CONDUITS DESTINÉS AU COURS DU SPERME
Ces conduits s abouchent les uns dans les autres et comprennent de ^ bas en haut: i° Vépididyme ; 2° le canal
3 déférent; 3® les conduits éjaculateurs ;
4“ le canal de l’urèthre.
1® ÉPiDiDY»si<:. oncmxE. — Vépididynie (de trd, sur et SiSitaôz, testicule) est un petit corps oblong situé sur le bord postérieur du testicule qu’il coiffe à la façon d’un cimier de casque (6, fig. 12). On l’a encore comparé à un ver à soie. Son extrémité antérieure, ou tête, reçoit les cônes efférents du testicule ; son extrémité jiostérieure, ou queue, se continue avec le canal déférent; quant à sa partie moyenne, ou corps, elle n’adbère pas au testicule : de là cette autre comparaison de l’épididyme avec l’anse d’un panier.
L’épididyme est composé d’un canal llcxueux (6, fig. 8), replié un grand nombre de fois sur lui-même. Déplissé, il mesure une longueur de 0 mètres environ.
1. Canal dérérent. — 2. Artère déférenlielle. — 3. Artère 8perniatli|iie. — 4, .l. Veines spermatique.s. — 6. Cnrps Fiü. 12. — Tcsticnle e‘ »l»irenu du de répididyme. — '. Tète — 8. Queue. — 9. llydacordon spermatique. (Fort.) tirfe de Jlorgagni.
ORGANES GÉNITAUX DE L’HOMME
Fig. 13. — Cr.r.al déféreni.
1. Sacrnm. — 2. Pnbis. — 3. Ischion. — i. Rectum. — S. Vessie. — 6. Uretère. — 7. Canal déférent. — 8. Testicule. — 9. Ses enveloppes. — 10. Cordon spermatique. 11.
Vaisseaux spermatiques. — 12 Plexi,'' facrp. — 12 Vésicule séminale.
L’inflammation de l’épididyme, ou épididymite, est le plus souvent désignée sous le nom impropre d'orchite (de ôpyj^, testicule) : or celle-ci est a'ssez rare et constitue, à proprement parler, l’engorgement inflammatoire de la glande séminale; tandis que V épididymite est très-fréquente et apparaît généralement soit après une violence extérieure, soit dans le cours de l’inflammation de l’urètlire ou blennorrhagie, dont nous parlerons bientôt: on dit alors que « la chaude-pisse est tombée dans les bourses D .
Sous l’influence de cette affection, l’épididyme augmente considérablement de volume et peut, dans certains cas, atteindre les dimensions du poing. Mais sa tunique fibreuse oppose bientôt une résistance qui occasionne les douleurs aiguës de l’épididymite. C’est pour arrêter cet étranglement douloureux que Vidal de Cassis pratiquait des incisions multiples sur le siège de la tuméfaction.
L’épididymite a ordinairement pour conséquence l’oblitération de
LA GÉNliUATlON HUMAINE.
l’épididyme. L’obstruction de ce canal s’oppose, par suite, à l’écoulement du sperme et si elle porte sur les deux épididymes, il en résulte une cause de stérilité qui persiste jusqu’à ce que l’un de ces canaux soit redevenu perméable.
Une particularité curieuse de l’épididymite, c’est qu’elle est fréquemment accompagnée des oreillons ou engorgement des glandes parotides situées en avant des oreilles.
2’ CAI¥AL DÉFÉREAX. — Le Cttnal déférent (de defero, j’emporte) s’étend de la queue de l’épididyme au conduit éjaculateur du même côté. Il mesure environ 50 centimètres de longueur.
Pour fac’liter la description de ce conduit, les auteurs le divisent en quatre portions : la portion testiculaire qui se réfléchit sur l’épididyme et décrit des circonvolutions lui donnant une certaine ressemblance avec une natte de cheveux (fig. 8) ; la portion funiculaire (de funis, corde) 1 ainsi appelée parce qu’elle occupe le cordon spermatique (7, fig. 13), et se distingue au toucher des autres organes qui l’entourent par la dureté de ses parois; la portion inguinale qui traverse le canal de même nom ; enfin, la portion pelvienne (de pelvis, bassin) qui se dirige vers le bas-fond de la vessie, après avoir abandonné les autres parties constituantes du cordon spermatique.
Le calibre du canal déférent est capillaire, mais ses parois sont trèsépaisses ; ce qui lui permet de résister aux tiraillements de la glande séminale dont il est le principal agent suspenseur.
3* coivouix» ÊjtAcuLAXEuus. — Ils sont au nombre de dcii X (m, fig. 1). On peut les considérer comme les canaux excréteurs des vésicules séminales ; ils partent, en effet, du col de celles-ci et viennent s’ouvrir, après un trajet de 2 ou 3 centimètres, dans la
ORGANES GÉNITAUX DE l’iIOMME. 30
région prostatique de l’urèthre, sur les côtés d’une éminence dite verumontaniim (6, lig. 18).
Fig. 15. — Brise-pierre.
Ces conduits sont, à leur terminaison, séparés l’un de 1 autre par une petite poche membraneuse appelée utriciile proslatiQiie (1), qui exerce une compression élasti(jue et permanenle sur les parois de ces conduits et s’oppose, de la sorte, au passage du sperme pendant le repos des organes générateurs.
V DK i.’tiEtKxiiitK. — Uurèthre est un conduit qui,
chez l’homme, sert à l’émission du sperme et de l’urine. Son calibre moyen est évalué à 7 millimètres de diamètre ; mais il peut, par la dilatation forcée, atteindre 1 centimètre et même au delà. Il permet l’entrée de corps étrangers relativement volumineux ; Civiale a trouvé dans la vessie d’un homme un médaillon long de 3 cen Li mètres et large de 1 centimètre et demi ; des blanchisseuses le lui avaient introduit pendant qu’il était ivre.
1. Coupe de la symphyse pubienne. 2. Vessie. - 3, 3. Uretère gauche s’ouvrant dans la ^e«ie. — 4. Canal defcrenl. — 5. Vésicule séminale. — G. Prostate. — 7. Glandes de Meiy ou de Coopcr. — 8. liulbo. — t) Fosse uaviculaire. — 10. Corps caveraeuv — 11 Scioluui. — 12. Verge relevée, en éreclion. ‘ ciieiaeu.v. 11.
LA GÉNÉKATION HUMAINE.
C’est aussi grâce à l’extrême dilatabilité de l’urèthre que l’on peut introduire dans ce canal divers instruments tels que Vurélhroscope (fig. 14), qui sert à examiner à l’œil nu la muqueuse uréthrale pour en apprécier les altérations; et les appareils lilhotriteurs (de pierre et terere, broyer) qui sont destinés au broiement de la pierre à l’intérieur de la vessie.
Dans son trajet, qui s’étend du col de la vessie à l’extrémité de la x'erge, Turèthre décrit deux courbures comparables à celles d’une S italique: l’une, postérieure, est fixe et l’autre, antérieure, s’elîace pendant 1 érection (lig. 16). Chez les sujets qui ont subi l’amputation de la verge, la courbure profonde persiste seule, et pendant la miction le jet d’urine est fortement dirigé en haut.
pig -17. — Catliélérisme de l'urèthre. — Les doigts sont placés sous le périnée pour faciliter
l'introduction de la sonda. (Voillemier.)
La fixité de la courbure postérieure explique l’incurvation des sondes métalliques (fig- 17) que l’on emploie au cûtî/iéfé/ îsjuc (de xotOt«vat, plonger) de l’urèthre, soit pour dilater les rétrécissements organiques de ce conduit, soit pour favoriser l’écoulement de l’urine dans les cas de rétention.
Le canal de l’urèthre, dont la longueur oscille entre 16 et 20 centimètres, a été divisé par les anatomistes en (rois portions distinctes, .qui sont, d’arrière en avant: les portions prostatique, membraneuse et spongieuse (fig. 18).
l'oitxiox’ i»nosxAXiQUE. iRjcoivxiivExcE o’ïjïtirwE. La
portion prostatique doit son nom à ce qu’elle est pour ainsi dire sculptée dans l’('paisseur de la gl.mde prostate qui entoure le col de la vessie.
ORGANES GP’NITAUX DE l’hOMME.
Sa longueur est de 27 millimètres ; elle a la forme d’un fuseau et présente sur sa face inférieure une saille blanchâtre appelée crête uréthrale ou verimontanum{Q, fig. 18).
Celte éminence augmente de volume pendant l’érection, et elle s'oppose ainsi, d’une part, à la sortie de l’urin-^jde l’autre, au reflux du sperme dans la vessie lors de l’éjaculation.
Cette disposition explique la dilTicullé de la miction pendant l’érection complète.
On remarque sur les côtés de la crête uréthrale l’ouverture des conduits éjaculateurs, et sur son sommet l’orilice de Vutricule prostati(]ue (7) dont nous avons déjà indiqué les usages.
La portion prostatique de l’urèthre est essentiellement composée de fibres musculaires qui, dans leur ensemble, forment le sphincter prostatique. En se contractant, ces fibres appliquent brusquement les deux parois de l’urèthre l’une contre l’autre et chassent ainsi le liquide spermatique ou urinaire qui y est contenu, vers la partie antérieure de ce canal. De plus, cet anneau musculaire concourt, avec le sphincter de la vessie, à maintenir l’urine dans ce réservoir. Aussi comprend-on que la paralysie de ces fibres ait pour conséquence l’écoulement involontaire de l’urine ; c’est la cause habituelle de
Fig. -18. — Vess'H el c.anal de l'nrèthre ouverts par la partie supérieure. (Fort.) -
P. Portion prostsliiiiie de l’urèthre. — M. Portion membraneuse — S. Portion spongieuse. —
1. Fnsse naviciilaire. — î. L'une des racines des corps caverneux. — 3. Bulbe. 4.
Glandes de Coopcr. ~ 5, o. Lacunes de Morgagni. — 6- Verumontanuni ou crête uréthrale. — 7 Oiifices de l’iitricule prostatique et des conduits éjaculateurs sur le verumontanum — .8 l.iielle vésicale correspondant au col do la vessie. — 9, 9. Embouchure des urclôrps dans la vessie.
rinconlinence chez les vieillards. On remédie à cet inconvénient à
l’aide d’appareils en caoutchouc (üg. 19), qui conservent les urines et se dissimulent sous les vêtements.
DE EA DROSXAXE. SOA ÎIYDERXRODHIE CHEZ EES VIEIEEARDjS. — pTOS-
tate (de T^posrû-mç, défenseur) est une glande qui a la forme et le volume d’une petite châtaigne.
Sa base enveloppe le col de la vessie et lui sert pour ainsi dire d’organe protecteur : de là sou nom. Cette connexion explique pourquoi il est impossible de pratiquer l’opération de la taille (fig. 20), qui consiste à extraire de la vessie un calcul volumineux, sans diviser préalablement la glande prostate.
Le tissu de la prostate est constitué par une trame musculaire, renfermant un grand
Fig. 19 — Appareils en caoutchouc contre Fin- , , i j i • •
ronlinence d'urine. — A.G Modèlepour la nuit- — T)0niDr6 C16 gla.ndul6S CJUl Vl6n—"
A, B. Modèle pour le jour. déverser leur produit de
sécrétion dans le canal de l’urèthre, au moment de l’éjaculation. Ce liquide sert à diluer le sperme et lui donne sa couleur opaline. C’est lui qui est éjaculé par les eunuques. L’écoulement de ce produit de sécrétion peut exister en dehors des rapports sexuels , et constitue la proslatorrhée, maladie que l’on confond ordinairement ave» la spermatorrhée ou pertes séminales.
On observe souvent chez les vieillards l’augmentation de volume ou Yhypertrophie de la prostate (fig. 21). Cette disposition a pour effet de rétrécir la portion prostatique de l’urèthre et de faire obstacle à la miction ; d’où la fréquence de la rétention d’urine dans la vieillesse. Elle détermine,en outre,la stagnation de l’urine dans le bas-fond de la vessie et favorise la formation de dépôts urinaires qui, par suite, produisent la pierre.
Doitxiom miEMDRAivEESE DE E’URÈxHRE. — Cette partie de l’urèthre mesure en moyenne 13 millimètres de long. Ses parois sont
ORGANES GÉNITAUX DE l’hOMME. 33
formées de fibres musculaires striées dont le rôle est de chasser, vers la portion spongieuse de Turèthre, le sperme et l’urine provenant de la portion prostatique. Lorscju on sonde des sujets impressionnables, la contraction spasmodique de ces fibres détermine l’obstruction momentanée du canal de Turèthre et s’oppose temporairement au cathétérisme.
Fig. SO. — Opération de la taille au moment de la division de la prostate. (Thompson-)
Sur le pourtour de la surface interne de cette région, on aperçoit les orifices de glandules, connues sous le nom de glandes de Littré, dont le produit de sécrétion sert à lubrifier les parois uréthrales.
Il peut se développer au niveau de la portion membraneuse de l’urèthre des abcès qui viennent s’ouvrir dans le rectum et établissent ainsi, entre ces deux conduits, une communication anormale, dite fistule uréthro-rectale. Le voisinage du gros intestin explique le cas rapporté par Bégin, de ce malade qui rendit, en urinant, un petit os avalé peu de temps auparavant.
Les abcès formés au voisinagede l’urèthre s’ouvrent quelquefois, parun ou plusieurs pertuis, à la surface du périnée et donnent lieu aux fistules
LA GÉNKIIAÏION IIUMAIXK,
uréthro-pémiéales (fig. 22), par lesquelles s’écoule l’urine au moment G a miction. Ces trajets fistuleux s’observent surtout chez les sujets atteints de rétrécissements de l’urèthre ; ils occasionnent parfois la lièvre uiineuse qui peut entraîner la mort. C’est vraisemblablement à un accident de ce genre qu’a succombé François !«'’ et non à une autre maladie que lui attribue ce tercet bien connu :
L’an quinze cent quarante-sept,
François mourut à Rambouillet De la vérole qu’il avait.
^ PORTIO.-V SPOIVGIEKJSE DE E’URÈximE. — Cottc partie de l’urèthre (5, fig. 18) est entourée d’une gaine de structure aréolaire dont la conformation rappelle celle d’une éponge et à laquelle elle doit son nom. Elle est terminée à ses deux extrémités par un renflement appelé bulbe en arriérent gland en avant.
Fig. 21. — Hypertrophie de la prostate. (Thompson.)
1 et 2. Lobes latéraux de la prostate hypertrophiée. — 3. Lobe moyen.
A chacun de ces renflements correspond une dilatation du canal de l’urèthre : la dilatation antérieure est la fosse naviculaire (de navicula, nacelle) et la dilatation postérieure, le cul-de-sac du bulbe. En arrière de ce cul-de-sac, une bride semi-circulaire diminue le calibre de l’urèthre, et sert de ligne de démarcation entre les deux portions memb:aneuse et spongieuse. Cet étroit passage, nommé collet du bulbe, est le siège orilinaire des rétrécissements de l’urèthre qui sont le plus souvent la conséquence d’une blennorrhagie ancienne et non, comme on le croit
ORGANICS GÉNITAUX DE l’hO.MME.
à tort, des iDjectious que l’on ordonne dans cette dernière maladie.
On trouve à la paroi supérieure de la portion spongieuse de l’urèthre des ouvertures décrites par Morgagni, sous le nom de lacunes ; elles peuvent arrêter le bec de la sonde et faire obstacle au cathétérisme. Ce sont les orifices de ces glandes qui secrétent un liquide destiné, comme celui des glandes de Littré, à humecter les parois de l’urèthre. A 2 ou 3 centimètres de distance du méat urinaire, un orifice glandulaire plus accusé que les autres a été considéré comme une valvule par M. A. Guérin, qui lui a laissé son nom (tig. 23).
Fig- 22. — Fislntes urinaires causées par un rétrécisse- Fig. 23. — Valvule de Guérin qui ment- (Thompson.) iU'rête souvent la sonde.