‹ La génération humaine (volume 2)Chapitre 44 sur 50 · Biberon Mathien · texte numérisé non relu

Biberon Mathien

Fig. 223.

de vis et d'un cbapça7à éc";;7d;stina bo" b™r Teflnn^a.l efc^fe'pSnt^s Tn ‘îa'f"" et qu. servent à laisser passer pins on moins de liquide. - rf. Chapeau

iMg. 223. Biberon Galante, — a. Vase de virre. - h. Tube plongeur. — d. Tétine.

/r!"’ T'J t ^ biberons de Thier

(fig. 22i), de Robert (lig. 225), etc., qui permettent à l’enfant de boire

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LA GIÎNICUATION HUMAINE.

dans toutes les positions et sans le secours de personne. Bien que la Société d’hygiène proscrive absolument le biberon à long tube, sous prétexte qu’il rend les nourrices paresseuses, nous le préférons au biberon à main, parce qu’il réunit, selon nous, toutes les conditions voulues

Fig. 224. — Biberon à tube pliant Fig. 225. — Biberon à soupape de

de Tbier. Robert.

de propreté, de simplicité, de solidité et de bon marché. On a reproché aux ajutages en caoutchouc, tantôt de faire affluer le lait en trop grande abondance dans la bouche de l’enfant, tantôt, au contraire, de s’aplatir et de rendre les succions plus pénibles; mais il sera facile d’éviter ces inconvénients en introduisant à l’intérieur du bout renflé en mamelon un petit morceau d’éponge. En outre, le caoutchouc vulcanisé a été accusé de provoquer des empoisonnements par les traces d’arsenic ou de plomb qu’il renferme quelquefois ; mais les faits cités

à ce sujet sont fort discutables; d’ailleurs, on préviendra ce danger en faisant usage de biberons munis d’un tube en gomme noire. Ces accusations, peu justifiées, il est vrai, n’ont pas empêché M. Galante d’imaginer un sein artificiel (fig. 21^6) en caoutchouc, que l’on applique rempli de lait, sur la poitrine de la nourrice sèche.

Pour que l’allaitement artificiel réussisse, il doit se rapprocher le plus possible de l’allaitement naturel. Aussi les repas seront-ils donnés à des intervalles réguliers, toutes les deux ou Arois heures. Le lait de vache, dont la dose variera entre HOO grammes pour les quatre premiers mois et 1300 grammes dans la suite, ne devra pas être bouilli, mais on élèvera légèrement sa température au bain-marie. Jusqu’au quatrième mois, où le lait sera pris pur ; on le coupera d’abord par moitié, puis au tiers et au quart avec de l’eau filtrée qui n’aura pas éU'; privée de son air par l’ébullition. On pourra la remplacer par de l’eau

Fig. 226. — Sein artificiel de Galante.

DE l’allattement. 351

de riz si l’enfant est relâché, ou par de l’eau de gruau s’il eet au contraire resserré.

La plus grande propreté est indispensable dans l’usage des biberons, sans quoi le lait qui reste sur les parois du flacon et à l’intérieur du mamelon aigrit et irrite les voies digestives de l’enfant. Pour les entretenir en bon état, le meilleur moyen est d’en avoir deux à sa disposition, ce qui permet d’en nettoyer un pendant qu’on se sert de l’autre.

L allaitement au biberon est une pratique très-ancienne : les Romains l’employaient déjà et ils appelaient assæ nutrices, nourrices sèches, les femmes qui se chargeaient de ce soin. De nos jours, ce mode d’alimentation est encore fort répandu et l’on vient d’installer à l’hospice des enfants assistés, une nourricerie modèle pour les nombreux enfants que 1 Assistance publique recueille et que, faute d’un nombre suffisant de nourrices, elle doit faire allaiter au biberon avec du lait de chèvres. Un essai du même genre a été fait par le Saint-Clair Monribot, qui a créé, près de Villiers-sur-Marne, un établissement appelé la Pourponnière, et destiné à l’allaitement artificiel.

Néanmoins, beaucoup de médecins se sont élevés contre la pratique du biberon. D’après Trousseau, sur quatre enfants allaités artificiellement il en meurt au moins un et les autres risquent d’être rachitiques. « La diarrhée verte et les coliques, dit Lorain, les vomissements, le choléra infantil, 1 émaciation, le faciès sénile, l’entérite et le muguet ; la mort enfin en sont trop^ souvent la conséquence. » Ce n’est pas sans raison que les cultivateurs appellent le biberon « la rente du médecin » .

S’il est vrai que, dans les grands centres, l’alimentation artificielle est à peu près impraticable, il faut pourtant reconnaître qu’elle donne à la campagne, où 1 air est pur et le lait de bonne qualité, des résultats moins défavorables. Mais, quoi qu’il en soit, le biberon ne vaut pas une nourrice digne de ce nom et nous pensons avec le poète que :

Le meillenr biberon, c’est le sein d’une mère.

DU sEVRyvGE. — Ofi lie sauruit assigner de terme absolu à l'allaitement ; sa durée est subordonnée à certaines conditions individuelles comme l’état de santé de la mère et celui de l’enfant. Ce sera surtout le travail de la dentition qui devra déterminer cette époque et, comme l’a dit Trousseau, le sevrage n’est pas une question d’almanach mais une question de dentiste. Galien avait déjà écrit ; « Puellus, quoad primorp<i dentes emisent, solo lacté alendm. » L’enfant devra être nourri exclusivement de lait jusqu’à l’apparition des premières dents. Il est, en effet.

nécessaire que l’enfant ait un certain nombr-e de dents, sinon toutes, pour prendre sans inconvénient les aliments solides qui doivent faire partie de son nouveau régime, et il sera sage d’attendre, par exemple, l’érup. tion des douze premières dents, qui est complète du deuxième au quinzième mois. M. Boucliut ne supprime l’allaitement qu’après la sortie des dents canines, c’est-à-dire vers le vingtième mois. Baumès va plus loin et il est d’avis qu’il ne faut sevrer les enfants qu’après l’éruption totale des dents de lait, ce qui retarderait le sevrage jusqu’au delà de la deuxième année. Il est vrai que, chez les Israélites, la durée de l’allaitement était de trois ans, ainsi que le prouve ce passage de la Bible : « Mon fils, aie pitié de moi, qui t’ai porté neuf mois dans mon sein, qui t’ai allaité trois ans et qui t’ai nourri et élevé jusqu’à l’âge où tu es. » D’après Buffon, les sauvages du Canada allaitent leurs enfants pendant cinq ou six ans. Mais, sans tomber dans ces exagérations, le terme du sevrage peut être fixé, comme nous venons de le dire, entre le douzième et le quinzième mois.

« On sèvre trop tôt tous les enfants, dit J.-J. Rousseau. Le temps où l’on doit les sevrer est indiqué par l’éruption des dents, et cette éruption est communément pénible et douloureuse. Par un instinct machinal l’enfant porte alors fréquemment à sa bouche tout ce qu’il lient pour le mâcher. On pense faciliter l’opération en lui donnant pour hochet quelque corps dur, comme l’ivoire ou la dent de loup. Je crois qu’on se trompe. Les corps durs, appliqués sur les gencives, loin de les ramollir les rendent calleuses, les endurcissent, préparent un déchirement plus pénible et plus douloureux. Prenons toujours l’instinct pour exemple. On ne voit point les jeunes chiens exercer leurs dents naissantes sur des cailloux, sur du fer, sur des os, mais sur du bois, du cuir, des chilfons, des matières molles qui cèdent et où la dent s’imprime. » On calme les enfants en leur donnant un nouet qu’ils s’eniroduisentdans la bouche ; et pour éviter la termentation de son contenu, il sera bon de le renouveler fréquemment.

Le sevrage ne doit pas s’effectuer brusquement, mais graduellement. On débute, un mois avant l’époque fixée, par supprimer l’allaitement de la nuit, puis on arrive peu à peu à cesser celui du jour, en augmentant progressivement la dose des aliments, tels que bouillies de froment, panades de biscotes, potages au pain, au tapioca, au sagou, au racahou, farine lactée, ou glands doux, etc., auxquels l’enfant a dû être habitué dès le sixième ou septième mois.

L’été est une mauvaise saison pour le sevrage, parce que les affections abdominales, que peut amener la modification du régime, sont plus fréquentes à cette époque qu’à toute autre.

DE l’allaitement.

Si Venfant fait quelque difficulté à se séparer du seiu, on a coutume d’étendre sur le mamelon une solution d’aloès, de quinine, de coloquinte ou simplement de moutarde ; mais un moyen plus efficace est l’éloignement de la nourrice pendant plusieurs jours. Parfois, tous ces artifices sont inutiles et l’enfant abandonne spontanément le sein, surtout quand l’allaitement s’est prolongé au delà du terme ordinaire. Ainsi, raconte Vogel, je donnais un jour des soins à une dame américaine qui continuait toujours d’allaiter son fils âgé de deux ans et demi, jusqu’à ce que ce dernier, enfant très-éveillé et très-avancé sous le rapport de l’intelligence, vînt un jour à dire très-gentiment à sa mère : Merci, chère maman, cela m'ennuie de téter.

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