DE LA SENSATION VOLUPTUEUSE
ivAXUKE EX nijx DE cEXXE SENisAxioNi. — Le plaisip qui accompagne le coït est, nous Tavons dit, un stimulant employé par la nature pour assurer l’accomplissement de cet acte et, par suite, la propagation de l’espèce. Voltaire l’a dit :
Tout mortel au plaisir a dû son existence.
« Comme l’éjaculation, écrit Dionis, est la fln de 1 action dans l’homme, c’est aussi le but qu’il se propose, parce que c’est le moment auquel le principal plaisir est attaché ; et tout ce qui précède ne se fait que pour arriver à l’instant de ce vif chatouillement si voisin de la douleur. C’est souvent ce plaisir si court qui détermine l’homme, plutôt que le désir d’avoir des enfants : en effet, si la nature n’avait pas mis dans les parties naturelles une volupté singulière qui se fait sentir dans les embrassements, cette action aurait été indifférente à l’homme, et il ne s’y serait porté que très-rarement ; mais la nature, qui voulait perpétuer les espèces en les renouvelant sans cesse, a attaché à ces parties un plaisir qui contraint les animaux à s’accoupler, et auquel l’homme, avec toute sa raison, n’est pas capable de résister. »
La sensation voluptueuse n’exerce aucune influence directe sur le résultat final du coït, c’est-à-dire la fécondation. Ainsi les premiers rapprochements sont toujours douloureux pour la femme et sont ordinairement suivis de grossesse. Il en est de même des fécondations obtenues artificiellement et à la suite de viols, pendant une syncope ou le sommeil provoqué par des vapeurs anesthésiques, ou encore dans l’état de catalepsie. On cite souvent l’histoire de ce religieux qui, veillant une jeune fille en léthargie, prise pour morte, fut épris de ses charmes et abusa d’elle. Repassant l’année suivante dans le même village, il apprit que cette personne avait été rappelée à la vie et que, depuis, elle était accouchée d’un enfant dont elle ignorait le père. Il avoua sa faute et la répara en épousant celle qui lui avait inspiré une si violente passion.
La sensation voluptueuse est telle chez les animaux, qu’elle fait
oublier môme l’instinct de la conservation : on peut impunément mutiler les grenouilles mâles pendant l’accouplement, sans leur faire abandonner la femelle qu’ils étreignent avec force. Dans l’espèce humaine, la sensation n’est pas moins vive. « La plupart des animaux, dit Voltaire, ne goûtent dans l’amour de plaisir que par un seul sens, et dès que cet appétit est satisfait, tout est éteint. Aucun animal, hors l’homme, ne connaît les embrassements ; tout son corps est sensible ; ses lèvres surtout jouissent d’une volupté que rien ne lasse, et ce plaisir n’appartient qu’à son espèce. Enfin, il peut dans tous les temps se livrer à l’amour, et les animaux n’ont qu’un temps marqué. »
Il paraît que, sous le règne de saint Louis, les mariés ne pouvaient passer ensemble les trois premières nuits de leurs noces sans en acheter la permission à leur évêque. « C’est bien ces trois nuits-là, fait observer Montesquieu, qu’il fallait imposer, car pour les autres, on n aurait pas donné beaucoup d’argent.» Le Concile tenu en 398, à Carthage, ordonnait la continence la première nuit seulement. Tobie, d’après l’Écriture, garda la continence les trois premières nuits de ses noces et il les sanctifia par la prière.
OIFFÉREIVCE OE SEXSAXIOIV DA.XS EES OEEX SEXES. —
Les anciens pensaient que les femmes prennent en amour plus de plaisir que les hommes, et ils firent partager cette opinion au devin Tirésias dans le différend qui, nous l’avons déjà raconté, s’éleva entre le roi de l’Olympe et sa femme. Tel était aussi l’avis de Platon, qui comparait les organes de la femme à « un animal glouton et avide, auquel si on refuse aliment en sa saison, il forcene, impatient de délai » . C’est encore à cette prétendue ardeur féminine que fait allusion ce passage de l’Écriture; « Tria sunt insaturabilia... infernus et os vulvæ et terra. » 11 y a trois choses insatiables... les enfers, la vulve et la terre. Mais il est,au contraire, reconnu que la femme éprouve moins vivement les sensations génésiques que l’homme. Et il devait en être ainsi pour permettre à ce dernier, le facteur actif de la génération, de déployer dans l’accomplissement de cette fonction toute l’énergie physique qu’elle nécessite. Certaines femmes ressentent, pendant le coït qui doit être suivi de grossesse, un spasme voluptueux d’une nature particulière, qui ne les trompe jamais.
MODE DEPRODECXIOX DEEA SEX8XXIOX XOEEDXCJEE8E.
- La sensation voluptueuse a pour point de départ les saillies papillaires du gland chez l’homme et celles du clitoris chez la femme. Sous l’inlluence des frottements répétés, ces papilles deviennent le siège d’une excitation de plus en plus vive, qui se transmet pai les filets
DE LA COPULATION
nerveux de l’appareil sexuel au centre des perceptions, le cerveau. La sensibilité de ces papilles n’est pas égale chez tous les individus ; elle est, d’autre part, subordonnée à la puissance de l’imagination, à 1 excitabilité du système nerveux et au contact plus ou moins intime des surfaces génitales. Ainsi, la sensation de plaisir est plus vive si le gland est protégé par le prépuce, que s’il est à découvert ou circoncis, car les papilles, dans ce dernier cas, sont recouvertes d’une couche épithéliale plus épaisse qui lait l’office d’une couche isolante. Il en est de même du condom qui, en recouvrant le gland, émousse sa sensibilité, i D’après le Talmud, « l’homme circoncis donne moins de bonheur à une femme que l’incirconcis ». Nous ne voyons pas bien pourquoi.
La manière la plus agréable pour l’un et l’autre sexe d’effectuer le coït est précisément celle qui rend plus intime le contact des organes génitaux. C’est, d’ailleurs, la position la plus naturelle, celle dans laquelle l’homme prend un point d’appui sur les coudes et les genoux.
« Süus naturalis, écrit le vicaire Craisson, est ut millier sit succuba et vir incubus, hic enini modus aptior est effusioni seminis virilis et receptioni in vas femineim ad prolem procreandam. JJnde si coitus aliter fiat, nempe sedendo, stando, delatere, vel prœpostere (more pecudum), vel si vir sit succubus et mulier incuba, innaturalis est. »
Parfois, les médecins sont appelés à indiquer des positions particulières, quand il s’agit de favoriser la fécondation dans les cas de stérilité due, soit aux déviations utérines, soit à certaines anomalies de la verge, comme on l’observa pour Henri II atteint d’hypospadias. « Le Roy, raconte Dionis, consulta Fernel son premier médecin, qui, après avoir examiné d’où venoit le défaut, lui enseigna la posture dont il se devoit servir en caressant la Reine, qui en eut sept tout de suite. »
Pour augmenter la sensation voluptueuse, les Dayaks de Bornéo ont recours à un moyen curieux, digne de figurer au premier rang des raffinements érotiques imaginés par les peuples civilisés. Ils se perforent le pénis d’une ou de plusieurs petites tiges de métal, dont les extrémités libres sont destinés à exciter vivement les parois vaginales. Les femmes de ces sauvages se montrent, paraît-il, fort satisfaites d'^ cette étrange coutume, et elles disent que cet instrument est au coU que le sel est à la viande.
ARTICLE V