu’un pays commence à se peupler, il faut de toute nécessité ou que la prudence des individus limite le nombre des naissances, ou que la population soit moissonnée par la misère. Citons enfin l’opinion de M. Bertillon que nous partageons entièrement :

« Après avoir développé peu à peu son intellect et s’être élevé à la connaissance de lui-même, dit ce savant statisticien, l’homme a commencé à réagir contre la fatalité, et, tandis que les misérables et les esclaves continuaient, à l’instar de la brute, à n’imposer aucune règle à leur fécondité, et méritaient le nom significatif de prolétaires (faiseurs d’enfants), les plus sages, les meilleurs (aristos) n’acceptaient les douleurs de l’enfantement, les charges de la paternité, que dans la mesure et d’après l’estimation de leur force. Ils ont arraché à la fatalité le soin de régler ce qu’elle ne règle que par la douleur et la mort, et dussent Jéhovah m’écraser de son foudre et les casuistes de leurs arrêts, je ne consens pas à y voir un crime, une faute, mais bien au contraire, une victoire de notre volonté sur la fatalité des choses. »

Il est certes préférable d’appliquer les principes de Slalthus que de recourir au remède fantaisiste proposé par Swift. « Pour empêcher, disait-il, les enfants pauvres, en Irlande, d’être à charge à leurs parents ou à leur pays et pour les rendre utiles au public, il laut les servir rôtis ou bouillis, sur la table des riches. » On sait que, dans la préface de Monsieur Alphonse, Alexandre Dumas soutient le même paradoxe et parle aussi de faire servir les jeunes enfants à 1 alimentation. Les Chi-

DE LA COPULATION

nois ont la réputation, imméritée paraît-il, de nourrir les cochons avec le superflu de leur progéniture.

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