Petites lèvres. — 10. Sinus uro-génital
Fig. 6. — Embryon do la fin du quatrième mois. Type masculin.
La surface du scrotum est couverte de nombreuses rides qui, selon les cas, se multiplient ou tendent à disparaître : le froid, la frayeur, le spasme vénérien, ratatinent et rétractent les bourses ; la chaleur, la maladie, la vieillesse, les rendent flasques et pendantes.
La face profonde du scrotum est tapissée d’une couche peu épaisse de fibres musculaires lisses, que plusieurs anatomistes décrivent comme une enveloppe distincte Sous le nom de dartos (de Sepd>, j’écorche). Ces faisceaux musculaires donnent lieu, en se rétractant, aux plicatures scrotales que nous venons de signaler.
Le scrotum ne reçoit qu’un nombre peu considérable de filets nerveux et de vaisseaux sanguins, ce qui explique la faiblesse de sa sensibilité et de sa vitalité.
Les vaisseaux lymphatiques de la peau des bourses viennent se jeter dans les ganglions de l’aine et ceux des testicules aboutissent aux ganglions placés dans la région lombaire de chaque côté de la colonne vertébrale. Voilà pourquoi les affections du testicule sont accompagnées de « douleurs de reins » plus ou moins intenses, tandis que les maladies du scrotum, comme les chancres syphilitiques, déterminent des engorgements de l’aine (fig. 7).
II. xuiviQUE cEi.i.ui.KusE. — Lo scrotum est séparo des autres enveloppes testiculaires par une lame de tissu cellulaire qui cons-
LA GÉNÉnATION HUMAINE.
titue, pour plusieurs auteurs, la tunique celluleuse. Ce sont les mailles de ce tissu qui s’infiltrent de sang dans les contusions, de sérosité dans les hydropisies et d’air dans l’emphysème. Certains conscrits profitent de la perméabilité de ce tissu pour tenter de se faire réformer : imitant le procédé des bateleurs qui produisent des hydrocéphales artificiels en introduisant de l’air sous le cuir chevelu d’un enfant, ils s’insufflent le tissu cellulaire des bourses ; celles-ci augmentent alors de volume et simulent une tumeur qui donnerait le change au conseil de révision, s’il n’était prévenu de ces sortes de supercheries.
Fij. 7. — Engorg^mant des ganglions de l'aine consecutif à un chancre mou des bourses.
1. Adénite on bubon suppuré, prêt à s’ouvrir. — 2. Bubons suppnrés et ulcérés. (Figure tirée de la Pathologie externe de M. Fort.)
III. xu:%iiQUE EiBUEusE co.MMuxEi. — Cette tunique sert de gaine aux éléments du cordon spermatique et au testicule recouvert de sa tunique vaginale. Sa face extérieure donne insertion à de nombreuses fibres musculaires qui, au niveau du cordon, prennent le nom de crémaster (de -/.psiJtaw, je suspends) et, au niveau du testicule, de tunique érythroide (de èp'jOpoç, rouge, et elSo;, aspect).
Ces fibres musculaires ont pour usage de rétracter le testicule vers l’abdomen par un mouvement d’ascension brusque et saccadé, bien dilférent des contractions lentes et vermiculaires du scrotum. Toutes les causes qui font contracter les muscles abdominaux, telles que la
ORGANES GlîNITAUX DE l’ HOMME. *7
toux, l’effort, le coït, etc., agissent aussi sur les créraasters. Les contractions de ces derniers peuvent encore être provoquées sous des influences purement psychiques : Arnaud cite l’exemple d’un conseiller au Parlement, dont les glandes séminales remontaient dans le canal inguinal, chaque fois qu’il était en présence d’une dame.
IV. xtnviQtjE vAGiivAEE. — La tunique vaginale (de vagina, gaine) est la plus profonde des enveloppes du testicule ; elle a pour fonction de faciliter les mouvements de cet organe. Comme toutes les membranes séreuses de l’économie, la tunique vaginale représente un sac sans ouverture, formé de deux feuillets qui adhèrent 1 un au testicule et l’autre à la tunique fibreuse commune.
Ces deux feuillets limitent une cavité virtuelle (17, fig. 3), àl’intérieur de laquelle peut s’accumuler du sang ou de la sérosité, comme on l’observe dans Vhématocèle (de ou[j.oi, sang et v.-fiX-q, tumeur) et X hydrocèle (de üStDp, eau).
2“ xEsxicuEES. AiwoRcuioiE. * Les testicules, dit Galien, sont plus précieux que le cœur lui-même ; le cœur n’est utile que pour vivre, tandis que les testicules le sont pour bien vivre. » Ces organes sont au nombre de deux : de là le nom de didymes (de double) qui
leur a encore été donné. Le testicule gauche descend un peu plus bas que le droit, ce qui évite leur froissement dans le rapprochement des cuisses.
Les glandes séminales peuvent faire défaut et cette anomalie constitue Yanorchidie {de x), privatif et o~xiçi testicule.) Leur absence n’est le plus souvent qu’apparente, et lorsqu’elle est réelle, elle entraîne nonseulement la stérilité, mais encore l’impuissance. Cependant on a pendu pour viol un soldat que Gruber, tors de l’autopsie, a reconnu anorchide.
Quant aux sujets qui subissent la castration (de castratus, châtré) après la puberté et deviennent accidentellement anorchides, ils perdent aussi l’aptitude à la fécondation (1), mais ils peuvent encore accomplir le simulacre de l’acte vénérien. Cette particularité était autrefois appréciée des dames romaines ad securas libidinationes. Le passage suivant de Juvénal en fait foi : « Il en est qui se délectent dans les molles caresses des eunuques ; point de barbe à redouter, nul besoin de drogues abortives. L’ingénieuse recherche de la volupté ne livre l’adolescent au
(i) Dans son Manuel de médecine légale, Sédillot raconte qu’nn homme châtré par Boyer était fort inquiet de voir sa femme enceinte et vint consulter ce chirurgien qui, pour ne pas troubler la paix du ménage, répondit que c’était possible ; mais il ajouta en regardant üxeinent la femme que c’était son dernier enfant, et que s’il en survenait un autre, il pouvait être assuré qu’il ne lui appartenait pas.
la GÉNIÎRATION ItUMAINE.
médecin qu^alors que son membre mûri s’est ombragé d’un poil noir. Jusque-là, on attend, on laisse croître les testicules, et lorsqu’ils commencent à peser deux livres, Héliodore les ampute; le barbier seul v perd. » . ^
DE EA CA8XRAXI01V. EEi\!ijQEEs. — La castration a été pratiquée de tout temps et pour des causes différentes. Ainsi, Sémiramis faisait châtrer les enfants contrefaits, afin de les rendre incapables de perpétuer leur race. G est dans le même but que quelques médecins contemporains ont proposé de faire subir aux crétins cette cruellf mutilation. Le fanatisme religieux joue aussi un grand rôle dans l’histoire de la castration. A l’exemple des prêtres de Cybèle, Origène se fit émasculer pour mieux observer le précepte de la continence. De nos jours, les Skoptzy en Russie, prenant à la lettre différents passages des livres sacrés (1), se mutilent comme autrefois les Valériens. Voici le procédé chirurgical qu’ils emploient : on applique sur les bourses du néophyte un cataplasme de bouse de vache, pour les rendre pendantes , puis on le fait tourner rapidement sur lui-même, pendant qu un prêtre l’exhorte en criant sans cesse : Attrape celai que tu poursuis, jusqu’à ce qu’il tombe étourdi et comme anesthésié par ce genre d exercice , le cataplasme est aussitôt enlevé, les bourses sont liées et coupées au-dessus de la ligature et l’on applique sur la plaie un onguent particulier. Mais souvent l’opération se termine par une hémorrhagie mortelle.
^ Assez souvent la castration n’a d’autre mobile que la vengeance : l’exemple d’Abélard, la victime du chanoine Fulbert, est le plus" connu. «Bien que l’ablation de la verge et des testicules ait été complète, dit Zimmermann, en lisant ses lettres à Ileloïse, elles sont d’un homme qui a aimé, qui aime encore, qui l’avoue, et qui ne sait consoler sa maîtresse qu’en lui racontant tout ce qu’il souffre, tout ce qu’il lui en coûte d’être séparé d’elle. » Chez les Romains, il était permis aux maris trompés de se faire justice eux-mêmes et de châtrer, séance tenante, ceux qu’ils trouvaient en flagrant délit d’adultère avec leurs femmes. C’est à cette cou-
(i) I y on a qui sont ennnqnes dès le ventre de leur mère; il v en a qui ont eie unis eunuques par les lioimuos, et il y en n qui se sont fails 'eunuques eu.x- /"c 'ilnfi •’oy'’''une des cieu.x. Que celui qui peut enteiulre, entende.
(S. Alallncu \|\, 12.)— i^t l’eunuque ne doit pas dire: Voilà que je suis un arhre sec. car le Seigneur a dit à l’euniu|ue : Ceux (jui ohservent mon salibal et font ce (|ui ni eslngrealile cl gardent lUIèlement mon alliance, je leurdonnerai une place uan.s ma maison et entre mes murs et un nom medleur; ils seront mes lils donnerai un nom éternel et qui ne passera point. (Isaïe
AVI, 4, i)l. ' ’
Il est vrai que Moïse dit dans le Deutéronome : • Celui qui est eunuque soit pour .avoir etc froisse, soit pour avoir été taillé, n’entrera pas dans rassemblée de 1 ttcrnel. >1
ORGANES GÉNITAUX DE l’hOMME.
tume que Plaute fait allusion dans ce passage : « Il me tarde de trancher l’objet de ce libertin, afin que je le lui pende au cou, comme les grelots qu’on met aux enfants. » Il paraît que les sauvages de l’Afrique centrale ont aussi l’habitude d’émasculer immédiatement leurs prisonniers.
Les cas de castration maniaque ne sont pas moins fréquents. ^ P. Menière a vu apporter à l’Hôtel-Dieu, dans le service de Dupuytren, un hypocondriaque qui s’était mutilé pour punir sa femme de ses débordements. Le poète Lucilius parle d’un fou qui agit de même pour se venger des méfaits de sa femme :
Prœcidil caulem, testesque una amputai ambo-
Brachet a publié dans la Gazette des Hôpitaux le cas d’un Italien affecté de manie délirante et qui fut placé à Bicêtre, en 1811, dans le service de Lisfranc. Un jour il se promenait dans la cour de la maison et y vit, ce qui était assez ordinaire, plusieurs aliénés se livrer avec fureur à la masturbation, malgré la surveillance la plus active. « Que de marchandise perdue ! s’écria-t-il ; combien une femme ici ferait bien scs allaires I si je me faisais femme, ce serait moi qui profiterais de tout cela. » Cette idée lui sourit et lui inspire le projet de se retrancher les appendices qu’il crod être seuls un obstacle à sa métamorphose. Armé d’une méchanle lame de couteau, il va dans les latrines et, à force de scier, il enlève très-ras les organes génitaux ; puis il vient triomphalement se promener au milieu de ses camarades d’infortune, pensant attirer bientôt leurs hommages.
La castration n’éteint pas complètement les désirs vénériens, surtout lorsqu’elle a été pratiquée à l’àge adulte. Le docteur Fauvel rapporte que l’eunuque en chef du Sultan possède un harem, et quil consacre à ses femmes une grande partie de son temps. « Mais en vérité, ajoute ce médecin, je ne saurais dire ce à quoi il l’emploie. » Putiphar était attaché à la cour de Pharaon comme eunuque, et cette qualité ne 1 empêchait pas d’avoir une femme pleine d’ardeur, à en juger par son aventure avec Joseph. Récemment, un prêtre se fit une double castration pour se délivrer de ses érections importunes. « Or, dit M. Ledentu qui a observé le fait, d’après les renseignements que je tiens de cet ecclésiastique, il a encore de temps à autre des érections nocturnes. »
La castration exerce une influence particulière sur l’appareil vocal, en conservant à l’enfant sa voix de soprano et en élevant d’un octave celle de 1 adulte; aussi a-t-elle été pratiquée longtemps en Italie afin d’obtenir de belles voix, et l’on façonnait des chantres pour la chapelle Sixtine et
LA aKNÉHATlON IIL'.MAINT,.
pour les théâtres, alors qu’il était interdit aux. femmes d’y chanter. t.,es castrats de cette espèce étaient désignés sous le nom de Musico.
La bulle pontificale de Clément XIV défendit « toute préparation au chant ayant pour but de donner une voix artificielle aux jeunes garçons » ; mais bien des parents, par cupidité, n’en continuèrent pas moins à faire mutiler leurs enfants. Louis XllI attacha un certain nombre de castrats à la chapelle du palais ; la cour les appelait les « incommodés » . On raconte que Crescentini,un des derniers castrats qui aient joui d’une grande renommée, a fait verser des larmes à Napoléon Ier en chantant Roméo et Juliette. Il paraît que, dans sa jeunesse, le ténor Dupré eut à résister aux instances de son maître Chéron qui l’engageait à se faire châtrer pour augmenter l’étendue et la beauté de sa voix. Ce maestro, beaucoup trop enthousiaste de son art, ignorait sans doute que la castration est un crime puni par la loi (1). La margrave de Bade donna le même conseil au chirurgien J.-P. Frank et le général Diego, son protecteur, eut beaucoup de peine à faire renoncer la princesse à son projet.
Au XVII® siècle, la castration était pratiquée par des empiriques pour guérir les maladies les plus diverses : la lèpre, la folie, les hernies, etc. Dionis rapporte qu’un de ces spécialistes ambulants nourrissait son chien des testicules qu’il enlevait. Ambroise Paré s’éleva contre cet abus de couper « ce qui fait la paix de la maison », et, en 1776, l’Académie de médecine n’autorisa que les chirurgiens diplômés à pratiquer la castration.
Aujourd’hui, cette opération n’est indiquée que dans les cas d’affections organiques des testicules, telles que le cancer et les tubercules.
En dehors de ces cas morbides, l’ablation des testicules ne se fait plus qu’en Orient, chez les eunuques (de eûvïj, lit et à'^etv, garder) préposés à la garde du sérail.
Ceux-ci se divisent, d’après M. Siredey, en quatre classes : 1® les spadones, qui ne sont privés que d’un testicule et peuvent par conséquent se marier ; 2“ les thadiai, dont on écrasait les glandes séminales avec les doigts, comme le font les vétérinaires dans le bistournage : mais ce procédé n’atrophie pas toujours complètement les testicules et permet quelquefois la fécondation : Pithias, l’amie d’Aristote, était fille d’un eunuque de ce genre 3° les eunuques auxquels on a enlevé les
(l) Code pénal, art. 316. — Toute personne coupable du crime de castrai ion subira la peine des travaux forcés à perpétuité. — Si la mort en est résultée avant l’expiration des quarante jours qui auront suivi le crime, le coupable subira la peine de mort.
ORGANES GÉNITAUX. DE L’iIOMME.
deu.': testicules sans toucher à la verge : tels étaient ceux auxquels Juvénal fait allusion dans le passage que nous avons cité précédemment ; 4” les eunuques que l’on prive des testicules et de la verge : ils sont seuls chargés actuellement dans les harems de la surveillance des femmes.
IRîFLlÆIIVCE OE EA. CASTR.XXIOHJ SUR E*ÉCO!VOMIE. — Si, danS
l’espèce humaine, la castration élève la tonalité de la voix, il n’en est pas de même chez tous les animaux : le coq, par exemple, en devenant chapon, cesse de chanter. La castration fait subir encore à l’organisme des modifications particulières. La plus manifeste est, sans contredit, la perte d energie morale (1). Il semble, dit Virey, qu’on ait coupé aux eunuques les nerts de la pensee. Six esclaves, raconte Escayrac de Lauture, appartenant au Kachef d’Aboukaras dans le Kordofan, furent émasculés à la suite d’un complot tramé contre la vie de leur maître. Tous étaient pubères au. moment de cette mutilation, aucun d’eux ne^ mourut. Leur caractère changea entièrement et la soumission qu ils montrent aujourd’hui dillère d’une façon remarquable de 1 esprit de rébellion et de vengeance qui les animait précédemment. On ne connaît guère qu’un eunuque ayant conservé toute sa vigueur morale, un célèbre général byzantin du vi“ siècle, Narsès, à qui l’impératrice Sophie envoya, par dérision, une quenouille et un fuseau. Ce serait aussi le cas de citer Boileau, si l’histoire de sa castration par un dindon était véridique.
Les animaux châtrés perdent aussi la plus grande partie de leur ardeur : le che^^l hongre est plus docile que l’étalon, le bœuf plus
acile à conduire que le taureau et le coq chaponné devient craintif comme une poule.
La castration prédispose encore à l’engraissement les animaux qui on su le , c est ainsi que le coq devient chapon, le verrat cochon et le taureau bœuf. Mais, quoi qu’en pense J.-J. Rousseau qui signale < embonpoint dégoûtant» des eunuques, la castration ne semble
pas, chez 1 homme, agir d’une façon sensible sur la production du tissu graisseux. *
dp^7*^” attributs de l’homme, on prend souvent ceux
emme e en particulier des mamelles assez volumineuses. M E Martin parle d’un soldat chez qui l’ablation des organes génitaux
toXTba'ret^
VOLUME, COVSISXAVCE EX DIRECXIO.'V DES XESXICULE8.
ix'VERsioA’s. — Les testicules varient de volume suivant les âges : à l’époque de la puberté, ils prennent un accroissement notable et s’atrophient dans la vieillesse. Gliez l’adulte, leur grosseur moyenne est celle d’un œuf de perdrix. Dans certaines maladies, ils acquièrent un volume considérable : dans la syphilis, par exemple, ils peuvent atteindre la grosseur du poing.
La consistance du testicule fournit au toucher une sensation toute spéciale, assez semblable à celle que perçoit le doigt en pressant sur les parois d’un kyste rempli de liquide. Ainsi s’explique l’erreur de cet étudiant qui, d’après M. Richet, ponctionna le testicule d’un de ses camarades, pensant opérer une tumeur kystique.
Le testicule a la forme d’un œuf dirigé obliquement de haut en bas^ d’avant en arrière et de dehors en dedans. Il peut subir sur son axe transversal une rotation plus ou moins complète, qui tend a placer en bas son extrémité supérieure.
Ces anomalies comprennent de nombreuses variétés et sont connues sous le nom dHnversions.
ÉvoEUxiov DES xEsxicuLES. EcxopiE. — Au début de la vie, les glandes séminales sont situées près des reins ; elles ne descendent dans les bourses qu’au moment de la naissance.
L’évolution des testicules peut être incomplète, et ces glandes restent alors incluses dans l’abdomen, ou s’arrêtent dans un point de leur parcours ; c’est ce qu’on appelle ectopie (de h, hors et -6no;, lieu) ; si cette anomalie existe d’un seul côté, ce qui est le plus fréquent, le sujet est tiionorchide (de pôvo;, seul et ôp-tç, testicule), comme 1 était Sylla le dictateur ; si elle est double, elle constitue la cryptorchidie (de x/îûr-civ, cacher et Spy.t;, testicule). Kiche cite le cas d’un paysan qui, pour se faire exempter du service militaire, était parvenu à simuler une cryptorchidie, en maintenant ses testicules dans le canal inguinal, à 1 aide d’un bandage approprié.
Cet arrêt des testicules à l’anneau inguinal est la cause de nombreuses erreurs de diagnostic. Un de nos plus habiles chirurgiens a cru, dans un de ces cas, à l’existence d’une double hernie. Un autre n’a reconnu son erreur qu’après avoir mis à découvert le testicule qu’il avait pris pour une hernie étranglée.
L’ectopie testiculaire double entraîne le plus souvent, avec elle, l’inaptitude à la fécondation. C’est pourquoi, selon Voltaire, le Parlement de Paris rendit un arrêt le 8 janvier 1663, sur la nécessité, de deux testi cules apparents et décida que sans eux on ne pouvait contracter mariage.
Déjà, en 1587, le pape Sixte-Quint avait déclaré, par sa lettie du
OnCANIiS GÉNITAUX DE l’hOMME,
25 juin, à son nonce en Espagne, qu’il fallait démarier tous ceux qui n’avaient pas de testicules.
11 existe cependant de nombreux exemples de cryptorchidie qui n’étaient pas accompagnés de stérilité. On cite même celui d’une famille dans laquelle ce vice de conformation était héréditaire.
A la suite d’un choc violent ou d’un mouvement brusque des cuisses, les testicules peuvent rentrer dans le canal inguinal et même dans le ventre : il n’est pas rare de voir des enfants se faire un jeu de ce genre de déplacement.
sxRucxtTRE in xEsxicEEE. Le testicule comprend dans sa texture : 1° une coque fibreuse, la tunique albuqinée (de albugo, tache blanche), ainsi appelée à cause de son aspect blanc nacré ; 2“ un tissu propre, la pulpe testiculaire ; 3" des vaisseaux et des nerfs qui président à sa nutrition et à son innervation.
1 xENiiQEE A.EBUGI1VÉE. — Cotto onvoloppe est inextensible, comme toutes les membranes fibreuses ; elle est très-épaisse, parce ([U elle doit protéger la pulpe testiculaire contre les froissements et les chocs extérieurs.
Fij. 8. — Palpe lesticnlaire.
Elle présente sur son bord supérieur un épaississement nommé corps d’Hygmore, d’où rayonnent une foule de cloisons membraneuses, qui divisent la cavité de cette coque en un nombre considérable de petites loges prismatiques.
2“ PUEPE XESXICCJEAIRE.
— Chacun des compartiments, dont nous venons de parler, renferme un ou plusieurs tubes trèsfins, pelotonnés sur eux-mêmes, et appelés canalicules spermatiques. Les peletons formés par ces tubes ont reçu le nom de lobules et leur ensemble constitue la pulpe testiculaire (lig. 8). On compte environ 273 lobules par glande séminale.
^ canalicules spermatiques flexueux. — 2 3 Rele tostis —
E Cônes elTereuls. ,S. Tête de répididyme. 6. Corps de Vépididjli -T Z .l.r-
rans. — 8. Queue de lepididyme. — 9, Canal déférent. ^
LA GKNÉUATION HUAIAINE.
M. Sappey estime qu’un seul testicule contient près de 1100 tubes séminifères. Or, comme ceux-ci mesurent, en moyenne, 7o centimètres, on peut évaluer leur longueur totale, en les supposant placés bout à bout, à un kilomètre.
Fig. 9. — Cavité abdominale.
1. Diai)bm-mc. — 2. Œsophage. — 3. Aorte. — 4. Veine cave inferieure. — 5. Muscle carré des lombes. — G. M. psoas. — 7. M. iliaque.— 8. M. transverse.— 9. M. couturier.— lO. M. du fascia lata. — ii. M. droit antérieur. — 12. Artère aorte. 13. A. iliaque primitive. — 1i. A. iliaque interne. — 13. A. iliaque externe. — 16. Tronc rœliaque. — 17. A. mésentérique supérieure. — 18. A. rénale. — 19. A. spermatique. .0. A. meseatenque inf. — 21. A. circonllexc iliaque. — 22. A. épigastrique. — 23. A. sacrce moyenne. — U. Veine cave inférieure. — 25. V. rénale. — 26. V. iliaque. — 27. V. spermatique. 28. Rein. — 29. Capsule surrénale. — 30. Uretère.- 31. Rectum. — 32. Vessie —33. Cordon spermatique. — 3i. Veine saphène interne. — 35. Ligament suspenseur de la verge. 36. Arcade crurale. — 37. Nerf crural. — 38. Nerf gcnito-crural. — 39. Angle sacro-vertébral on promontoire.
ORGANES GÉNITAUX DE l’HOMME.
Après avoir constitué les pelotons de la pulpe testiculaire, les canalicules spermatiques traversent le corps d’Hygmore d’arrière en avant et forment, dans son épaisseur, un réseau anastomotique, àiiretevasculosum lestis (2, 3). De l’extrémité antérieure de ce réseau partent les cônes ell'érents (4) qui viennent déboucher dans le canal de Vépididijme (5, 6, 8), lequel aboutit à son tour dans le canal déférent (9).
3" VAISSEAUX EX XEItES »U XESXICULE. VAKICOCÈEE.—
Les ARTÈRES qui se distribuent aux lobules de la pulpe testiculaire sont les artères spermatiques (3, fig. 12). Ces vaisseaux viennent de l’aiTère aorte (12, lig. 9); ils se distinguent par la longueur de leur trajet, qui est en rapport avec la migration des testicules, primitivement situés au niveau des reins.
Les VEINES (27, lig. 9) partent des testicules et accompagnent les artères spermatiques en s’entrelaçant avec elles, pour former un lacis vasculaire, appelé plexus pampiniforme (4, 5, fig. 12), à cause de sa ressemblance avec les pampres de la vigne. Les dilatations morbides de ces veines constituent les varices des bourses ou varicocèle (de varix, varice et -A-hh, tumeur). Au toucher, ces dilatations variqueuses donnent la sensation d’un paquet de vers ; elles provoquent souvent des douleurs intolérables qui en nécessitent la ligature (fig. 10, 11).
Opération du varicocèle par la ligature. — A. Scrotum. — B, B'. Ligatures passées dans la raimire du porte-ligature. C. — D. Vis autour de laquelle s’enroulent les fils. — F. Canal déférent. — G. Epididyme. — H. Vaisseaux sanguins du cordon.
Les deux groupes de veines spermatiques, qui composent les plexus parapiniformes, ont une origine commune, mais une terminaison différente. Celui du côté droit se rend directement dans la veine cave inférieure (24, lig. 9) ; celui du côté gauche suit un parcours plus long: il vient se jeter à angle droit dans la veine rénale correspondante (25)
LA GICNIÎRATION HUMAINE.
après avoir passé SOUS la portion du gros intestin, appelée colon iliaque, qui le comprime plus ou moins. Ces différentes particularités favorisent la stagnation du sang dans ce réseau veineux et expliquent la fréquence du varicocèle à gauche.
es NERFS des glandes séminales émergent du plexus rénal, qui innerve en meme temps la plus grande partie de l’appareil urinaire. La connexion qui existe entre cet appareil et les testicules occasionne toujours dans les coliques néphrétiques de la gravelle, des douleurs trèsvives S'irradiant jusqu’aux bourses. D’autre part, le siège du plexus rénal dans la région lombaire rend compte des « douleurs de reins », que déterminent les tumeurs du testicule, par le tiraillement qu’elles exercent sur les filets nerveux émanant de ce centre d’innervation.
ARTICLE II